48 - Alors c'est terminé ?

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- Doucement Charles, tout va bien.

- Je comprends rien. Max je... il est sorti de nul part... il m'aurait...

- Je sais, je sais. Je suis désolé. Mais c'était la dernière fois, tu m'entends ? La dernière fois, chuchotai-je en humidifiant une serviette avant de la frotter au visage du châtain.

Je n'aurais jamais cru avoir cette vision un jour. Charles à genoux sur un corps déjà inconscient, des gouttes d'un sang qui n'était pas le sien jaillissant de ses poings jusqu'à s'incruster sur sa peau. Comme dans une trance, incapable de s'arrêter. Quel contraste avec les tremblements qui le parcouraient actuellement alors que je nettoyais sa peau.

Son regard était distant. Comme s'il ne se reconnaissait pas lui-même en rencontrant son reflet dans le miroir. Je connaissais cette sensation. Celle de s'acharner sur un homme pour la première fois de sa vie, motivé par la vengeance ou la survie. La volonté de tuer sans une seule hésitation, sans réfléchir. L'instinct de tuer. Je continuai à frotter sa peau tendrement, retirant les tâches de sang avant qu'elles ne sèchent définitivement.

- Mon ange.

- ...

- Tu trembles.

- J'ai honte, murmura-t-il sans jamais oser me regarder dans les yeux. Honte de ce que je ressens.

- Tu aurais aimé le tuer, n'est-ce pas ? Je sais ce que ça fait.

- Comment tu vis avec ça...?

- Tu apprends à accepter le sentiment. Tu attends qu'il disparaisse de lui-même. Ou tu tues la personne et tu finis le travail, en espérant que la culpabilité ne te rattrape pas.

- J'aurais pu le tuer...

- Charles, écoute... C'est peut-être bateau à dire, mais dans ton cas, ce n'est pas pareil. Cet homme est pire qu'un animal, entre ce qu'il t'a fait subir et ce qu'il a failli t'infliger, il mérite pire que la mort. Et toi, tu voulais juste nous protéger.

- Mais il était inconscient. Je me suis acharné sur lui alors qu'il...

- Il allait abuser de toi et nous tuer. Et il n'est pas mort, ajoutai-je calmement avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Je sentis ses doigts s'agripper à mon haut. Il n'est pas mort. Tu ne l'as pas tué. Tu n'es pas un meurtrier.

- Comment arrives-tu encore à m'embrasser ?

- Comment y arrives-tu, toi ?

- Parce que je t'aime, rétorqua-t-il, presque hésitant.

- Alors que pour le coup, moi je suis un meurtrier qui a failli te tuer... quelle chance j'ai. Et tu sais quoi ? Je t'aime aussi, même si tu as tabassé cette pourriture. Peut-être même plus qu'avant. Aller Charles. Je t'aurais bien raccompagné mais on doit rejoindre les autorités.

- Je sais, oui...

Le monégasque soupira avant de lentement sortir de sa salle de bain. Je le suivis sans un mot, ne manquant pas le regard qu'il accorda au sang qui maculait son tapis, là où Thomas gisait encore il y avait moins d'une heure. Je partis vers son armoire et récupérai le premier costard qui me passa sous la main avant de le lui tendre.

- Je n'ai pas envie d'y aller. Pourquoi auraient-ils besoin de moi de toute façon ? Ils n'ont qu'à envoyer ces connards en prison et me laisser dormir.

- Charles. Le protocole insiste sur la présence de l'entièreté de la Couronne, tu le sais. Les policiers ont besoin de ton témoignage pour ce qu'il s'est passé, et les suspects ne seront pas envoyés en prison. Ils subiront des dizaines d'interrogatoires avant.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant