Je n'ai pas ouvert le journal intime de ma sœur depuis une semaine déjà, trop écœurée de lire son histoire avec Jérôme. J'ai eu ma dose pour le moment.
J'ai hésité de parler du journal à mon frère, le jumeau de ma sœur. Mais je me suis rappelée qu'il ne voulait plus entendre parler d'elle, de cette histoire et qu'il risquerait de le jeter à la poubelle. Pire, il risquerait de ne plus me parler pendant une semaine. Alors je garde ce journal pour moi, en dépit de ce que je ressens en ce moment pour ma sœur, je le garde pour moi.
Je ne sais plus trop quoi penser de tout cela. Je pensais en avoir presque terminé avec cette histoire depuis le jour où nous avons enterré ma sœur.
- Zafi, reviens parmi les vivants !
Alex, une de mes amies, me pousse en rigolant. Surprise, je trébuche et évite la chute de justesse.
- À quoi tu pensais ? demande Lucas.
Absorbé par son téléphone, il me pose cette question tout en pianotant sur son téléphone.
- À rien, j'étais dans la lune. Ailleurs.
- C'est vrai que tu as été chez Bruce Wayne ? demande Mia.
Je regarde Cheyenne qui se mord la lèvre inférieure, se retenant de rigoler. Je vais la tuer.
- Désolée ! s'exclame-t-elle après mon regard noir. Mais je n'arrivais pas à tenir cela pour moi ! C'est trop !
De toute façon, ils allaient bien l'apprendre d'une manière où d'une autre.
- Il est comment ? continue Mia, rêveuse.
Elle a toujours rêvé de lui adresser la parole, je ne comprends pas son délire pour les hommes mystérieux. Mia a toujours eu un faible pour les hommes au caractère noir, ce que représente parfaitement Wayne. Je me souviens que sa couleur préférée est le noir et que son âme avait l'air d'être sombre.
Je commence à parler comme ma sœur, paix à son âme.
J'hausse les épaules.
- Grand, mystérieux.
- C'est tout ? ricane Adrien.
- Et très seul. Totalement seul, dis-je dans un murmure.
Comment peut-il ne pas avoir peur dans cette maison immense ? Comment fait-il pour rester seul ? Ne ressent-il pas le besoin d'avoir quelqu'un à ses côtés ? Parce que son majordome a l'air d'une compagnie ennuyante, du genre à ne jamais parler.
- Il habite tout seul ? s'exclame Mia.
- Il a un majordome, mais bon, il a l'air solitaire.
- Trop mon style de gars ! tape-t-elle dans ses mains.
Je lève les yeux au ciel puis nous nous asseyons sur un banc dans la cour du lycée. Lucas continue de pianoter sur son téléphone pendant au moins cinq minutes jusqu'à ce qu'Adrien, son meilleur ami, fronce les sourcils.
- Mais à qui tu parles ?
- À personne.
- Tu parles encore à Malika ? enchaîne son meilleur ami.
Nous qui avons toujours cru que ce n'était que l'histoire d'un coup d'un soir, nous nous sommes trompés en beauté. Il rougit, démasqué. Cheyenne et Alex éclate de rire tandis que Mia reste encore rêveuse de ce que je lui ai annoncé.
- Tu crois que je peux le rencontrer ?
- Non loin de te vexer, mais je crois que c'est impossible.
- Pourquoi ? Tu vas bien le revoir toi.
- Non, je ne pense pas.
Et ce que je dis est vrai. Je ne compte pas le revoir, enfin, je n'en ai pas vraiment le désir. En fait, je ne sais pas trop, je suis totalement perdue par rapport à tout cela, il faut ajouter que notre rencontre n'était pas banale. Dan d'un cimetière, devant la tombe de ma sœur. Je n'ai pas grand chose à dire sur ce sujet.
De plus, je n'ai pas parlé de ma rencontre surprise avec le super héros de la ville. Je préfère garder cela pour moi. Mes amis rêvent de le voir en personne et je dois dire qu'avoir vécu l'expérience de le croiser ne change rien à ma vie, mise à part le fait que ma sœur était en contact avec lui.
Comment a-t-elle fait ?
Quand je rentre à la maison tout est calme, personne n'est présent. Tant mieux, je pourrais lire le journal de ma sœur sans craindre d'être dérangée.
J'ai à peine le temps de retirer une chaussure que quelqu'un sonne à la porte. Je retire la deuxième et ouvre la porte, surprise, je fronce les sourcils.
- Qu'est-ce que tu fais là ? serré-je les dents, loin d'être ravi de le voir.
Rick, alias Richard, me sourit tendrement, des fleurs à la main. Je crois qu'il est le seul gars as' être intéressé à moi de toute ma vie, mais c'est le garçon le plus détestable que je connaisse. Il s'est bien moqué de moi, plus d'une fois et maintenant il revient comme un chien après que je l'ai envoyé baladé.
