l'homme aveugle

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Larmes qui pleut, qui tranchent,
Qui égorgent et démembrent...
Larmes de beauté, et louange,
Qui aspirent et s'éventrent...

Cœur qui hache, qui brise,
Qui descend et se meurt...
Cœur aux rêves, passages des abysses,
Qui éclôt et écœure...

Corps aux fissures, aux plaisir,
Aux mots d'amour et folies merveilles...
Corps des démons et désir,
Aux mains avides, aux chaires sensuelles

Œil méprisant, œil des pensées,
Qui abrite, qui crache...
Œil des trous noirs, des parfums noyés,
Qui reçoit, qui mort et s'attache...

C'est le blason des anges, l'âme des mort,
Le feuillet d'une étincelle, l'allumette scintillante...
C'est la symphonie des autres, esprits des corps,
Le ballet d'un con, fumée brûlante...

Un homme pleure, et meurt sans battements,
Caresse du monde sur les routes des bandits...
Un aigle qui rampe, et ciel sanglant,
Prouesse du vent, contre la mélodie...

Et se meurt, l'espoir, douleur au poitrail,
L'aveugle sourit enfin, chapitre quarante huit...
Et le présent écarte l'avenir, arrache les écailles,
L'homme voit enfin, et passe à la suite...

Mesure d'une vie, aurore d'une nuit...
C'est le poids du monde,
L'arrivée d'une bombe...

Marie Berlion
L'homme aveugle

TEXTE - Le vent du printempsDes histoires addictives. Découvrez maintenant