La veillée s'était éternisée, dans les rires et la bonne humeur, et Alec baillait à s'en décrocher la mâchoire lorsque nous rejoignîmes notre chambre. Après un rapide passage à la salle de bains, il s'effondra sur le lit et soupira bruyamment. Je suivis son exemple, puis vins m'asseoir à ses côtés, et il posa sa tête sur ma cuisse.
— Tu sens bon, souffla-t-il après avoir inspiré profondément.
Sa remarque m'amusa, et le loup se fendit d'un large sourire en m'entendant rire. Un doux silence s'installa ensuite, alors que mes mains caressaient machinalement ses cheveux.
— Est-ce que mes responsabilités te font regretter d'être avec moi ? murmurai-je après un temps.
— Comment ça ? demanda Alec, qui se redressa pour me faire face.
— Eh bien, mon rang entraîne plus de responsabilités que de liberté, regrettai-je. J'ai peur de t'enfermer dedans...
— Ecoute-moi bien, toi. Si je reste avec toi, c'est surtout et avant tout pour qui tu es. Je reste avec toi, car je t'aime, et que mon loup a fait de toi mon compagnon. Je reste avec toi car je ne supporte pas qu'on soit séparés. Je reste...
Je coupai sa logorrhée en l'embrassant, et il se détendit contre moi.
— Pour faire court, je te soutiendrai toujours dans les épreuves, même si je dois te suivre jusqu'au bout du monde pour ça.
— Je vais sûrement être par monts et par vaux dans les temps prochains, cela risque de m'éloigner de la meute, mais je ne veux pas t'infliger ça...
— Je ne pourrai pas venir systématiquement, notamment à cause de mon cabinet, mais je serai souvent avec toi, promit Alec.
— En dépit de la meute ?
— Notre meute est soudée, et Adele sera toujours là pour diriger en mon absence. Eh puis, mieux vaut ça qu'être rongé par l'inquiétude quand tu seras loin de moi, grogna-t-il en me serrant contre lui.
— Je ne suis pas encore parti, souris-je.
— Encore heureux ! Ne pars jamais sans me prévenir...
Ses paroles étaient teintées d'une telle vulnérabilité que mon coeur se gonfla de tendresse.
— Je te le promets, mon loup.
Un grognement de satisfaction très lupin sortit de sa gorge, et Alec nous allongea, avant de me serrer contre lui.
— Dors, mon beau loup. Je serai là à ton réveil, chuchotai-je alors que je le sentais lutter.
Sa respiration se fit rapidement profonde et régulière. Une fois assuré qu'il dormait, je laissai le sommeil étendre ses ailes sur moi.
La sonnerie de mon téléphone me réveilla brusquement, et je l'attrapai à tâtons.
— Lord Alucard, décrochai-je d'une voix endormie.
— Eh bien, quelle façon bien cérémonieuse de saluer sa tante !
Le ton faussement outré de Marie me fit sourire.
— Pardonne-moi, je n'avais pas vu que c'était toi qui appelais. Que me vaut le plaisir ?
— J'ai ouï-dire que le Conseil t'avait chargé de former une assemblée inter-espèces ?
— Les nouvelles vont vite, on dirait.
— As-tu déjà réfléchi où se tiendrait cette réunion ?
— Pas vraiment, admis-je. Je pensais organiser ça à Paris.
— Il n'est pas forcément judicieux de se réunir quelque part où l'un de vous est tout puissant, fit remarquer ma tante.
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Silver Lake
ФэнтезиCorwyn Alucard fuit depuis maintenant trois longues années les vampires à ses trousses. En arrivant à Silver Lake, il ne pensait pas que les évènements prendraient cette tournure. Maintenant, il est presque prisonnier de cette ville et de sa meute d...
