Vienne~ Janvier 1944
J'enfus abasourdie. Elle était la première à dire tout haut, sansciller, qu'elle venait de rencontrer son âme-sœur. Cettecharlotte était incroyable de lucidité. Elle ne faisait pas dans lefaux-semblant. Cela était agréable à vivre.
-Que dites-vous ? êtes-vous devenue folle, mon enfant ?
-Pas du tout, mère. J'ai les yeux grands ouverts, voilà tout.
Quellepersonnalité impressionnante. Elle était incroyable.
-Passons. Que vais-je faire ? Quelle sera ma tâche ?
Samère soupira d'exaspération.
-Tu n'abandonneras pas, n'est-ce pas .
-Il n'y a aucune chance.
-Bien. Restez ici. Préparez des sandwichs qu'ils pourront emporteravec eux.
-Voilà à ce quoi se résume mon travail ?
-Si cela ne vous convient pas, vous pouvez toujours rentrer à lamaison.
-Je suis sûr que je peux vous être utile pour bien plus que mettredes condiments entre deux tranches de pain, s'agaça-t-elle.
-Il est hors de question que je mette ta vie en danger, Charlotte,s'énerva sa mère, au point de la tutoyer.
-C'est mon choix.
-Mais ma responsabilité.
Elless'affrontèrent longuement du regard avant que Ambrose, son frèremit fin à leur comportement.
-Suffit. Vous êtes impossible toutes les deux. Toi, écoute notremère, enfin, s'exaspéra-t-il en nous regardant. Quant à vous,mère, laissez-la nous aider. De toute manière, elle n'en feraqu'à sa tête.
-Très bien, céda sa mère. Tu viendras avec nous et tu distrairasles soldats que nous pourrions rencontrer en chemin vu que tu arrivesà les charmer d'un sourire.
Unsourire de vainqueur naquit sur son visage, mangeant le bas decelui-ci.
-Parfait. Je peux le faire et ne vous en faites pas, mère, il nem'arrivera rien.
Lesyeux emplis d'inquiétudes, elle se retourna en reniflant.
-Je vais prier pour cela mais si tout se passe comme prévu, sache quece sera la seule fois où vous agirez.
-Nous n'y sommes pas encore. Sauvons ces gens et nous enreparlerons, brava-t-elle l'autorité de sa mère en l'enlaçantpar-derrière. Je vous aime, maman.
Lefemme se retourna et la prit dans ses bras à son tour alors queCharlotte planta ses yeux vers le passage qu'avait pris l'homme,le cœur battant comme un fou de savoir qu'il allait disparaître àpeine rencontrer. Que devais-je apprendre de cette rencontre ?
Celaprit sens lorsque je rassemblais l'histoire dans ma tête. Jedevais savoir que j'étais prête à l'abandonner s'il envenait de sa vie malgré la douleur que cela me procurerait. Oui, jepourrais le faire tout en sachant que je ne serais plus capable lesimple fait de respirer. Charlotte en faisait l'expérience. Ellesouffrait.
Jevivrais mais qu'à moitié comme Grace, Carolina,Ankhti ouCharlotte. Qu'il était cruel pour ces femmes de le voir, de luiparler sans jamais pouvoir l'avoir à elles. Il resteraitinatteignable pour elles.
Charlotteprit la direction de la grande table pour s'affairer à sa premièretache. Confectionner des rations pour les hommes et femmes quifuiraient cette nuit.
Lorsquecela fut fait, Carlotta lança l'appel indiquant le départ. Leplan était de conduire ces personnes à travers la forêt, par unpassage cacher de tous, derrière le hangar, afin de leur fairetraverser la frontière qui séparait l'Autriche et la Suisse, quiétait un pays neutre dans cette guerre ignoble.
