comment arrêter la souffrance ?

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Je cligne des yeux.
Attends, quoi ? Je rêve ou vient-il de m'appeler par mon prénom ? Comment me connait-il ? En remarque, à cause de la réputation de ma sœur, j'ai du passer quelques fois à la télévision. Mais delà à ce que quelqu'un se souvienne, c'est flippant.
Je le regarde avec de gros yeux.
- Excuse-moi mais comment connais-tu mon prénom ?
Il esquisse un sourire.
- Alors tu ne te souviens pas de moi ? T'as la mémoire courte, Zafrina Milles. Moi, je me souviens de toi comme si c'était hier.
- Mais t'es qui ?
Je fronce les sourcils. Je ne reconnais pas son visage, pas une seule seconde. D'où sort-il ? Alden, Alden, Alden... son prénom ne me dit rien.
- Alden de la Cruz. J'étais dans la même classe que ta sœur. Je suis même venu chez toi une fois pour son anniversaire avant qu'elle se fasse monopoliser par Jerome.
Mon sang se glace de part et d'autre. En remarquant mon expression, il perd son sourire et prend une expression désolée. La douleur me pique le cœur, m'empêche de respirer correctement. Les larmes me montent instinctivement aux yeux. Pourquoi est-ce si douloureux de penser à elle ?
En tout cas, je ne me souviens pas de ce type. Lui paraît se souvenir de moi en tout cas.
- Bref, tout ça pour te dire que je me souviens de toi. Tu avais fait des tresses ce jour-là. T'as beau avoir grandi, tu restes toujours la même personne. Je t'ai reconnu dès que je t'ai vu à l'aéroport.
- Pourquoi n'es-tu pas resté ami avec ma sœur ? demandé-je.
Il hausse les épaules.
- Elle ne voyait pas par moi. Elle voyait que par Jerome. Et puis, mes parents ont décidé de déménager à Los Angeles. Je suis parti sans dire au revoir, je crois que je ne lui ai jamais manqué, que je ne l'ai jamais marqué.
- Elle n'était pas du genre à faire attention aux autres.
Elle était égoïste et elle est morte pour son amour aveugle en vers un type qui ne l'aimait probablement pas, j'en suis certaine.
- Réveille-moi quand on arrive.
Et il ferme les paupières.
Je regarde ses bras où on remarque quelques cicatrices, comme des brûlures.
Alors il a connu ma sœur ? Ça paraît presque impensable, sa vie tournait autour de celui pour qui elle est morte.
Lorsque nous atterrissons, je donne un coup de coude à Alden pour qu'il se réveille. Il sursaute et cligne des paupières avant de passer une main sur son visage fatiguée. Il m'aide à descendre mon bagage à main avant d'attraper le sien. Nous descendons tous les deux sous la pluie de Los Angeles. Le temps, comme mon humeur, est morose.
Mon cœur est vide.
Quelque chose ne va pas.
Dans l'aéroport, beaucoup de personnes ont les yeux rivés sur les écrans de télévision. Certains marchent avec leur valise, pressés.
Ce sont les nouvelles de la journée, montrant New York, en feu et à sang mais soudainement sauvé par Batman.
Et je le reconnais.
C'est Clark, j'en suis certaine.
Mais les nouvelles dérivent rapidement sur une autre nouvelle, plus triste, plus douloureuse que toutes les nouvelles du monde. Je ne sens plus mes jambes, ni mes bras, ni mon corps entier. À vrai dire, je me demande comment je fais pour encore tenir debout.
Je secoue la tête de droite à gauche tout en faisant un pas en arrière.
Batman, celui que des personnes adulaient, celui que certains détestaient du plus profond de leur cœur, est mort.
Mais je ne pleure pas. J'ai trop pleuré par le passé. Sauf que c'est comme si on arrachait une partie de moi, une fois de plus, une fois de trop.
Mort ? Comment c'est possible ?
