Tu sais, parfois nous n'avons pas le choix. C'est comme ça, la vie nous impose quelque chose et nous ne pouvons nous en détourner.
Tu sais, c'était pas facile d'assumer le fait que je sois en compagnie d'un tueur, cela l'était encore moins lorsque je suis retournée au lycée, après qu'il soit venu avec ses deux hommes. J'ai été convoquée par le directeur, humiliée et rejetée par les autres élèves, encore une fois. Mais cette fois toi et nos frères étiez au courant.
Mais vous n'avez rien fait pour tout arranger. J'ai eu l'impression de mourir lorsque je sentais tous ces regards sur moi. Jérôme avait raison, il a dit que le monstre ce n'était pas lui, mais que les autres étaient le monstre.
Leur cruauté a fini par me pousser à faire des choses que tu ne n'imagines même pas. Qu'est-ce que tu crois ? Que je suis un ange tombée amoureuse du diable ? Crois-moi, ce c'est pas tout à fait ça.
Pas du tout ça à vrai dire.
Je sais que cela semble difficile à croire mais j'ai fait des choses horribles. Tu me vois, moi, faire du mal à quelqu'un ? Tu me vois faire souffrir une autre personne ? Tu n'y crois pas, je m'en suis sûre. Tu dois même te demander ce que je raconte. Tu dois penser que je suis complètement folle.
Je pense que j'ai besoin de te raconter la réalité des choses, de te dire la vérité.
Il y a des trucs que j'ai fait, des trucs que je n'aurais jamais fait auparavant.
Tu te souviens quand je me suis mise à manger de nouveau ? Quand j'ai retrouvé un semblant de sourire ? C'était grâce à lui, je le voyais en cachette les soirs, quelques minutes suffisaient. Je me disais qu'un jour, nous nous retrouverions tous les deux, seuls, et que nous nous quitterions plus jamais. En attendant, on devait se voir sans que personne ne soit au courant.
Quand il était avec moi, il redevenait presque celui qu'il était auparavant. Parfois, il était simplement le Joker et je détestais ça car Jay n'était pas celui que je connaissais depuis toujours.
Aujourd'hui je peux enfin dire que nous allons avoir notre nous deux pour toujours. Je ne sais pas quand nous allons partir, il faut qu'on monte le coup. Au plus vite.
Mais ce n'est pas de ça dont je dois parler aujourd'hui. J'ai fait des choses horribles et le pire, c'est que je ne regrette pas. Pas une seconde. Tu te souviens quand j'ai disparu pendant deux jours et que j'ai prétexté que c'était pour le lycée ? Et tu te souviens que pendant ces deux jours, il y a eu un braquage à la banque ?
C'était lui.
C'était moi.
Nous étions tous les deux. Oui Zafrina, tu n'es pas en train d'halluciner ce que tu lis. J'étais sous l'un de ces masques. J'ai fait cela avec lui. Et oui, pour information, c'est moi qui aie tiré la première.
J'ai bien tué deux personnes. Je sais ce que vous pensez, même de là où je suis je parviens à savoir que mon âme était noire, qu'elle était perdue.
Mon cœur palpitait à fond, je voyais tous ces regards terrifiés posés sur nous et je me souviens d'avoir adoré cela. Je me suis surprise à aimer la terreur que nous procurions Jérôme et moi. Et à cet instant, il n'avait jamais été aussi fier de moi.
Je me souviens quand il a lancé de l'acide sur quelques personnes, fabriqué par lui-même. L'acide en lui-même a dévoré le visage de ces pauvres personnes qui devaient probablement avoir une vie. Mais je m'en fichais, parce qu'au final, c'était marrant.
Je dois probablement avoir une case en moins pour penser cela. Au fond, je crois qu'il m'a rendue comme lui bien que j'essaie de le cacher chaque jour. Parfois je reprends mes esprits et je me dis que c'est mal de faire tout ça, c'est mal de tuer.
Au fond, je ressens toujours de la culpabilité envers ces personnes que j'ai tué, aux familles qui doivent souffrir. Je me dis qu'elles ne méritent pas ça. Mais moi je ne méritais pas que Jérôme change en une crainte gigantesque pour toute la ville. Mais pas pour quelqu'un.
Mais pas pour Batman. Lui, il n'a pas peur de Jérôme. Comment peut-il avoir peur alors qu'il représente lui-même la peur ? Habillé de noir, il terrifie tout le monde tout en rassurant les gens.
Je me rappelle avoir fait des recherches sur lui, je ne sais plus quand exactement mais j'avais récolté quelques informations qui tenaient la route sur son identité.
La solitude. C'était le point clé de ce qu'il est. Une personne comme lui ne peut avoir de famille, pas vrai ? Je veux dire, si son identité est découverte, il met en danger ceux qu'il aime.
J'avais le choix entre une personne vivant en plein cœur de la ville, au milieu de la foule ou en retrait. Mais encore une fois, j'avais ma petite idée sur quel genre de personne j'avais à faire. Solitaire, en retrait.
Je te mets sur la piste, Zafrina.
Il devait avoir beaucoup de force, d'entraînement pour arriver à combattre des dizaines et des dizaines d'hommes, ce qui impliquait qu'il devait avoir un passif militaire ou quelque chose comme ça. Mais à propos de cela, je me suis trompée. Son entraînement était plus effrayant que je ne l'avais imaginé.