Legroupe entouré les fugitifs en sortant par la porte arrière, aprèsavoir sécurisé la zone. Les arbres majestueux se trouvaient nonloin mais cela restait dangereux. Les soldats nazis étaient connuspour être vicieux et très discrets lorsqu'il le fallait. Ilspouvaient nous prendre à revers. Nous avions tous les yeux partout,presque paranoïaques d'une éventuelle embuscade.
Lorsquenous franchissions, enfin, l'orée de la forêt, nous soupirions desoulagement. Nous avions franchi une étape mais bien d'autres nousattendaient. Dix kilomètres étaient devant nous pour atteindre leprochain passage à risque. Pour le moment, il nous fallait seulementnous montrait silencieux et nous enfoncer des les fourrer, à l'abrides regards indiscrets, en priant pour ne pas être pris sur le faitmalgré nos précautions.
Ilfaisait si froid que nos haleines faisaient de la fumée. Mesextrémités étaient douloureuses. Cela ne me faisait que prendreconscience de ce que vivaient les personnes enfermés dans les campsde concentration. J'avais bien entendu parler les soldats de cescamps inhumains. D'après leur dire, ils vivaient tous entasser lesuns sur les autres, dans le froid et la faim. Ils étaient obligésde travailler de longues heures sans rien dans l'estomac, si bienqu'ils s'en affaiblissaient. Lorsqu'ils n'étaient plus bonsà rien, il ne leur restait plus qu'une option. Les chambres àgaz.
Commentde tels monstres pouvaient vivre aussi impunément ?
Unchemin de terre, éclairer par la lune, apparut devant nos yeux, àcinq cents mètres de là. Malheureusement trois gardes obstruaientle passage, mettant en péril notre mission. Depuis le début duvoyage, Charlotte avait tout fait pour ne pas tourner son regard surl'homme mais en fut incapable à cet instant. Son coeur battait sifort. Elle n'était pas en mesure de le laisser se faire prendre.Il fallait qu'il s'en sorte et qu'il est une vie heureuse mêmesi c'était auprès d'une autre. Aussi, sa détermination se fitplus forte de seconde en seconde, les yeux plongés dans les siens.Elle lui offrit un dernier sourire triste, accabler de chagrin et seretourna pour poursuivre son chemin sous les chuchotements alerté desa famille qui la priait de ne pas commettre cette folie. Elle n'enavait cure. Elle sortit du sentier et se montra au soldat, grelotantde froid.
-Messieurs, je vous en prie... aidez-moi..
Leshommes braquèrent leurs armes sur elle alors qu'elle tendait sacarte d'identification qui prouvait qu'elle n'était pas juive.Le soldat à sa droite attrapa le document et le braqua de sa lampede torche
-Autrichienne.
Ilsbaissèrent leurs armes et s'avancèrent vers elle.
-Que vous est-il arrivé, ma jolie ?
-Je me suis perdue. Je suis partie à la recherche de champignon enfin d'après-midi pour ma mère et je n'ai pas retrouvé monchemin. Cela fait des heures que je tourne en rond. Aidez-moi, s'ilvous plaît. J'ai si froid.
Unautre soldat retira sa veste et la posa sur ses épaules enl'entraînant en direction de son véhicule.
-Nous allons vous reconduire en ville, mademoiselle, ne vous inquiétezpas.
Undernier regard en direction de la forêt obscure nous apprit qu'ilsétaient invisibles à nos regards, ce qui nous rassura. Une foismonter dans la voiture militaire, Charlotte posa sa main sur lavitre, le regard tourner vers l'extérieur en priant pour qu'ils'en sorte, pour qu'ils s'en sortent tous.
Toutétait trouble, soudainement. Il était temps pour moi de laisserCharlotte poursuivre sa vie et retourner à la mienne. Je fermais lesyeux.
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The quest for Destiny
RomantizmDestiny avait le coeur sur la main. Elle vivait uniquement pour venir en aide aux autres. Ainsi, elle s'était choisi un métier en conséquence. Elle était infirmière hospitalière et aimait cela malgré les hauts et les bas qui allaient de pair avec ce...