Je ferme les yeux avant de me diriger vers les tapis roulants pour reprendre ma valise. Comme morte, comme vide, je sors de l'aéroport où la pluie se fait plus forte à présent. Les taxis prennent des passagers, des voitures se bloquent les unes et les autres.
Je penche la tête en arrière, ferme les yeux et laisse les gouttes d'eau marteler mon visage.
Il est mort.
Comment suis-je capable de ne pas pleurer ? Je savais que quelque chose n'allait pas, je le sentais au plus profond de moi. En quittant New York, je lui ai dit adieu. Je savais que je n'allais jamais le revoir mais je ne pensais pas qu'il allait mourir. Je ne comprends pas, je ne veux pas comprendre.
J'ai trop mal.
Tellement mal.
Et il n'y a personne pour me venir en aide, et j'en crève, j'en crève.
La vie ne veut pas que j'aille bien.
Elle veut me tuer. Elle aura ma peau. C'est tellement douloureux.
- Hé !
J'ouvre les yeux et me retourne quand Alden se précipite vers moi en tirant sa valise derrière lui. Il est grand, fin, ne possédant probablement aucun muscle comparé à Bruce.
Il est mort.
Alden passe la langue sur ses lèvres, puis la main dans ses cheveux trempés.
- Je viens de penser. Étant donné que nous sommes deux êtres en détresse, toi plus que moi d'ailleurs, ça te dit d'aller manger quelque part ? On se connaît pas vraiment mais bon, pourquoi pas se connaître ?
Je cligne des paupières et chasse les gouttes d'eau de mon visage du revers de la main.
- Je peux te faire rire.
Son sourire est égal à celui de Naruto. Dieu sait à quel point le sourire de Naruto est précieux, le meilleur de tous, même quand il est triste, seul et abandonné.
Bruce est mort.
Je ne dois pas rester seule sinon je vais faire quelque chose que je regrette.
Je plaque les mains sur mon visage, secouée par des larmes terribles. Alden me rattrape avant que je tombe par terre mais malheureusement, je l'entraîne dans ma chute. Je tombe à genoux, dans une flaque d'eau.
Il est mort.
Il est mort.
Bruce est mort.
- Je... euh... qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ?
Je suis en train de mourir pour la énième fois, mais sinon, ce n'est rien. Pourquoi est-ce que je continue d'être en vie si c'est pour vivre c'est putain de chienne de vie ? Pourquoi je continue de cohabiter avec la vie alors qu'elle est la pire des colocataires ?
Je veux juste être capable de fermer les yeux juste une seconde pour ne plus jamais les rouvrir.
Mais chaque jour je me sens mourir.
Mais chaque jour je n'en peux plus.
Et chaque jour c'est la même chose.
- J'en peux plus !
Est-ce qu'un bouton stop existe pour tout arrêter ?
- Je suffoque, cette vie...
Est-ce qu'il y a un bouton stop pour arrêter la souffrance ?
- Je veux crever ! Laisse-moi crever !
Est-ce qu'il y a un bouton pour mourir ?
Alden m'attrape le bras lorsque je me penche en avant en direction de la route quand une voiture arrive. Il me tire contre son torse et nous tombons tous les deux.
Il m'entoure de ses bras pour m'empêcher de fuir comme je l'ai fait tant de fois. Les larmes, la pluie, je ne sais plus rien différencier. En tout cas, je fonds en larmes dans ses bras et sur lui.
On ne se connaît pas.
Mais c'est comme si son corps et le mien se connaissaient depuis une éternité. Je n'ai pas peur, ce n'est pas un inconnu. Il connaissait ma sœur.
Les gens doivent probablement nous regarder mais je m'en fiche. Alden ne me lâche pas et vient d'empêcher une tentative de suicide.
Je suis arrivée au point où je veux mourir à tout prix.
Bruce était la goutte de trop.
Il est mort.
Et il ne reviendra pas.



🤡
SURPRISE (ou pas)
Je devais le faire mourir. Le fait que Zafrina et Bruce terminent ensemble m'était inconcevable, c'était trop facile.

à suivre...

psychotic loveDes histoires addictives. Découvrez maintenant