Paris ~ Juillet 1793
Les discussions matinales de mes parents avaient été remplacer par des cris de foule. Certains étaient joyeux, presque festifs, là où d'autres étaient hargneux, emplie de colère. Avant même d'ouvrir les yeux, je savais, donc, que je n'étais absolument plus dans la cuisine de la maison familiale.
J'étais entourée d'une horde de partisan. Les gens qui se pressaient autour de moi, bousculaient femmes et enfants pour assister au macabre spectacle. Tous étaient extatiques par ce qui s'apprêtait à se passer. Je ne savais pas ce que je venais faire dans cette histoire. Une chose était sûre, j'étais moi-même de la partie. Une effervescente excitation grimpa en flèche en moi. Je n'attendais qu'une chose, voir ce mécréant poser sa tête sur la guillotine. Je ne parvenais pas à croire que j'étais entrain de vivre l'une des plus grandes victoires du peuple Français. La Révolution Française était une période de l'histoire de ce pays tellement fascinante. Un peuple entier se soulevant contre la monarchie.
Ici, à cet instant, avait lieu une énième décapitation pour traîtrise. Les petites gens ne voulaient en aucun cas rater leur exploit de punir les ennemies de la révolution.
Le sournois monta, enfin, sur l'échafaud sous les hurlements de haine. Je me sentais partagé face à l'action qui allait se dérouler sous mes yeux. J'attendais cela avec une impatience non dissimulée mais une partie de moi, qui appartenait à ma personne, voulait détourner le regard. Je ne voulais pas expérimenter la vision d'un homme mourant de façon aussi barbare. Je supposais que la part en moi qui désirer cette exécution était celle d'un certain Henry Soyer.
Si j'étais obligé de vivre la vie de ces personnes, que je semblais habiter, j'aurais préféré retourner vivre dans les années quatre-vingt, au lieu de tomber au moment le plus sanglant de l'histoire Française. Avais-je les épaules pour regarder un tel spectacle sans en être traumatisé à vie ?
Force était de constater que je réussissais à contrôler un minimum mon envie car lorsque la lame se dirigea rapidement vers la nuque du traître, je parvins à baisser la tête au dernier moment, les mains tremblantes. Non, je ne pouvais pas m'infliger cette image qui se serait imprimer de façon indélébile dans mon esprit.
Tous hurlèrent leurs joies lorsque cela fut fait. Quant à moi, je ressentis de l'irritation d'avoir manqué le spectacle. Cela ne venait pas de moi mais de lui. Il fallait que je me fasse une raison. J'étais réellement entrain de faire des bonds dans le temps mais dans quel but ?
Après réflexion, j'étais parvenus à me convaincre que je m'étais évanouie lorsque je m'étais retrouvé dans ce taxi New-Yorkais. De toute évidence, il était inutile de chercher des explications plausibles et laisser mes croyances prendre le dessus. Dieu voulait m'envoyer un message en m'envoyant à ces époques. D'autant plus que Tom avait réellement existé et me ressemblait trait pour trait. L'idée de trouver un miroir me fit sortir de la foule étouffante et laisser l'esprit d'Henry Soyer me guider à travers les rues joncher de cadavres, pour certaines.
- Quelle horreur, murmurais-je en détournant le regard.
Au loin, je vis la vitrine d'un commerce. Je m'y précipitais, impatient de tester ma théorie. Cela pouvait sembler fou, mais je pourrais jurer que je revivais, à travers des corps différents, mes vies passés.
Prudemment, je me plaçais devant l'échoppe et relevais doucement les yeux. Le reflet qui me faisait face était le même que je pouvais apercevoir tous les matins devant mon miroir, les cheveux plus longs et ébouriffer. Cela confirmait mes soupçons. J'étais entrain de visiter mes vies antérieures. La réincarnation était réelle. C'était fou.
- Va brûler en enfer, le traître, hurla une voix grave sur ma gauche, dans un rire gras accompagner par d'autres.
- Ce soir, ce sera le tour de la petite bourgeoise qui a assassiné notre porte-parole, se réjouit le deuxième.
- C'est vrai et j'attends celui-ci avec plus d'impatience. Selon ses dires, elle aurait fait cela pour le peuple Français et se revendiquerait révolutionnaire. Foutaise ! gronda le premier.
Il était vrai qu'il devait y avoir une nouvelle condamnation, plus tard dans la journée. Une demoiselle de petite noblesse qui avait tué de ses mains un homme influent dans notre bataille contre la monarchie. Henry attendait cela avec impatience également.
J'avais grandis à une époque où les choses étaient mieux gérer et avec beaucoup moins de barbarie. Je ne pouvais pas juger le mode de fonctionnement de ces anarchistes mais je ne pouvais pas permettre à Henry de me faire vivre cela. C'était trop insoutenable pour moi. Je n'avais pus m'y confronter avec un homme et encore moins lorsqu'il s'agissait d'une femme.
- Henry, m'interpella un homme.
C'était son frère de cinq ans plus jeune que lui. Jean était un homme impétueux, combatif et joyeux, là où Henry était calme, militant et sérieux. Ils étaient, malgré cela, des comparses inséparables.
- As-tu vu sa tête tomber de ses épaules ? C'était épique, riait-il.
- Oui mais j'ai du travail à présent, mentis-je.
- Oh allez, soit moins responsable pour une fois et viens fêter l'événement avec nous. Paul est ami avec un garde et nous propose d'aller nous amuser à faire peur à la bourgeoise avant son exécution.
- J'ai du travail, Jean. Un travail qui nous nourris, lui rappelais-je.
- Tu ne peux pas rater pareille occasion, insista-t-il.
Il était vrai que cela était une occasion en or et Henry avait envie d'aller asticoter cette femme mais je ne pouvais le cautionner. C'était inhumain. Il dut voir ma réticence et le peu de mon humanité que j'arrivais à ressentir malgré la haine d'Henry.
- Tu pourras surveiller à ce que nous l'abîmions pas trop, tenta-t-il.
Plus il insistait, plus l'envie urgente de mon autre moi prenait le pas. C'était alors dans un soupir que j'acceptais de le suivre en espérant prendre le pas s'il allait trop loin avec elle.
Je me traînais à sa suite alors qu'il avait déjà atteint un petit groupe d'hommes qui n'attendait que nous.
- C'est parti pour la chasse à la sorcière, se marra l'ami de Jean, Thierry.
Je sentais, au plus profond de moi, que j'allais regretter d'avoir accepté mais il était trop tard. La psychose était partout en ces temps, dans cette ville. Ils pourraient penser que j'étais du côté des traîtres et que je leur avais tourné le dos si je décidais de changer d'avis. À contrecœur, je pris le même chemin qu'eux et adviennent que pourra.
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The quest for Destiny
RomanceDestiny avait le coeur sur la main. Elle vivait uniquement pour venir en aide aux autres. Ainsi, elle s'était choisi un métier en conséquence. Elle était infirmière hospitalière et aimait cela malgré les hauts et les bas qui allaient de pair avec ce...
