Chapitre 38

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Le lendemain, je passais ma journée au chevet d'Arthur, attendant son réveil. Après s'être évanoui la veille, il n'était pas sorti de l'inconscience. D'après Marie et les médecins qui l'avaient ausculté, sa vie n'était pas en danger. Il avait seulement besoin de récupérer.

Alec rentra en début de soirée, la Reine de la Nouvelle-Orléans l'ayant emmené se balader en ville toute la journée. Je descendis dans le hall d'entrée, guidé par leurs éclats de voix.

— Ah, Corwyn, cher neveu, fit Marie en me voyant descendre les escaliers. Tu m'avais donc caché à quel point ton ami était d'une compagnie agréable !

— Peut-être avais-je peur que tu me le voles, répondis-je avec un sourire en coin.

— Allons, allons. Je te l'emprunte, tout au plus. Je me devais bien de lui montrer ma ville, n'est-ce pas ?

— Tout à fait. Nul autre que toi n'est plus à même de faire visiter la Nouvelle-Orléans, fis-je remarquer..

— Trêve de flatteries, comment va notre jeune Médicis ? demanda ma tante.

— Il dort paisiblement. J'ai veillé sur lui toute la journée mais il n'a montré aucun signe particulier.

— Bon, au moins son état n'empire pas. Il s'en remettra. As-tu pu apprendre des choses quant à nos deux amis vampiriques qui ont pénétré dans la Nécropole ?

— C'est là que ça devient problématique, soupirais-je. D'après les images que j'ai pu récupérer des caméras que nous avions placées, il s'agirait des Jumeaux des Ombres, deux vampires très vieux et très puissants. Et devinez à la botte de qui ils sont ?

— Celle de ce cher Douglas. Fichu Berg, il ne nous laissera donc jamais en paix ! pesta Marie.

— Pour autant, je ne saisis toujours pas ses motivations. Pourquoi voudrait-il envoyer ses hommes dans la Nécropole ?

La mage se tourna vers Alec, silencieux depuis qu'ils étaient rentrés.

— Sans offense à votre égard, messire Loup, certains secrets doivent le rester. Certaines vérités mettent en danger leur possesseur. Cette vérité-ci en fait partie Je vous laisse donc le choix, nous accompagner dans le salon écouter mes révélations, ou retourner faire un tour en ville.

L'Alpha me consulta du regard :

— C'est ton choix, répondis-je à sa question muette.

— Alors je reste. J'aurais fini par te le demander à un moment ou un autre, de toute façon. Je suis trop curieux pour faire comme si de rien n'était, admit-il.

— Très bien, suivez-moi dans ce cas, dit la maîtresse de maison.

Une fois dans le salon, elle ferma soigneusement la porte et traça une rune sur le verrou. Un sort s'activa, probablement une bulle de silence. Nous prîmes place dans les fauteuils tandis que Marie versait trois verres de rhum.

— Sais-tu ce que cache la Nécropole? demanda-t-elle en s'asseyant à son tour, nous tendant nos verres.

— Je sais qu'elle est utilisée pour cacher des armes ou artéfacts dont le monde extérieur doit être préservé, avançai-je.

— C'est son usage le plus courant, c'est vrai. Mais sais-tu pourquoi elle a été créée ?

— Non, admis-je.

— En des temps immémoriaux, des forces de la Nature naquirent les vampires et les faes. Ces premiers nés, ces êtres primordiaux, étaient d'une puissance incroyable. Lorsqu'ils se mirent à fouler cette terre, beaucoup réclamèrent ce qu'ils estimaient être leur dû. La race humaine, encore au début de son évolution, a subi leur faim et leur soif de violence.

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