même mort il continue de vivre

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J'ai beau lire trois fois ce passage, je ne la comprends toujours pas. Je la dégoûte ?
À travers ses mots, je me demande si ma sœur n'avait pas un problème d'humeur. À travers je la trouve très aimante envers moi, puis quelques pages plus tard, je trouve qu'elle me déteste beaucoup pour la personne que je suis. C'est vrai, j'ai toujours écouté notre mère parce que c'est ce qui avait de mieux à faire pour ne pas subir sa colère.
Mais qu'est-ce que ça pouvait faire à ma sœur ?
- Zafrina !
- J'arrive maman !
     Peut-être qu'au final je n'aurais pas dû descendre ces escaliers si j'avais su qui était la personne qui se tient devant la porte. Toujours habillé d'un costume trois pièces exclusivement noir, Bruce se dresse de toute sa hauteur et splendeur. Ses yeux noirs sont injectés d'une haine incomparable envers ma personne.
- Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
- Zafrina ! Change de ton immédiatement !
- Oh ça va maman. En plus c'est pas à toi qu'il veut parler.
- On réglera ça plus tard, marmonne-t-elle avant de s'en aller.
     Je lève les yeux au ciel et descends toutes les marches d'escalier restantes.
- Tu veux monter dans ma chambre ? ricané-je.
- Non. Je préfère aller dehors.
     Son ton froid et distant de la réalité me fait ricaner. Je claque la porte en veillant à le faire le plus fort possible. Une voiture de luxe qui semble plus rapide que tout est garée devant chez moi. Celle de Bruce, donc.
- Sympa de me donner des nouvelles, en deux semaines, silence radio.
- Et en attendant, connard, tu t'es tapé toutes les putes de la ville. Ne viens pas me faire culpabiliser Wayne.
     Ce dernier ne montre pas le moindre intérêt de se défendre pet race que c'est vrai. J'ai pas la moindre idée de combien de filles sont passées dans son lit en l'espace de quatorze jours mais putain, elles n'étaient pas moi. Et j'ai été conne de croire à son « je suis amoureux de toi » alors qu'il voulait simplement me foutre dans son lit comme toutes les autres.
- Je te signale que c'est toi qui t'es barrée comme une pute quand je dormais ! T'as eu ce que tu voulais, avoue-le.
- Ah parce que tu me traites de pute ? Fabuleux.
- Tu m'insultes de connard alors je réplique. Je vais pas me retenir de t'insulter parce que t'es une fille.
- Donc tu clames haut et fort que c'est ma faute si t'as... tu t'es éclaté avec toutes ces filles ? Il y a des choses qui ne changeront pas apparemment.
- Mais c'est quoi ton putain de problème ? lève-t-il les bras au ciel.
     Cette fois, Bruce perd patience et ça me fait bien plaisir.
- Mon problème est que les gens comme toi devraient arrêter de faire croire que c'est la faute des autres ! Tu sais au lycée, y a ce type qui rejette la faute de ses erreurs sur tout le monde pour les faire culpabiliser et ensuite tu te crois dans un de ces films pourris où la fille tombe amoureuse du mauvais garçon tellement la situation est un invraisemblable !
- Alors, Zafrina, tu vas commencer par te calmer.
- Ne me demande pas de me calmer ! le repoussé-je. C'est comme si tu me demandais de ne pas t'aimer !
Je passe mes mains sur mon visage pour montrer qu'il m'énerve mais la seule réaction que Bruce a est de froncer les sourcils avant d'attraper mes poignets.
- Stop.
- Mais t'es pas casse-cou...
- Zafrina, Bruce ! Venez voir ! s'exclame mon frère en ouvrant brusquement la porte d'entrée.
     Je jette un coup d'œil à Wayne, le plus noir des regards possible et nous suivons mon frère dans un mot. Tout le monde se trouve devant la télévision, les informations qui plus est. Nous pouvons voir un bâtiment en flammes et une foule immense réunie devant ce bâtiment. Mais il se tiennent ici pas par curiosité, par obligation puisque des types lourdement armés les menacent.
     Un autre type se tient de dos, manteau noir et portant un chapeau noir. À vue d'œil, on dirait un homme d'affaires excentrique, malheureusement, nous savons déjà que cela révèle une certaine folie, rien qu'au travers des vêtements.
     Les caméras font un zoom sur des otages, dont quelques uns d'entre eux semblant brûlés au visage, comme par un acide.
- Il essaie d'imiter Jerome on dirait bien, commente mon père.
- Chut, ne prononce pas ce prénom, grogne Alex.
- Mesdames et messieurs !
     Soit je délire, soit la voix de l'homme au chapeau ressemble fortement à celle de Jerome. Cette voix est plus grave, moins aiguë et loin d'être attirante, plus du genre à nous donner des frissons. Le type écarte les bras comme pour immerger le Corcovado au sommet du Brésil.
     J'ai l'impression que c'est Jerome, que tout recommence à nouveau comme au premier jour. Pourtant, les flics de la ville se sont jurés que plus personne ne terrorisera la ville comme il l'a fait. Et puis, la suite est comme si tout était au ralenti. Je me sens mal pendant un moment, surtout quand le type au chapeau commence à se retourner légèrement.
Cet œil, ce regard. Ma famille et moi le connaissons par cœur et semble pourtant si différent. Non, c'est impossible...
Tout est possible, dit une petite voix dans ma tête.
Ces yeux verts, ce sont presque les mêmes. Il y a une autre intensité dans le regard mais ce sont presque les mêmes, ils sont tellement semblables. Et puis quand il se retourne, nous avons tous l'impression de tomber par terre. Tous, les uns après les autres. Alex en premier. Moi la suivante. Tous les cauchemars que je fais depuis l'apparition de ce journal, depuis toutes ces monstruosités que je connais, et toutes les suivantes qui sont écrites, je ne sais pas ce qu'il y a de pire entre ça ou voir ça à la télévision.
- Non, il est mort, murmure Alex, horrifié.
Je me souviens de Jerome venant à la maison, je me souviens de tous les souvenirs qu'il a laissé, je me souviens qu'il a laissé son empreinte dans cette maison. Et là, il se retrouve en ville. Il n'est pas mort ? Comment est-ce possible ? Il est mort, les flics ont affirmé avoir brûlé son corps ! J'ai envie de vomir.
- Comment Jerome Valeska peut être encore en vie ? s'exclame Alex.
Bruce est aussi paralysé que je le suis, nous ne comprenons pas véritablement la situation. Une chose est sure : je dois faire quelque chose, la fille qui est en moi le doit, celle que je cache à tout prix, celle que je veux être. Mais disparaître maintenant éveillerait les soupçons puisque j'apparaîtrais forcément à la télévision.
Dans quel monde vivons-nous ? Pourquoi toute cette souffrance ? Pourquoi est-ce que la vie est une garce ?
- Le spectacle va commencer ! Mais il manque un invité ! Batman, oh mon cher Batman, rigole le type identique à Jerome. Montre-toi et rejoins-nous !
Dans sa voix, il semble posséder la même folie que Valeska original.
- Montre-toi et je me présenterai à toi !
L'homme au chapeau se retourne complètement, dévoilant un visage pâle et couvert de cicatrices au niveau de ses lèvres, ses joues, comme était abîmé le visage de Jerome.
Le type fait un signe de main comme pour dire « laissez tomber » avant de rigoler follement.
- Bah, ne vous en faites pas pour mon visage !
- C'est quoi ce bordel ? souffle mon frère, au bord de l'évanouissement.
Le téléphone de Bruce Wayne vibre une fois puis le richissime milliardaire lève les yeux dans ma direction. Pas besoin de parler, je sais qu'il doit s'en aller, le travail, sûrement. Étant donné que Jerome s'en est déjà pris à l'entreprise de Wayne une fois, ses employés doivent paniquer à l'idée de voir un Jerome Valeska 2.0 en ville.
Wayne s'excuse auprès de mes parents, hésite quelques secondes à m'approcher et finir par abandonner en secouant la tête. J'ai compris, ça va pas entre nous.
C'est le moment de m'en aller. Je prétexte ne pas vouloir regarder ça une minute de plus pour monter dans ma chambre. Porte fermée à clé, je me change rapidement, aussi souple qu'un chat, je passe par la fenêtre et escalade le mur à l'aide de la combinaison. Même pas peur de m'écraser en morceaux par terre puisque je suis déjà en morceaux intérieurement.
Je m'imagine plus comme Spiderman en sautant de bâtiment en bâtiment, la combinaison me rendant capable de choses que je n'aurais jamais imaginé auparavant. J'ai le visage de ce type gravé en mémoire. Comment peut-on se ressembler autant même si les cicatrices ne sont pas les mêmes ?
Jerome était enfant unique, il ne pouvait pas avoir de jumeau, impossible. Mais n'est-ce pas cela que ma sœur tentait de me faire passer comme message ? Que nous avons tous des secrets de famille ? Et si ce type était le secret de famille de Jérôme Valeska ? Et s'ils étaient frères ?
Non, je peux pas croire à ça.
Quand j'arrive où se trouve l'homme au chapeau et à la ressemblance parfaite avec Jerome, Batman n'est pas ici, m'intriguant fortement. Les caméras sont braqués droit sur le type, ce dernier au centre de l'attention. Il joue avec une arme comme si c'était un vulgaire jouet.
Du haut de mon perchoir, je marche en observant ce qui passe en-dessous de moi, plus observatrice que jamais. Je pose un genou à terre et touche rapidement mon poignet couvert par la manche en cuir de ma combinaison. Un écran s'affiche sur mon masque, zoomant l'homme au chapeau de plus près.
Ils se ressemblent trop pour ne pas être de la même famille, il n'y a que ça. Ce type, c'est le jumeau de Jerome. À mois qu'il soit revenu d'entre les morts une secondes fois, il n'y a pas d'autres possibilités.
Tout d'un coup, l'homme arrête de jouer avec son couteau et se met à sourire comme un cinglé venant de sortir d'un asile. Il tend les bras à l'horizontale tandis que Batman apparaît au milieu de la foule, cette dernière s'écartant de lui.
D'ici, je ne peux pas entendre leur conversation. Il va falloir m'approcher de plus près, quitte à me mettre à découvert.
J'escalade le mur de l'immeuble comme je l'ai fait pour le mur de chez moi et marche en discrétion de la foule, prête à me battre ou quoi que ce soit d'autre.
Des murmures s'élèvent parmi la foule quand je rejoins Batman, en chair en os, plus noir que jamais. Je pourrais presque me sentir me fusiller du regard derrière de masque de chauve-souris.
- Mais quelle surprise ! Deux pour le prix d'un !
- Qu'est-ce que tu fais ici ? gronde le Batman.
- Je me joins à la fête, que crois-tu ? Je ne vais pas manquer cela.
Je souris, malicieuse. Ah ça fait longtemps que je n'ai pas ressenti cette sensation d'être en vie la dernière fois, c'était dans les bras de Bruce. Il me fait sentir en vie quand je suis morte et quand je suis éloignée de lui, je flétris jusqu'à devenir une vieille fleur fanée dont on doit se débarrasser.
- Quel manque de politesse fais-je ! Je me présente : Jeremiah Valeska, frère jumeau de Jerome Valeska !
Tout mon corps est parcouru de frissons et d'un coup, je rigole moins. J'ai plutôt envie de le tuer parce que son frère est responsable de la mort de ma sœur. Il l'a détruite, changée en un monstre, en quelque chose comme lui. Et la folie se transmet par le sang à ce que nous pouvons remarquer, lui aussi est aussi taré que son frère.
Son rire, son sourire, tout est pareil que le premier Joker. Mais cette fois, le Joker numéro deux ne fera pas deux fois la même erreur, il ne s'éprendra pas de l'agneau. Lui, dans son regard, tout est différent, plus intense. Tout ce qu'il veut est s'amuser tout en mettant à feu et à sang la ville tandis que Jerome gardait en lui ce sentiment, et amour pour ma sœur.
Non, dans le regard de Jeremiah Valeska, c'est tout autre chose. Plus sombre.
- Nous allons jouer à un jeu. Vous allez voir, nous allons nous amuser !
Son rire pourrait résonner jusqu'à l'autre bout de la fille tandis qu'il passe sa langue sur ses lèvres.

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