Qui pouvait répondre à ces caractéristiques bien définis ? J'avais une petite idée en tête, mais je n'étais pas sûre pour le passif militaire. Je ne savais pas que ce n'était pas ça qui l'avait rendu aussi fort, pas encore.
Maintenant laisse-moi te raconter le jour où Jérôme et moi avons été confrontés tous les deux à lui, en même temps.
« Je pince les lèvres en observant la nuit de lever. Il est parti depuis quelques heures déjà et je n'ai aucune nouvelle de lui, ce qui m'inquiète. Je sais que je ne devrais pas m'en faire mais je ne peux pas m'en empêcher.
Mes parents vont me tuer quant ils sauront que j'ai été encore avec lui.
S'ils savaient ce que j'ai fait.
Je fronce les sourcils quand j'entends un bruit suspect dans une autre pièce, vers la cuisine. Je sors de la chambre en me munissant d'un couteau, prête à blesser quelqu'un. J'allume la lumière, sur les aguets, et découvre un animal de la nuit voler au plafond. Une chauve-souris. Elle tourne sur elle-même en se cognant contre le plafond. Je soupire.
Je baisse mon arme car il n'y a aucun danger. Quelques secondes plus tard, c'est la débandade. Des centaines de chauve-souris rentrent dans l'appartement, brisant la vitre de la fenêtre.
Je recule, de peur qu'elle fonce droit sur moi, quand je heurte quelque chose de dur. Je me retourne vivement pour apercevoir celui qui inspire la peur et en même temps la sécurité, celui qui protège notre ville.
- Katerina Milles, tu viens avec moi.
- Et si je refuse ?
- Je ne te donne pas le choix.
J'ai beau me débattre, je suis incapable de résister à son emprise. Je le somme de me lâcher tout en hurlant mais il m'emmène droit sur le toit d'un immeuble, celui du Great Building. Quand je touche le sol, je m'éloigne le plus rapidement possible de lui.
- T'es complètement malade !
- Pas plus que toi et le Joker. Je sais ce que tu as fait. Je sais tout.
Cela ne m'étonne même pas à vrai dire. Il sait toujours tout, je ne sais pas comment il fait. A-t-il des moyens technologiques que nous ne connaissons pas ? Cela voudrait dire qu'il est riche, renforçant mon idée sur son identité. J'en suis presque certaine.
- Il va venir.
- J'y compte bien, répond Batman.
- Alors tu enlèves des personnes pour arriver à tes fins ? Ce n'est pas très professionnel de ta part.
- Je combats le mal au péril de ma vie, tous les moyens sont permis.
J'ai l'impression d'être un objet qui ne sert qu'à une et seule utilité. Une explosion se fait entendre derrière moi alors je sais qu'il est là. Batman l'attend de pieds ferme.
Jérôme est en colère, les sourcils froncés, le sourire inexistant et pourtant, il prend toujours plaisir à humilier son adversaire. Jérôme tient des couteaux et joue avec en les faisant tourner dans ses mains. Je recule de quelques pas, m'éloignant de l'homme chauve-souris.
Ils se jettent l'un contre l'autre et mon meilleur ami, agile et habile, se défend bien. Il esquive les coups et en donne quelques uns à son adversaire. J'ai peur pour lui. Je plante mon couteau dans son épaule, traversant son armature en cuir et il pousse un cri de douleur. Jérôme me félicite pour cela d'un clin d'œil tandis que Batman retire le couteau de son épaule.
Il chancelle mais ne flanche pas, très résistant à tous les coups que nous lui portons.
Jérôme l'attaque une deuxième fois mais Batman le repousse vivement et mon meilleur ami tombe au sol, se blessant les mains. L'homme chauve-souris se fige soudainement, les yeux perdus dans le vide, avant de les plisser et de battre en retrait. Il recule, s'arrêtant au bord du vide.
Je suis certaine de connaître son identité.
- Je sais qui tu es, crié-je. Et crois-moi, si les autres apprennent ton identité, ils se feront un plaisir de te détruire !
Sans un mot, Batman se laisse tomber dans le vide, en arrière, tendant les bras à l'horizontale. Je me précipite au bord du vide, mais il a déjà disparu. Une brise légère balaye mes cheveux en arrière et me fait frissonner.
J'ai du sang sur les mains, celui de Batman et je me sens sale de l'avoir attaqué, lui avec qui j'ai collaboré pour arrêter mon meilleur ami. Jérôme se relève et s'approche.
- Tu connais son identité ? Moi aussi, je crois.
- N'en parlons pas tant que nous ne sommes pas certains. D'accord ?
Je veux juste oublier cette soirée. »
Nous n'étions pas sûrs de son identité, mais nous partagions la même idée. Cependant, je suis encore étonnée qu'il n'ait rien tenté pour le réduire en cendre alors qu'il savait déjà qui était l'homme qui protège la ville des ténèbres.
Mais Jérôme m'a révélée que détruire la ville à laquelle tenait tant Batman ferait plus de mal à ce dernier. Jérôme ne veut pas tuer Batman, il veut juste que Batman observe Jérôme répandre le chaos dans la ville.
Les parents sont en colère quand je sèche les cours mais je n'en ai plus rien à faire de ça, pourquoi m'en préoccuper alors que je vais m'en aller ? Du moins, je l'espère.
Alors oui, je suis une criminelle. Oui, je n'en ai rien à faire. Parce que tant que je possède l'amour de Jérôme, rien d'autre ne me préoccupera. Seul lui compte. Tu vois à quel point c'est beau nous deux ?
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