Chapitre 26 : Destiny

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Louisville ~ Décembre 2020

Cora était partie en fin d'après-midi, la veille. Elle m'avait été d'une grande aide. J'avais apprécié sa rapidité face à ma détresse. Je savais que j'avais une alliée dans toute cette folie et cela était plaisant. Il fallait me rendre à l'évidence, j'aurais des hauts et des bas. J'aurais, cependant, une personne à qui me raccrocher, et qui me comprendra, lorsque le besoin se fera ressentir.

Mon questionnement, au sujet d'une éventuelle déception face à l'homme qui m'attendait, était légitime. Je ne savais pas sur quel personnage j'allais tomber. Plus le temps passait, plus je m'interrogeais sur cet homme. La peur qu'il puisse avoir un caractère incompatible au mien me stressait beaucoup. Selon Cora, néanmoins, je n'avais pas à m'angoisser pour cela. Il était celui qu'il me fallait, à tout point de vue. Elle n'avait jamais rencontré de couple, qui avaient vécu notre expérience commune, qui n'était pas heureux de leurs partenaires. J'espérais qu'il en soit de même pour moi.

Je n'avais plus qu'à attendre le prochain voyage, en espérant qu'il soit aussi agréable que le précédent. Avoir affaire à lui alors qu'il était déjà engagé dans une relation était de plus en plus difficile pour les nerfs, même si cela était compréhensible. Nous étions des adultes, bien installés dans la vingtaine. De plus, les époques étaient différentes. James et l'homme égyptien, dont je ne connaissais pas le nom, devaient être marié depuis bien des années avant de me rencontrer. Fosco, quant à lui, était un soldat. Il ne vivait que pour protéger sa patrie. Pour le Viking, je n'en savais rien. Il faut dire que je n'ai même pas cherché à savoir. Sanna l'avait vu et s'était jeter dessus sans raisonnement, poussé par ses instincts. J'avais entrepris quatre traversé pour le moment. Qu'en était-il pour lui ? Avait-il démarré le processus ? Si tel était le cas, cela ne pouvait dire qu'une seule chose, toujours d'après Cora. Il n'était plus très loin. Je l'espérais.

Je m'apprêtais à me rendre dans la salle de bain afin de prendre une douche lorsque la sonnerie du téléphone me prit par surprise, si bien que j'en sursautais. Le numéro qui s'affichait était celui de la maison de mes parents. Je m'empressais donc de répondre.

- Allo ?

- Bonjour, ma chérie, me salua ma mère.

- Bonjour maman.

- Tu vas bien ?

- Oui. Je vais très bien.

- Tu en as l'air. Je m'inquiétais pour toi. Tu avais vraiment l'air de ne pas aller bien la dernière fois.

- C'était seulement un coup de fatigue, maman. Tu t'en fais trop pour moi.

- N'est-ce pas le rôle de toutes les mères ? rigola-t-elle.

- Je suppose, oui, m'amusais-je.

Ma mère avait toujours eu une pétillante personnalité. Elle trouvait constamment le moyen de rire, même lorsque la vie n'avait pas été tendre avec elle. « La thérapie par le rire, ma fille», elle me répondait lorsque je lui demandais comment elle faisait pour garder le sourire en toutes circonstances. J'aurais adoré avoir ce trait de caractère. Malheureusement pour moi, je tiens plus de mon père, qui avait tendance à dramatiser et se laissait envahir par ses émotions, dans toutes les situations difficiles.

- Bon, maintenant que nous nous sommes mise d'accord à ce sujet... je devais t'informer d'une nouvelle.

- Quelle nouvelle ?

- Noël est dans dix jours...

- Oui, je le savais déjà ça, maman, blaguais-je.

- Cesse de m'interrompre, jeune fille, gronda-t-elle dans un sourire.

- Excuse-moi, riais-je.

- Je voulais te dire que nous ne serons pas que trois à table cette année.

- Tu as invité des amis ?

- Oui. Tu te rappelles de Christopher et Theresa ?

- Oui. Le couple que vous aviez rencontré au club de lecture.

- Exactement. Nous les avions invité pour Noël depuis un petit moment mais ils n'étaient pas sûrs de pouvoir venir. Ils hésitaient à rendre visite à leur fils, qui vivait à Phoenix.

- Ils ont changé d'avis ?

- Figures-toi que leur fils vient de débarquer en ville. Il s'est séparé de sa compagne et à décider de revenir vivre à Louisville.

- Nous serons six alors ?

- C'est ça. Nous avions envie de nous retrouver pour le réveillon. Ça fait un moment que nous nous étions pas vu.

- Tu n'as pas à te justifier, maman. J'aime bien Theresa et Chris. Ce sont de très gentilles personnes et je suis contente de les revoir.

Elle soupira de soulagement, me semblait-il.

- Je suis rassurée. Comme tu n'avais pas l'air bien, ces derniers temps, j'avais peur que tu refuses de voir du monde.

- Tu t'es trompé. Je suis ravie de partager notre table avec eux.

- Très bien. Je suis contente.

- Il faut que je te laisse, maman. Je m'apprêtais à prendre une douche avant que tu ne m'appelles.

- Oh. D'accord. Je te laisse alors. Je t'aime, ma puce. À bientôt.

- Je vous aime aussi. Embrasse papa pour moi. Au revoir.

Je déposais le téléphone sur le buffet, qui prônait contre le mur de l'entrée de ma chambre. J'étais ravi de l'annonce. Chris et Theresa étaient des gens très dynamique et positif. Je les appréciais beaucoup. Ils mettraient de l'ambiance au dîner, tout autant que mes parents. Je n'étais pas très exubérante, aussi ils ne seraient pas de trop pour suivre les clowneries de mes parents.

Il allait falloir que je m'investisse plus en avant dans la recherche de cadeaux, ayant complètement oublié les fêtes de Noël. C'était dans cette optique-là que je me pressais à la douche afin de me ruer dans les magasins, ignorant encore ce que j'allais leur offrir à tous les cinq, connaissant que la moitié des invités.

The quest for DestinyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant