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J'ai regardé le ciel l'autre jour. Il était noir. Évidemment, puisque c'était la nuit. J'ai regardé le ciel, Zafrina. J'ai regardé le ciel et je me suis demandée quel genre de message il essayait de me faire passer. Les étoiles brillaient dans le ciel. Et dans mes yeux, on pouvait voir la couleur du bonheur.
Elle était belle, cette couleur. Elle était ravissante.
Et puis j'ai vu à quel point la couleur du ciel était noire. J'ai vu l'obscurité. J'ai vu la noirceur d'un monde. J'ai une vu une couleur. J'ai vu l'obscurité
J'ai deviné. J'ai vu qui était en réalité, Batman. Une personne bercée dans la solitude. Une personne faite pour la solitude.
C'était l'illumination de la journée. De la fin de soirée plutôt. J'ai su rien qu'en regardant le ciel. J'ai compris, j'avais l'identité de la personne sous mes yeux.
Et en fait, ce n'est qu'un homme parmi un autre, qu'on peut comprendre grâce à la souffrance dans le fond de ses yeux. Ce qu'est qu'un homme qui ne tient pas vraiment à grand chose, même pas à lui-même. Même pas à son image.
Même pas à sa vie, en fait.
Si tu ne comprends pas ça — si tu ne comprends pas qui c'est Zafrina, alors tu devras encore attendre. Car la vérité est dans les yeux de celui qui ment. Maintenant que je sais, c'est tellement évident. J'avais la réponse sous les yeux depuis le début.

     « J'ai froid. Et sincèrement, attendre sur le toit de l'immeuble me donne la nausée. Sans bruit, comme léger comme une plume, il se plante devant moi.
     Le vent balaye mes cheveux en arrière. Maintenant je vois. Je vois sous son masque. Je vois même s'il porte son masque. Je vois la vérité, une identité à masquer, à cacher à tout prix.  Il y a un moment de silence, un long moment pendant lequel je suis en train de me congeler de la tête aux pieds.
- Pourquoi as-tu fait appel à moi ?
Je ne réponds pas, parce que j'en suis incapable. Je sais qui est-il, je le vois dans le fond de ses yeux, sous ce déguisement, sous ce masque. Ce masque sombre je vois l'obscurité. La noirceur.
Mon silence ne paraît pas l'inquiéter, du moins je n'en sais rien.
- Je sais qui tu es vraiment. Je connais ta véritable identité.
- Qui d'autre sait ?
Il me croit. Je n'ai pas besoin de le dire et il me croit sur parole.
- Personne, pas même Jérôme.
- Très bien.
Ses mains glissent jusqu'à son masque, avant qu'il ne soulève ce dernier pour révéler sa véritable identité. Je prends une bouffée d'air, une grande inspiration, froide et brûlante à la fois.
Et ainsi, il paraît inoffensif, vulnérable. Plus que jamais. Ils se regardent droit dans les yeux, sans un mot, ayant pour seul échange le silence.
- Je n'en reviens pas que ce soit toi.
- Qui d'autre voulais-tu que ce soit ? Personne d'autre ne se préoccupe de cette ville, ricane-t-il d'un ton mauvais.
- T'as pas à faire ça. T'as pas à sauver cette ville.
- Dit la fille qui veut la détruire.
- D'accord, je ne suis pas parfaite mais...
- Parfaite ? me coupe-t-il la parole en hurlant presque. On parle de l'assassinat d'innocents ! De personnes, d'êtres humains. Mais tu peux pas savoir ce qu'est être un être humain, tu n'as même pas d'humanité pour eux.
Il crache ces mots comme une insulte et dans un sens, je peux le comprendre. Le pire, c'est qu'il a raison. Je me fiche des autres tant que je possède Jérôme.
Si je l'ai, alors j'ai tout.
- Si, j'en ai. Pour ma sœur. Tu la protégeras, pas vrai ?
- De quoi ? De qui ? La seule personne dont elle dit être protégée c'est toi. Tu risquerais de lui empoisonner l'esprit.
- Jure que tu la protégeras. Jure-le. Jure que tu la protégeras quoi qu'il arrive.
- Pourquoi insistes-tu autant pour que je la protège ? fronce-t-il des sourcils.
Sauf que je suis incapable de formuler une réponse à ce type. Ou peut-être que je n'ai pas la force de lui répondre. »




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Petit chapitre court désolée :)
Merci

psychotic loveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant