error system, end of the game

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bonne lecture :)

     Son visage impassible me déconcerte au plus haut point, c'est comme s'il ne ressentait rien

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Son visage impassible me déconcerte au plus haut point, c'est comme s'il ne ressentait rien. Tout a du sens maintenant. Il me connaît depuis le début, depuis toujours, avant même que nous nous sommes rencontrés au cimetière quand j'ai hurlé ma colère contre ma sœur. Est-ce que notre rencontre était calculé ? Était-ce un moyen de me garder sous surveillance ? M'approcher pour mieux me protéger ?
Secouant la tête, je passe mes mains dans les cheveux. C'est pas possible, je ne peux y croire. Comment c'est possible ?
Je tremble comme une feuille, ne savant plus où donner de la tête.
- Pourquoi ? Donne-moi une bonne explication au pourquoi du comment peux-tu être aussi désespérée de mettre ta vie en danger ! se met-il à hurler.
- C'est ma vie, je fais ce que je veux.
- T'as dix-sept ans ! Tu te rends compte ?
S'il me passe un savon, j'en ai pas besoin, mes parents sont déjà assez présents dans ma vie. Pas besoin de lui pour les remplacer. Bruce plisse les yeux.
- Pourquoi tu cherches le programme Table Rase ? Ne crois pas que je n'ai pas entendu parler de ta petite quête stupide.
- Je te l'ai dit, je ne veux plus être Zafrina Milles. J'ai envie que cette fille disparaisse pour toujours.
- Arrête une bonne fois pour toute ta crise d'adolescence puérile, Zafrina. Tu te comportes comme une gamine eh ça me débecte.
- Tu comprends rien.
- Oh mais si je comprends, fait-il en s'approchant de moi, menaçant. Je comprends que t'es devenue une meurtrière et que tu te fous de tout. Bravo Zafrina, la but était de ressembler à ta folle de sœur ? Je crois que t'as tout gagné.
- Ne parle pas de ma sœur !
- Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ? C'est une menace ?
Le vent me glace de l'intérieur comme de l'extérieur. Je n'aime pas son regard. Je n'aime pas son regard noir qui me juge, me donne envie de partir en courant.
Et notre histoire d'amour semble être terminée avant même d'avoir commencé.
- Sinon rien du tout, parce que tu ne feras rien. Putain mais qu'est-ce que j'ai été con. J'ai été con d'avoir cru en toi, t'es qu'une petite adolescente inconsciente.
Bruce secoue la tête avec tant de dégoût dans le regard qu'il arrive à me faire peur.
- J'ai tout fait pour toi. J'ai obéis à ta sœur pour te protéger. J'ai passé des jours à te surveiller, à te regarder pour savoir si tu étais comme elle. Mais t'es pas comme elle, t'es pire. T'es égoïste. Et trop intelligente pour te laisser piéger par l'amour. Et surtout, tu ferais tout et n'importe quoi pour obtenir cette nouvelle vie. Quand je pense que je suis tombé amoureux de toi, ça me met hors de moi. Ça me fout mal, ça me donne envie de gerber. T'es là à te tenir devant moi comme si c'était normal alors que nous sommes dans une situation dont nous aurions jamais dû nous retrouver. Et maintenant, je dois faire quoi ? Te laisser aller à ta quête débile ? Je dois te laisser tuer des gens pour un programme ? Si tu savais comment j'aimerais tout effacer.
J'avale difficilement ma salive.
- Comment peux-tu oser être cette personne, Zafrina ? T'es inconsciente ma parole !
- Et toi alors ?
- Moi c'est différent !
- Et en quoi ?
- J'ai tout perdu ! hurle-t-il.
Sa phrase pourrait presque résonner dans les rues sombres de la ville. Sauf que nous sommes sur le toit d'un immeuble. Son regard est rempli d'une émotion que je ne connais pas, que je ne voudrais pas connaître.
- J'ai tout perdu et il ne me reste plus rien ! Et toi, tu as ta famille ! Tu prends des risques inconsidérés, tu tues sans rien ressentir. Mais c'est quoi ton problème ?
- C'est faux, je n'ai plus de famille. Elle a volé en éclats depuis que l'ouragan Katerina. Les membres de ma famille me voient comme elle, Bruce.
Ce dernier a un rire ironique qui se transforme en ricanement. Il est tellement en colère que son aura dégage cette puissance émotion.
- Tu fais fausse route.
- J'ai besoin de ça ! Il faut que je recommence tout à zéro ! Je me sens crever de l'intérieur. Je ne veux plus être la sœur de la fille qui est devenue un monstre ! C'est trop dur à supporter. T'imagines même pas tous les regards que je subis quand je suis au lycée !
Les larmes coulent d'elles-mêmes, pas besoin de me forcer, pas besoin de faire du cinéma.
- J'ai l'impression qu'ils me tuent, à coup de couteau, chaque jour. Mes amis ne me parlent plus, la seule amie qui me parle encore doit me tourner le dos en face des autres pour pouvoir me parler en face quand elle tourne le dos aux autres ! J'ai dix-sept ans et tout le monde me regarde comme si j'étais une meurtrière ! Comme si j'étais Katerina ! Tu crois que c'est une vie ? Tu crois que je fais tout ça par plaisir ? Oh c'est sûr, il y aura inéluctablement une partie de moi qui prend plaisir à tout ça, mais l'autre partie non.
Mon long discours prend Bruce de plein fouet, comme si j'envoyais toutes mes émotions à travers lui.
- Dis-moi Bruce, tu crois que c'est une vie de vivre toute cette souffrance ? Tu crois que c'est une vie de subir le jugement des autres pour des trucs que t'as pas commis ?
     Pour réponse, il y a un long silence.
- Ton silence en dit long sur mes paroles, Bruce.
- Tu ne pourras pas obtenir le programme, Zafrina.
- Enfonce-toi ça dans le crâne : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'obtenir, quitte à donner mon âme au diable, quitte à tuer des centaines de personnes, peu importe le prix !
- C'est moi qui possède le programme Table Rase, avoue-t-il de but en blanc.
     Reculant d'un pas, je lève les sourcils.
- Tu... tu as ce que je cherche ?
- Évidemment que je l'ai.
- Donne-le-moi.
- Non Katerina, jamais tu l'auras.
- Si tu me le donnes et que je l'utilise, tu n'entendras plus jamais parler de moi. Tu ne m'auras plus jamais dans tes pattes. Je te le promets.
- Franchement Zafrina, tu crois que je vais te le donner, à toi ? Une gamine de dix-sept ans ?
- Tu disais pas ça l'autre nuit ! craché-je.
En effet, il ne disait pas ça. Dorénavant, j'ai l'impression qu'il me voit comme une enfant qui fait un caprice.
- Aucun rapport. Ici, il est question de ta vie, pas de la nôtre.
- De toute façon t'es qu'un imbécile, tu ne peux pas comprendre ce que je ressens au fond de moi.
- Arrête de croire que t'es en train de vivre le pire des enfers, Zafrina. Tu te prends pour un martyr alors que tu ne connais rien à la souffrance.
- Je ne connais rien à la souffrance ? répété-je.
Ses mots me passent en travers de la gorge tout comme la manière dont il me regarde. Il est vraiment remonté contre moi.
- C'est toi qui ne connais rien à la souffrance d'avoir perdu quelqu'un !
- J'ai perdu mes parents ! hurle-t-il.
- Et moi ma sœur ! hurlé-je plus fort que lui. J'ai perdu ma sœur par la faute d'un monstre !
- Et moi mes parents ont été assassinés sous mes yeux, putain !
Cette fois, c'est lui qui hurle plus fort que moi. Et son regard, j'ai déjà vu des regards brisés et glacés à la fois, mais là, ce n'est rien comparé à ce qu'il me lance. Dans sa tenue de super héros, il parait tellement menaçant, impressionnant.
- Ils ont crevé devant moi sans que je puisse faire quoi que ce soit et tu prétends que je ne connais pas la douleur ? T'as jamais vu tes parents perdre leur vie. T'as jamais vu le sang couler de leur bouche, t'as jamais vu la vie quitter leurs yeux.
Bruce secoue la tête, laissant échapper une larme. Parler de ses parents le rend tellement plus triste, plus vulnérable.
- Et tu ne connaîtras jamais la sensation de se sentir seul parce que tu as une famille. Moi, je n'ai plus personne. Pas d'oncles, de tantes, de cousins ou cousines. Pas même des grands-parents. Je n'ai que mon majordome, mais viendra tôt ou tard la mort, il se fait vieux. Alors ne dis pas que je ne connais pas la souffrance tant que tu ne connais pas la solitude ! aboie-t-il en pointant du doigt le sol.
     Une larme tombe au sol tandis que partout autour de nous, nous pouvons entendre des hurlements, des explosions et même entendre le feu crépiter, brûler des bâtiments. Même en regardant le bâtiment d'en face, je vois un enfant en feu, tomber du haut de l'immeuble, tombant de quinze étages.
- Ta sœur est morte et c'est affreux, je le conçois. Mais fais pas comme si tu étais la seule, Zafrina. T'as le droit d'être triste, d'être mal, même après un an. Mais t'as pas le droit d'en avoir rien à foutre de ta vie au point de te mettre en danger ou de tuer des gens. T'es qu'une égoïste, tu ne veux que ton bonheur au prix du malheur des autres.
- Je... je ne sais pas quoi dire, marmonné-je.
- Non, ne dis rien. T'as suffisamment parlé comme ça, tranche-t-il d'une voix glaciale. Rentre chez toi, je m'occupe de la situation.
Il me foudroie du regard en me bousculant de l'épaule avant de remettre son masque. Bruce se tourne vers moi, j'imagine que l'expression de son visage n'a pas changé sous ce masque. Peut-être qu'elle est pire.
- On en reparlera.
Bruce se laisse tomber en arrière, dans le vide. Je ne penche même pas la tête dans en contrebas pour le regarder, je n'ai pas la force de bouger mais simplement de tomber. Mes genoux craquent et je tombe sur le toit de l'immeuble. Les larmes coulent, j'ai du mal à respirer. J'ai l'impression d'avoir quelque chose bloquer en travers de la gorge. C'est une sensation désagréable et mon envie d'en finir est grande.
Je ferme les yeux en serrant les poings sur mes cuisses. Je pleure toutes les larmes de mon corps car ses paroles tournent en boucle en mémoire. C'est comme si on m'arrachait le cœur, pire, mon âme pour l'envoyer au diable.
Bruce est Batman.
Il a le programme.
Et je crois que nous deux, c'est terminé.
Je ne sais pas lequel des trois est le pire.

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