(NDA : Quelques scènes dérangeantes dans ce chapitre encore, mais rien de graphique ne vous inquiétez pas. Checkez bien la liste de TW de l'introduction.)
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Pour la énième fois, le bruit métallique de la porte qui claquait retentit dans le sous-sol, accompagné de voix raillardes dont les intentions m'étaient faciles à deviner.
Jamais je n'aurais dû me plaindre de ce que j'avais. Jamais je n'aurais dû me plaindre, jamais je n'aurais dû. J'aurais dû rester dans ce putain de château, faire la fête avec mes amis, regarder les feux d'artifices depuis le jardin et m'endormir à moitié saoul dans mon lit aux premières lueurs de l'aube comme un adulte normal.
Au lieu de ça, j'avais préféré jouer aux plus intelligents, m'évader d'une pseudo-prison qui n'en était même pas une. Quel imbécile, quel connard je faisais.
Les menottes autour de mes poignets me mordaient jusqu'au sang, le métal me rongeait la peau à chaque mouvement. Je ne pouvais ni bouger, ni parler, ni même me nourir à ma guise. Comme un animal gardé en cage, tenu en laisse, muselé. J'étais frigorifié, sale, affamé, tout cela parce que j'avais agit comme un putain d'idiot inconscient. Je m'étais cru inatteignable, la vie m'avait prouvé le contraire.
J'avais pleuré les premiers jours. D'angoisse, de détresse, de fatigue, de regrets. D'à peu près tous les maux possibles, à vrai dire. Mais, à bout de nerfs et entouré de malades mentaux, j'avais appris à me taire. À me faire aussi petit que possible, ne jamais croiser leurs regards, ne jamais leur répondre sauf s'ils me le demandaient explicitement. À attendre quelques morceaux de pains lorsque j'avais de la chance, et ne jamais me risquer à demander quoi que ce soit.
Ma cellule était sous terre. Aucune lumière autre que les ampoules grésillantes qui remuaient aléatoirement, pendues au plafond. Je ne savais combien de temps s'était écoulé. Quelques jours sûrement. L'homme qui me protégeait n'était pas plus clément, me regardant de haut comme si je n'étais qu'un insecte que l'on pouvait écraser facilement. Le sommet de sa générosité consistait à m'éviter de me faire agresser sexuellement. Du reste, les coups tombaient comme des gouttes d'eau par temps de pluie.
Assez pour que je sente certains de mes os se briser chaque jour, pas assez pour me faire passer l'arme à gauche. Mon propre sang me collait à la peau - des tâches rougeâtres pour les plus récentes, brunes pour les plus anciennes -, mêlé à des couches de sueur et de poussière. Misérable, pitoyable, j'étais recroquevillé au sol comme un cafard.
Les voix se firent plus distinctes, des rires grotesques, sembables à des porcs. Les hommes passèrent la grille à l'entrée, puis marchèrent jusqu'à se trouver à quelques mètres de moi, derrière les barreaux qui m'emprisonnaient. Je n'osai croiser leurs regards.
- Elle est mal en point la princesse.
- C'est sûr que ça change de son petit château.
- On devrait en faire la collection tu crois pas. On ramène le plus jeune avec, ça ferait une belle paire.
Je me mordis la langue jusqu'au sang pour ne rien rétorquer.
- Deux fois plus de distraction, deux fois plus d'amusement.
- Je te le fais pas dire.
L'un des deux hommes saisit un trousseau de clés de sa ceinture, ouvrant les quelques cadenas qui m'avaient protégés jusqu'à présent.
- Bon alors Princesse, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, hm ?
- Faudrait déjà qu'il réponde.
- Oh mais il va le faire...
Le même homme s'approcha de quelques pas, jusqu'à me saisir par la mâchoire pour me forcer à rencontrer son regard. Une lueur perverse luisait au fond de ses yeux, identique à tous ceux qui défilaient ici. Celle qui m'annonçait déjà ce qui allait se produire.
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Royalty (Lestappen)
RomanceDepuis la mort de son père, Charles Leclerc, Prince de Monaco, est devenu absolument ingérable et terrorise le personnel qui assure sa sécurité. Sa mère, qui a récupéré le trône, ne cesse de le réprimander à tout va, jusqu'à ce qu'un ultime garde du...
