Point de vue Ken
- Oh, gros, ça va pas ?
- Si, si, je réponds vaguement à Mekra qui attend derrière son reuf pour passer en cabine.
- T'as pas l'air. La nuit n'était pas bonne ?
Son petit sous-entendu a le don de me détendre, le temps de me rappeler un des instants parmi tous les autres, quand j'ai migré du lit vers ma commode dans ma piaule. La hauteur du meuble m'a semblée avoir été conçue sur mesure, pour elle et moi.
Et puis je me retrouve ce matin, seul dans mon lit. Sans messages ni rien de sa part. Juste une grande place vide à mes côtés. Pas de petite bouille mignonne à observer pendant son sommeil. Ni d'épiderme soyeux à effleurer du bout de mes doigts. Ni de micro-fossettes à redessiner.
Juste un morceau de ma couette, froissée et froide.
J'ai vu ses lèvres rouges imprimées sur le miroir que plus tard, quand j'ai réussi à me décider à me sortir du pieu. L'heure tournait, la journée, bien que remplie sur mon agenda, aussi.
Je l'ai appelée, sans succès. Puis j'ai écrit un message, alors que j'étais vraiment vénère.
Elle ne m'a répondu que plus tard. Pendant ce long laps de temps sans réponse, j'ai bouillonné. Et je me suis demandé pourquoi je me mettais dans un état pareil alors qu'elle a sa vie, et qu'elle fait ce qu'elle veut. Mon appartement n'est pas une prison ou je veux l'y enfermer, loin de là.
Mais Andrea, partait aussi souvent sans prévenir le matin, après une nuit torride. Si au début, je me consolais en me disant que j'étais pas mieux, et qu'elle ne me devait rien, à force que le temps passait, j'ai eu de plus en plus de mal avec ses fuites silencieuses et matinales.
A la fin de notre histoire, elle m'a avouée que c'est parce qu'elle étouffait dans mes bras. Et qu'elle voulait s'échapper de cette emprise, parce qu'elle pensait ne pas y survivre.
Putain, que ça m'a fait mal, quand elle m'a avoué ça. J'ai pas compris, toujours pas d'ailleurs. Et c'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, j'ai tellement peur que la femme que j'aime me fui sans explications.
Ouais, vous avez bien entendu.
Promis, j'ai essayé de lutter. Ma rupture avec Andrea m'a laissé trop dans le mal pour que je replonge aussi vite dans une nouvelle histoire. C'est pas pour rien que je me suis autorisé quelques coups d'un soir sans lendemain.
Jusqu'à ce qu'elle débarque dans ma vie. Comme une tornade.
J'ai beau eu passé un peu plus d'un mois sans la voir, juste l'apercevoir devant chez elle quand j'y passais par le plus grand des hasards, ou en entendre parler par Gaétan, son big poto, elle n'a plus jamais quitté mon esprit.
Quand je l'ai interpellée depuis le balcon chez Doum's le soir du 31, alors qu'elle venait de bégère, pour lui souhaiter la bonne année, j'ai compris que j'étais déjà foutu.
Et la revoir, dans l'appartement qu'elle venait visiter, au bout de sa vie, n'a fait que confirmer quelque chose que j'essayais en vain de nier.
Découvrir des bribes de son passé, vif et douloureux, récent et sûrement dur à vivre, ne m'a encore moins aidé à m'en détacher que je ne pensais. Dans un premier temps, je me suis dit qu'il fallait que je la fuie, qu'elle n'allait que m'apporter des emmerdes, à être autant dans le mal. Mais c'était peine perdue. Ça fait grave maso de dire ça, ou grand fou juste bon à être interné dans un HP, mais ses blessures m'ont attiré.
Et cette volonté de les combattre encore plus.
On est trop pareils pour que je la laisse filer. De mon pieu et de ma vie.
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Renaissance
FanfictionDes fois, dans la vie, tout ne se passe pas comme on l'aurait imaginé. Ne le dites pas à Justine, elle risquerait de ne pas vous vouloir que du bien. Elle l'a bien compris, qu'on n'a pas toujours ce qu'on veut. Et vit avec cette foutue idée comme e...
