pour la dernière fois

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« Remplis ton cœur de ressentiment ! Hais-moi ! Sauve ta vie lâchement... Fuis... Fuis ! Accroche-toi à la vie »

Itachi Uchiha, Naruto




     Assise sur une chaise et surtout entourée de la famille, je fixe le gâteau qui se trouve en face de moi, sur lequel se trouvent dix-huit bougies.
     J'ai l'impression que je vais pleurer d'une minute à l'autre, cette vie me fait sentir comme morte, je ne supporte plus cette vie. Je ne parviens plus à me regarder dans un miroir. Tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai pu dire, tout ce que je suis.
     Je ne me supporte plus. Le seul moyen, le moyen ultime serait d'en finir. Mais il faut avoir la force de se donner la mort, moi, je ne l'ai pas. Ça me rend malade de continuer à vivre, mon cerveau va exploser un jour ou l'autre.
— Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire Zafrina ! Joyeux anniversaire ! chantent-ils tous en cœur.
     Les paroles de Brune ne me quittent pas une seconde parce qu'il a raison. Non seulement je suis une égoïste, mais en plus je suis une criminelle. J'ai tué des gens sans la moindre pitié. J'ai été comme ma sœur, un monstre.
— Tu peux souffler tes bougies !
     Levant les yeux vers Alex, mon frère, je ne m'étais pas aperçue que ma famille avait terminé de chanter. Ils me regardent tous avec une expression étrangère, un regard bizarre que je ne parviens pas à décrypter.
     Au passage, ils fêtent mon anniversaire en ce 5 août mais ils fêtent également la mort de Jeremiah Valeska, qui au final, n'aura pas fait long feu.
C'était hier, tard dans l'après-midi. Les journalistes diffusaient l'information sur toutes les chaînes TV possibles. Mes parents n'en croyaient pas leurs oreilles, comme tout le monde en fait. Les caméras montraient un champ de bataille à feu et à sang, où des gravats encombraient les rues et la route.
Je n'étais même pas là pour voir ça.
J'ai été inutile —
Inutile aux yeux de celui que j'ai déçu.
Batman était là, dans son costume noir, au milieu des décombres. À ses pieds gisait le corps du frère jumeau de Jérôme, carrément tranché en deux. Bruce n'a laissé aucune chance à ce type de s'en sortir, comme quoi, c'était lui qui devait terminer la bataille. J'aurais tellement aimé voir le regard avant que la mort l'emporte en Enfer. J'aurais tellement aimé que Jeremiah puisse subir les pires atrocités du monde avant de s'éteindre.
Malheureusement, Bruce ne lui a pas accordé le plaisir de vivre quelques secondes de plus sur cette maudite planète.
Les autorités ont probablement dû brûler le corps comme pour son frère, l'histoire des frères Valeska est terminée. Tout le monde aimerait ne plus pouvoir entendre parler d'eux mais cette ville, New-York City sera à jamais marqué par le sang, la guerre de puissants monstres et surtout, par le héros qui donne tout.
— Zafrina ? Pourquoi tu pleures ?
Bruce, lui qui me déteste probablement maintenant. Il refuse de me donner le programme Table Rase, je ne peux pas faire abstraction du passer. Si seulement il y avait un bouton qui efface les souvenirs de ce monde de merde —
Bruce, lui qui veut certainement ne plus rien à voir à faire avec moi en plus de me détester —
Bruce qui détient le programme capable de me rendre libre.
La vie est vraiment merdique, en plus de me sentir vide, je peux ressentir la haine qu'il éprouve pour moi et ça, c'est tellement douloureux.
— Gardez-le votre putain de gâteau !
Je me lève et pars en courant en direction de ma chambre telle une gamine de six ans. Les larmes coulent le long de mes joues, sans savoir pourquoi. Quelques secondes plus tard, ma mère débarque dans ma chambre pour réclamer une explication, je suppose.
— Ma chérie, qu'est-ce qui se passe ?
C'est là que je m'effondre mentalement, en lâchant toutes les larmes possibles et inimaginables, en me jetant dans les bras de ma mère en espérant être consolée un maximum. J'ai besoin de ses bras qui m'entourent pour me dire que tout va hier, que la vie n'est pas si terrible, que je ne devrais pas penser à la mort comme je le fais autant.
Supporter toute ce poids que j'ai en moi, c'est insupportable, je m'étouffe.
Je dois accepter la réalité telle qu'elle me l'est imposée : j'ai besoin d'aide. Je ne pourrais pas rester seule encore plus longtemps, je dois dire tout ce que je ressens. Il y a un problème, quelque chose qui ne va pas dans mon esprit et il faut que je le dise. Ça peut être libérateur, j'en sais trop rien mais je sais que ne pas parler ne me fera que m'enfoncer dans un profond précipice, sans fond, qui sait.
Et mes émotions, ces putains d'émotions qui me détruisent, ces hauts et ces bas qui hochent comme un yoyo, c'est trop, c'est plus possible.
— Maman, il y a quelque chose qui ne va pas chez moi, murmuré-je entre des larmes.
— Je sais, dit-elle simplement avant de me prendre dans ses bras.
C'est tout ce dont j'ai besoin, une épaule sur laquelle pleurer, une personne sur laquelle m'appuyer. Mais quand je fixe le vide, je n'ai que Bruce en tête. Les sentiments que j'éprouve sont en train de me consumer, de me faire devenir dingue.
Quelque chose ne tourne pas rond chez moi.

psychotic loveDes histoires addictives. Découvrez maintenant