Richard porte une casquette, à l'envers, et sourit de toutes ses dents.
- Pour te voir, pourquoi crois-tu que je suis venu ?
- Et bien je n'ai pas envie de te voir.
- Je suis désolé pour ta sœur.
Je pâlis.
- Ça fait cinq mois qu'elle est morte. T'es en retard, je suis passée à autre chose, craché-je de dégoût.
- Cela ne m'étonne pas de toi.
C'est à quel point il me connaît mal. Je ne suis pas passée à autre chose, il me connaît tellement mal qu'il devrait savoir que je ne vais pas m'en remettre avant de très longs mois, plus de cinq mois en tout cas.
Je ricane au point de le faire froncer les sourcils.
- T'es tellement con.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que tu me connais tellement mal. Je ne me suis pas remise de la mort de ma sœur, abruti.
Je claque la porte en lui adressant le plus noir des regards. Pour qui se prend-il à revenir comme une fleur alors qu'il s'est bien moqué de moi pendant des jours et des jours ? Je le déteste tellement, pas autant que Jérôme, mais je le déteste assez pour qu'il soit deuxième sur ma liste. Une seconde fois, on toque à la porte.
Je vais le tuer. J'ouvre brusquement la porte.
- Je vais te tuer ! Tu commen... Oh pardon, m'excusé-je quand je remarque que ce n'est pas Rick.
Bruce Wayne se tient devant la porte de chez moi, un bras appuyé contre la chambranle de la porte. Il sourit vaguement, des yeux noirs lumineux. Je ne souris pas car Rick m'a sapée le moral et m'a mise de très mauvaise humeur en l'espace d'une minute. C'est toujours ça quand on revoit des personnes que nous détestons. La journée s'est bien passée et tout d'un coup, quelqu'un vient gâcher la fin.
Je le déteste tellement. Je ne comprends pas ce qui motive ces personnes à user des autres comme bon leur semble. Cela ne me viendrait pas une seule seconde d'utiliser Bruce, par exemple, pour oublier ma sœur, pour panser mes blessures.
- Je tombe mal ?
- En effet. Enfin non. Laisse tomber. Entre, dis-je.
Comme il est montré dans les médias, il est habillé d'un costume, exclusivement de couleur noire. Cela fait bizarre de voir une personne âgée de vingt ans habillée ainsi mais cela lui colle à la peau, lui faisant une bonne image par rapport à réputation qu'il possède. À première vue, il paraît blanc comme la neige mais d'un autre côté, il est noir comme la nuit.
Le plus souvent, quand les infos ou les journaux parlent de lui, c'est pour mettre son côté en avant à propos de ses sorties nocturnes en compagnie de filles des beaux quartiers. Elles portent toutes des robes à paillettes et ont une taille mannequin. Il ne sort jamais avec une seule fille, il faut toujours que deux, trois voire quatre filles soient en sa compagnie. Le fait qu'il soit jeune favorise l'attention des filles que ces dernières portent sur lui. Sans elles, il serait oublié.
Il profite de sa vie comme il peut.
Wayne scrute la maison en esquissant un sourire. Je me sens ridicule en étant habillée de cette façon, comparée à lui. De plus, les filles avec qui il traîne sont de son âge, j'ai quatre ans de moins, je ne suis qu'une gamine tandis que ces filles sont plus matures et aptes à sourire aux médias.
Mon sweat est large, mon jean est troué au niveau des genoux tandis que mes chaussettes ne sont plus aussi blanches qu'auparavant à force de marcher sans chaussons à la maison et à force des lavages à répétition.
De plus, je suis ridiculement petite face à lui.
- Tu veux boire quelque chose ?
Il s'assoit sur un tabouret du bar en croisant les mains sur le meuble.
- Non merci.
- D'accord.
Je sors un verre du placard avant de me servir du lait. Je lui propose des œufs brouillés de ce matin pour mon petit-déjeuner mais il les refuse en me souriant poliment.
- Tu manges ça à cette heure ?
- Personne ne va revenir avant neuf heures du soir. Quand les parents sont absents, les souris dansent.
Je mets l'assiette au micro-onde, sous son regard observateur et non discret. Je je pense pas qu'il veut être discret, il me regarde simplement.
- Tu as cru que c'était qui, quand tu m'as ouvert la porte ?
- Un type qui ne vaut pas la peine qu'on évoque son prénom, haussé-je les épaules en sortant l'assiette du micro-onde.
C'est tellement chaud que je me vois obligée d'attendre. Son regard ne se détache pas du mien, ses sourcils sont arqués, comme s'ils étaient constamment froncés. Il a côté effrayant que je ne sais interpréter, quelque chose de malveillant dans les yeux et à la fois tellement rassurant. Une véritable contradiction est dans ses yeux.
