45 - Couple et presque couple.

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- J'avais initialement opté pour la Nonne, mais un certain garde du corps dans cette pièce avait trop peur pour le regarder, clama Arthur en riant, accordant un regard idiot à Oliver.

- À vrai dire, je m'économise une nuit à vous rassurer et vous convaincre que personne n'est dans votre placard, Prince Arthur.

Tandis que le britannique et son protégé se taquinaient à n'en plus finir tout en allumant le vidéo-projecteur, je partis en direction de la machine à pop-corn derrière laquelle Max semblait en pleine réflexion.

- Dans mes souvenirs, les pop-corn n'étaient pas... roses.

- Arthur voulait des pop-corn à la fraise, râla le blond en préparant une nouvelle fournée de maïs. C'est écœurant, je vais en faire des natures pour nous.

- Qui te dit que je n'aime pas les pop-corn à la fraise ?

- Ne me trahi pas de cette façon. Je peux supporter beaucoup de choses, mais pas les pop-corn à la fraise.

- Ils viennent d'Asie les pop-corn ? S'écria alors Arthur tout en poussant Oliver sur le canapé. Ironiquement, l'aise dont il faisait preuve avec Max me réchauffait le cœur - le néerlandais faisait partie de la famille dorénavant.

- Oui, convoi annulé et tu vas devoir les récuper toi-même ! Maugréa-t-il en remplissant les cartons de pop-corn natures, et je ris derrière ma main.

Après quelques autres péripéties et taquineries, nous parvînmes finalement à tous nous installer sur le large canapé qui faisait face au vidéo-projecteur. Le mur entier nous reflétait le film qui allait se jouer, et avec les enceintes qui tapissaient les angles, je me surprenais encore à réaliser que cette salle n'avait rien à envier au cinéma. Je m'installai entre Arthur et Max, Ollie quant à lui s'assit aux côtés de mon frère. Ce dernier et le néerlandais ne cessèrent de se narguer quant à leur préférence en terme de pop-corn jusqu'à ce que le film ne démarre, les faisant enfin taire.

Ou presque.

Max n'était pas spécialement touché par les films de manière générale, peut-être trop détaché pour s'impliquer au point de ressentir les émotions des personnages. D'autant qu'au vu de sa triste enfance, je n'étais même pas sûr au'il en ait regardé un par plaisir. Quant à moi, j'avais consommé tant de contenus horrifiques par temps pluvieux qu'aucune scène ne m'avait encore pris en traître. Je me rappelais encore le jour où, entrant sans toquer, Max était tombé dénu en réalisant que j'écoutais un documentaire sur un tueur en série anglais tout en me coiffant.

Oliver de son côté ne semblait pas particulièrement sensible aux mécaniques, ou alors, il le cachait avec une aisance formidable. Il ne réagissait que rarement au changements d'ambiances, ou sursautait à l'avance pour accentuer la peur d'Arthur. En effet si aucun de nous n'était vraiment terrorisé, mon frère représentait l'exception. Chaque craquement, chaque variation de lumière, chaque minuscule son le terrifait jusqu'à l'os.

- Max... Chuchotai-je dans son oreille.

- Hm ?

- C'est le moment, aide moi. Je vais remolir les pop-corn ! Ajouta-t-il à voix haute avant de se lever du canapé.

- Pourquoi maintenant, t'as peur ? Railla Arthur, et je dus me retenir de rire tant il était bien loin du compte.

Je partis donc en direction de la machine derrière le canapé, disparaissant des champs de vision de tous. Je pouvais deviner à l'ambiance sonore que la None allait bientôt se permettre une apparition à l'écran, aussi j'entrevis Max se décaler discrètement jusqu'à tendre son bras le long du dossier du canapé. Arthur ne remarqua rien, trop obnubilé par le mur animé face à nous. D'autant qu'au vu de la presque inexistante luminosité de la pièce, il n'aurait jamais pu voir le blond esquisser le moindre mouvement.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant