Chapitre 50

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Et voici le dernier chapitre de Silver Lake. Prenez le temps de l'apprécier !

Shun

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Rapidement, le jour du conseil approcha. Accompagné d'Alec, je m'envolai donc vers la Nouvelle-Orléans, où Marie nous montra la salle qui nous était allouée. Située dans un vieux bâtiment prêt de Jackson Square et de la Cathédrale Saint Louis, la pièce était saturée de magie.

— J'ai installé quelques sorts dernièrement, indiqua Marie. Aucune magie ne peut pénétrer dans cette pièce, et aucune ne peut en sortir. Elle est parfaitement hermétique.
— Je peux le sentir, oui. L'air est encore alourdi par la magie résiduelle.
— Est-ce que tu arrives à voir les runes ?

Je fermai les yeux un instant, avant de les rouvrir, mon acuité magique exacerbée. Peu à peu, les symboles m'apparurent. Des lignes de runes s'entremêlaient pour former un maillage impénétrable d'une complexité rare.

— Oui, répondis-je après un temps. Mais je n'arrive même pas à saisir un motif, les lignes bougent trop.
— Eh bien, il semblerait que tu sois encore plus doué que feu ton père. Malgré la puissance de son art, je doute qu'il ait pu percer ces illusions.
— Alors pourquoi le puis-je ? Je suis loin d'avoir son talent.
— Je l'ignore. Et il était peut-être talentueux, mais tu as toujours eu sensibilité particulière aux runes, qu'il n'a jamais réussi à acquérir. Elles viennent, se révèlent à toi, et ton attraction est assez forte pour les arracher à mon illusion.

Les propos de ma tante me rendirent pensif. L'apprentissage des complexifications m'avait toujours été facile, mais je n'avais jamais eu conscience de la puissance de mon don.

— Est-ce que ça expliquerait le picotement que je ressens quand je suis en contact avec un objet runé ?
— Sûrement, confirma la Reine du Bayou. Les runes réagissent à ton contact, d'où l'aisance que tu as toujours eu à employer des artefacts.
— J'ai hâte de voir ce que ça va donner quand je serai enfin capable de tisser des sorts.
— Tu deviendras un grand tisseur, avec le temps. J'en suis persuadée. Mais l'heure n'est pas aux rêveries. Sais-tu quand nos invités arriveront ?
— Très bientôt, intervint Daniel, qui venait de nous rejoindre.

Je vins étreindre mon ami et second, heureux de le savoir à mes côtés. Il avait gagné la Nouvelle-Orléans il y a quelques semaines, pour apprendre de Marie les sorts nécessaires à la traque des anciens. Excellent professeur, il serait chargé par la suite de partager ses connaissances nouvellement acquises, pour que nous soyons le plus armé possible.

— Les communautés de Khövsgöl et Manitoulin ont toutes deux envoyé un émissaire, et le Magistère de l'Académie de Londres est déjà en ville. Aucun signe de Malek Durril, en revanche.
— Elles ont donc répondu présentes, m'étonnai-je.
— Oui. Je me suis entretenu avec leurs envoyés. Une renarde pour la Mongolie, et un faucon pour le Canada.

Les renards-garous étaient connus pour leur vivacité d'esprit, et la qualité de leur art oratoire. C'étaient des négociateurs nés, à l'inverse des faucons, qui étaient plus discrets, mais extrêmement observateurs.

— Parfait. Cependant, l'absence de Malek m'inquiète un peu. Alec, tu as eu de ses nouvelles ?
— Absolument pas. Mais il nous aurait prévenu s'il avait eu un souci. Il sera là, rassura-t-il.

Je hochai la tête. Il était maintenant temps de nous préparer à les accueillir.

Une grande table ronde avait été installée dans la salle, avant que les différents membres de l'assemblée n'arrivent. Le premier à se présenter fut le Magistère, Rhys Griffin. Ses yeux, d'un bleu profond comme un ciel d'orage, brillaient d'une intelligence évidente, et il exsudait de lui une puissance sourde et maîtrisée. Peu après qu'il fût assis arrivèrent les garous des communautés inter-espèces. La renarde se présenta comme Alaqa Shager, et introduit son homologue canadien, Matthew Davis. Fidèle à ses origines, les yeux de la métamorphe pétillaient de malice, et je sus d'emblée qu'elle ferait une alliée de poids, ou une adversaire redoutable. Quant au faucon, je le sentais attentif à tous les détails, analysant et mémorisant la moindre information. L'un et l'autre étaient de très bons choix pour représenter leur peuple.

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