Louisville~ Décembre 2020
J'avaislonguement discuté avec mes parents de leur rencontre, de leur vieensemble et de ma situation. Ils étaient heureux pour moi, sicontents qu'ils n'en décrochaient plus leurs sourirespermanents. Ils savaient ce qui m'attendait alors que, malgréleurs explications, je restais tout de même dans le flou. Je mesentais un peu perdu pour dire vrai. Pourquoi offrir un tel cadeau àcertains et pas à d'autres ? Lorsque j'en avais parlé à monpère, il m'avait fait part d'une de ces théories farfelues maisobjectivement possibles. Il pensait que l'être qui avait frôléla mort, n'était pas destinée à mourir à ce moment-là. Ildisait que cette personne se trouvait au mauvais endroits, au mauvaismoment. Aussi, la chance lui était accorder de réparer l'erreurdu destin par un cadeau inestimable. L'amour car rien n'a plusd'importance que l'être aimé. Ainsi, cette femme avait subil'horreur et la terreur de voir la mort en face pour mieux êtredédommagé en m'envoyant à elle.
Celafaisait sens mais rester tirer par les cheveux.
J'espéraisqu'elle n'est eu aucune séquelle de ce tragique événement caren dépit de son anonymat, je souhaitais ardemment qu'elle soitheureuse, autant que je l'étais à l'idée de la rencontrer. Jene pouvais m'empêcher de me demander comment elle prenait sesbonds dans le temps. Les acceptait-elle ? ou les rejetait-elle ? Ensouffrait-elle ?
Cesquestions tourbillonnaient constamment dans ma tête. J'avais uneidée de la femme qui m'attendait quelque part. Il ne pouvaits'agir que de la fille du couple d'amis à mes parents. Nousallions nous rencontrer dans deux jours, le jour de Noël. Un jourspécial pour une rencontre spéciale.
Enattendant que ce moment arrive, je m'étais employé à ma nouvellevie. J'avais commencé mes recherches afin de baser mon cabinet iciet trouver en plein centre-ville. Après une visite détaillée deslocaux, j'avais signé pour l'achat dans l'espoir de me fairerapidement un nom dans cette ville. Je comptais démarrer monactivité le plus vite possible après les fêtes de Noël. J'avaiscette idée depuis tellement longtemps que tout était prédéfinidans mon esprit. Tout cela n'avait été que des rêves jusqu'àprésent. Voir tout cela se réaliser était si libérateur que je neparvenais pas à descendre de mon nuage. J'étais heureux. J'allaistravailler dans la ville natale et j'allais y vivre avec la femmede ma vie. Je touchais le bonheur du bout des doigts. Mon avenirs'annonçait merveilleux. Je me sentais en confiance face àcelui-ci. Il me suffisait de me montrer patient.
Durantces derniers jours, je n'avais pas chômer pour trouver unappartement, également. Je ne pouvais décemment pas rester troplongtemps chez mes parents, pour plusieurs raisons. J'étais unhomme adulte qui avait besoin de son chez soi. Ma chambred'adolescent était très bien mais je ressentais le besoin d'avoirun endroit à moi. De plus, revivre avec mes parents m'avaitrappelé pourquoi j'avais eu besoin de m'éloigner pour mesétudes. Ils étaient extrêmement gentils, ils étaient d'excellentparents, mais ils étaient si amoureux qu'il en devenait gênant dese retrouver dans la même pièce qu'eux par moments. Pour un jeuneadulte, voir ses parents toujours prêts à se sauter dessus étaitparfaitement traumatisant. Je pouvais affirmer que ce sentiment étaitresté inchangé. Je préférais rester aveugle à leur vie sexuelle.
Lematin même, j'avais visité plusieurs appartements en location.Deux avaient retenus mon attention. Mon choix final s'était arrêtésur un appartement, dans un quartier calme, dans une résidenceprivée, composer de deux chambres, une cuisine moderne, un salonspacieux et une grande salle de bain. La résidence disposait d'unepiscine privée et d'une salle de sport réservé aux résidents.Il était parfait pour démarrer une nouvelle vie.
J'avaisprévu de passer le lendemain dans les magasins d'ameublement,ayant tout laissé à Phoenix. Je n'avais emporté que mesvêtements et mes dossiers professionnels. Simon avait récupéré lereste et avait prévu de me les ramener lorsqu'il viendrait merendre visite. J'avais dans l'espoir de le convaincre queLouisville était une ville qui lui apporterait bien plus quePhoenix. Il était mon meilleur ami et ma vie ici ne serait pas lamême sans lui à mes côtés. Il était la petite touche de foliequi rendait ma vie plus amusante. Jamais de mauvaise humeur, ilprenait tout à la rigolade, excepté lorsqu'il fallait se montrersérieux, notamment dans son travail.
Unevie près de mes parents, de mon meilleur ami et de la jeune femmedont j'allais faire la connaissance, serait tout simplementparfaite.
Aprèsavoir récupéré officiellement les clés de mon nouveau logement,je m'arrêtais à un Starbuck, ressentant le besoin de caféine. Jeme mis dans la file d'attente en consultant mon téléphoneportable et constatais que Bri m'avait, encore une fois, harcelerd'appel et de messages. Elle ne réclamait pas mon retour, du moinspas tout le temps, elle voulait surtout que je lui envoie del'argent. Elle se retrouvait sans rien, ne travaillant pas,seulement je savais qu'elle ne l'utiliserait pas pour payer leloyer ou les factures. Sur la plupart de ses messages audio, elleétait soûle et me suppliait de l'aider ou m'insultait d'êtreun lâche qui l'avait abandonné. Je n'allais certainement pasfinancer ses additions après l'avoir quitté pour ces mêmesraisons. Il lui fallait trouver le moteur de sa guérison et cen'était pas en lui livrant sur un plateau l'alcool qu'elledemandait que je l'aiderais, aussi, je ne répondais pas à sesappels au secours. Il lui fallait grandir et se faire aider par desprofessionnels.
Unefemme, aux cheveux courts et violets, courut hors du café en passantprès de moi, me bousculant presque. Elle sortit précipitamment.
-Destiny,cria-t-elle.
Cenom se rappela à moi et je tournais brusquement la tête vers lafemme qui courait toujours, de l'autre côté de la rue. Une massede cheveux noirs, virevoltant au gré du vent, entrait dans unimmeuble. Elle était petite et menue. Ses cheveux tombaient encascade jusqu'au creux de ses reins.Je ne pus voir son visage avantque le porte ne se referme sur elle. La femme qui lui courait aprèss'engouffra à son tour dans l'immeuble et elles disparurent dansles tréfonds de celui-ci.
Moncœur battait si fort. L'envie de me lancer à sa poursuite mepressait à sortir de la salle bondée. Pourtant, je n'en fis riencar j'avais eu la certitude que c'était elle. La Destiny quiserait autour de la même table que moi, le soir de Noël. Mesconvictions étaient bonnes. Ma mère l'avait tellement décriteque je savais ne pas me tromper sur la personne. Ce prénom original.Ses longs cheveux noir de jais. Cette petite silhouette. Je mel'étais tant représenté et elle était à première vue tout ceque j'avais imaginé. Je n'attendais plus qu'une chose...Plongé mes yeux dans le bleu hivernal de ses magnifiques prunelles.
Enattendant, je devrais, vraisemblablement, me contentait de ce quenous avions été dans nos vies passées. À chaque voyage, il yavait son déclenchement. Aujourd'hui, elle était celui-ci. Jefermais les yeux en priant pour que ce soit le dernier avant le débutde notre vie.
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The quest for Destiny
RomanceDestiny avait le coeur sur la main. Elle vivait uniquement pour venir en aide aux autres. Ainsi, elle s'était choisi un métier en conséquence. Elle était infirmière hospitalière et aimait cela malgré les hauts et les bas qui allaient de pair avec ce...