J'ai l'impression qu'il surveille une enfant de huit ans. J'ai l'impression d'être tellement bruyante quand je mastique mes œufs brouillés.
- Pourquoi est-ce que tu es ici ?
- Je passais prendre de tes nouvelles, voir si tu allais bien. Tu sais, parfois on a besoin de faire des choses complètement dingues pour se sentir bien.
Je marque une pause dans ma mastication. J'ai l'impression qu'il fait référence à cette nuit dans la ruelle, où notre héros est venu me disputer et m'apprendre qu'il connaissait ma sœur. Mais ça, il n'en sait rien. Personne ne sait que je l'ai vu, lui, la chauve-souris. Son regard se fait meurtrier.
- Je vais bien, affirmé-je.
En partie. Bruce en trouve la bouche pour dire quelque chose mais se ravise en contractant fermement la mâchoire.
- Tu te rends à un rendez-vous ou quoi ? Le costume, la cravate.
- Réunion d'affaires.
- Tu ne fais pas les choses à moitié. Mais tu sais qu'il est tard pour une réunion ?
- Il n'est jamais tard pour moi. C'est moi le boss, c'est moi qui décide.
Bruce ne sourit pas mais c'est tout comme et il me réchauffe le cœur, il ne le sait pas. Il ne sait pas que mon cœur prend un doux éclat. Wayne pose ses yeux sur sa droite où trône un cadre de nous, toute la famille. La seule et unique photo où ma sœur est présente.
Sinon, elle a disparu de tous les cadres photos, comme s'il fallait qu'elle soit oubliée de notre esprit. Ma sœur sourit de toutes ses dents, elle paraît heureuse, elle l'était à cette époque. Je me souviens encore de son rire même si je sais qu'un jour il disparaîtra, tout comme le son de sa voix. Puis j'oublierai son visage.
On finit toujours par tout oublier.
- C'était avant ? demande-t-il.
- La dernière photo que nous avons pris ensemble. Il était encore normal à cette époque.
Il a un sourire triste. Je suis ravie qu'il n'essaie pas de me réconforter en me disant que tout ira bien, tout le monde fait ça et notre peine grandit.
- Batman aurait dû intervenir plus tôt, secoué-je la tête. Il aurait dû faire n'importe quoi pour la sauver.
- Tu ne crois pas qu'il a essayé ? Qu'elle refusait d'être sauvée ?
- Je ne lui en veux pas, c'est sûr, mais il aurait pu essayer encore plus.
Je termine mon assiette.
- L'amour a fait faire à ma sœur des choses dont j'ignore le sens encore aujourd'hui. J'ai beau chercher des explications, rien ne concorde. Il me l'a prise, volée.
- C'est dur de perdre quelqu'un qu'on aime, je connais ce sentiment.
- Tu as perdu ta meilleure amie.
Et ses parents. Il dévie le regard ailleurs, des souvenirs douloureux lui revenant à l'esprit sûrement. Je crois qu'il l'aimait beaucoup, sincèrement. Mais à cause de J., elle est morte. Tout le monde est mort à cause de ce monstre. Et personne ne peut faire revenir les morts, ce serait tellement plus simple.
- J'ai passé des semaines dans ma chambre, exclu de tous. Je n'avais plus cette raison de me lever les matins.
- Tu as trouvé un autre but ?
- Oui, répond-il en me regardant droit dans les yeux.
Je sens qu'il veut me dire quelque chose à travers ses yeux mais rien ne sort de sa bouche. C'était un oui ferme et certain. Bruce Wayne redresse fièrement le menton. Je ne pose pas la question de quoi est fait son but, il ne me le dira pas, sinon, il l'aurait déjà fait.
Je continue de penser que je fais tâche à côté de lui, nous ne sommes pas du même monde même si nous avons pratiquement la même richesse. Son costume doit vouloir au moins des milliers de dollars tandis que mes vêtements ne font pas la somme de cent dollars au total, pour ce que je porte aujourd'hui. Je suis habillée comme une gamine.
- Quel est ton but ?
Bruce Wayne a un sourire énigmatique que je ne parviens pas à décrypter. Il se joue de moi et ses yeux noirs sont amusés.
- Quel est le but de chacun ? De continuer à vivre dans la sécurité malgré la terreur et la criminalité.
Je ne comprends pas mais fais semblant en hochant la tête. Les sourcils à moitié froncés, il me regarde me débarrasser de mon assiette comme si comprendre ce qu'il vient de dire ne devait pas être compris.
Son téléphone sonne et je remarque son expression contrariée.
- Je fois y aller. Les affaires n'attendent pas, sourit-il sans pour autant me convaincre qu'il s'agit de ses affaires.
Bruce se lève du tabouret et je le raccompagne jusqu'à la porte. Cependant, la porte s'ouvre avant que je ne puisse le faire, nous exposant à mes parents. J'entrouvre les lèvres en palissant. Mes parents, suivis de mes frères, débarquent dans l'entrée où le richissime Bruce Wayne se tient à mes côtés.
Dans quelle merde me suis-je fourrée ? Mes parents lèvent un sourcil interrogateur, me demandant de justifier la présence de Wayne. Ce dernier prend les devants et tend une main vers eux, que mes parents acceptent, dubitatifs.
- Bruce. Wayne, ajoute-t-il.
Mais ça tout le monde le savait déjà.
- Il allait partir, m'empressé-je d'ajouter.
- En effet.
- Au revoir, Zafrina.
- Salut, dis-je d'un signe de main.
Il a toujours des mots simples pour les autres, doux, tandis que les miens se font brusques et je suis gourde dans mes phrases. Je parie que les filles avec qui il sort les soirs possèdent une plus grande distinction que moi. Je ne suis qu'une enfant dans un monde d'adultes.
- Tu nous expliques ? demande ma mère.
- Nous nous sommes parlés un jour et depuis, nous sommes amis. Je crois.
Le sommes-nous vraiment ?
- Fais attention à ce genre de garçon, Zafrina. Fais très attention.
- Ce n'est pas toi qui demandais à ce que je rencontre un type riche ?
- Oui, mais je ne pensais pas à lui.
Elle dit cela d'une tournure qui me révolte. Elle dit cela comme s'il était celui qui a emporté ma sœur mais je sais qu'il est différent, qu'il n'est pas comme ce monstre sans pitié. Je sais qu'il est différent, il ne ferait aucun mal, à personne.
- Il n'est pas Jérôme, dis-je.
Une atmosphère glaciale s'installe entre nous tandis qu'Alex, jumeau de Kate, me jette un atroce regard noir. Ce prénom n'est pas souvent prononcée, comme s'il était interdit et d'une certaine manière, c'est ce qu'il est.
Je sais que je connais mal Bruce, je lui parle depuis peu mais je le connais assez pour dire qu'il n'est pas lui, qu'il est différent. Comment peut-on être lui d'ailleurs ? Il n'y en aura jamais deux comme lui, du moins je l'espère. Peut-être que mes parents voient dans ses yeux quelque chose que je ne remarque pas.
Mais moi aussi, je la vois cette noirceur en lui, il est vrai qu'il ne se donne aucun mal pour s'habiller différemment qu'avec du noir mais il est gentil.
- Très bien. Il est invité à dîner alors. Vendredi soir, déclare mon père.
- Quoi ? s'exclame ma mère.
Alex secoue la tête de droite à gauche. Je n'ai pas demandé à ce qu'il soit invité à dîner mais cela ne me dérange pas vraiment, au contraire. Ma mère suit mon père dans la cuisine tout en protestant tandis que mes frères disparaissent à l'étage. Seul Alex reste ici, devant moi.
Il a perdu le sourire et parfois je me demande s'il est possible qu'il le récupère.
- Tu es comme elle, finit-il par dire. Tu choisis les mauvaises personnes. Il n'est pas ce que tu crois, tu finiras par t'en rendre compte.
- Tu ne le connais même pas !
- Parce que toi oui? Est-ce que tu connais son plus sombre secret ? plisse-t-il les yeux. Est-ce que tu connais la moindre partie de lui pour me dire qu'il est fiable et différent ?
Je ne réponds pas puisqu'il ne m'en laisse pas le temps.
- Bien sûr que non, tu ne peux pas. Les gens comme lui qui vivent exclus des autres cachent des secrets, Zafrina. Ne fais pas la même erreur que notre soeur.
- Et toi, tu ne crois pas que tu vis dans l'exclusion en te mettant à l'écart des autres ? répliqué-je.
- C'est différent.
- Non, c'est la même chose. Je suis certaine que tu te trompes, il n'est pas comme les autres. Tu verras vendredi.
Alex secoue la tête de droite à gauche en haussant les sourcils, bras croisés.
- J'essaie de te protéger, Zafrina.
- Je n'ai pas besoin d'être protégée, rétorqué-je.
- Tu parles comme elle. Elle disait exactement la même chose. Regarde où elle a terminé. Dans une tombe.
Il lance une dernière réplique en me regardant avec dégoût avant de partir.
- T'es comme elle, t'es la même.
J'ai bien envie de lui répondre que je ne suis pas comme elle mais je ne peux pas, il est déjà monté. J'éprouve la furieuse envie de lui lancer le journal intime de notre soeur en plein visage, lui montré que je suis différente d'elle et que je n'agirai jamais comme elle.
Plutôt mourir que de tomber amoureuse d'une personne fréquentent le mal.
Je me surprends même à pleurer. Tout cela ne serait pas arrivé si elle n'était pas tombée amoureuse d'une personne monstrueuse.
