Chapitre 43 : Destiny

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Louisville ~ Le réveillon

Je me sentais nerveuse. Plus angoissée que jamais. Nous étions arrivés au jour fatidique. Le jour, qui selon Brooke, serait le jour de ma rencontre avec l'homme. Je n'avais plus voyagé depuis Vienne et le regrettais un peu. J'aurais préféré que, ce que je supposais, être mon dernier voyage se termine de façon plus joyeuse. J'avais, bien entendu, fait des recherches sur une certaine milice destinée à venir au secours de certains Juifs dans les années mille neuf cent quarante-quatre en Autriche et plus précisément à Vienne. Je n'avais malheureusement trouvé qu'un petit article parlant de cette affaire, datant de l'après-guerre. Aucun nom n'était donné, je savais alors qu'il me serait difficile de trouver des renseignements sur l'homme. J'avais alors décidé d'essayer d'oublier cette histoire. Il ne fallait pas que ma capacité à revivre mes vies antérieures m'empêche de voir le présent et l'avenir. L'homme ne m'était pas destiné à moi mais à Charlotte. De plus, je ne pouvais rien faire pour lui car si l'homme qui m'arrivait vivait, cela ne voulait que dire que lui était décédé.

Je venais de rentrer à la maison après une longue journée à l'hôpital. J'avais décidé de faire plus d'heures, ces derniers temps afin de m'éviter de réfléchir car cette rencontre me stressait horriblement. J'étais heureuse de pouvoir enfin revoir ce visage, si familier à présent. Néanmoins, cela me faisait peur. Cora pensait qu'il était fait pour moi, qu'il serait ce que j'attends de ma moitié mais s'il rejetait ce lien qui nous unirait. S'il n'était favorable à une relation sérieuse. S'il était en colère d'avoir dû vivre toutes ces péripéties. L'inconnu pouvait être terrifiant mais, néanmoins, exaltant.

Je n'avais que deux petites heures devant moi avant de devoir me retrouver devant la porte du pavillon de mes parents et mon cœur faisant des siennes en me faisant hyper ventiler. Il fallait que je me calme et que je cesse de réfléchir. D'après tout ce que j'avais vécu et mes soupçons quant à son identité, ce soir serait la plus belle nuit de toute ma vie.

Je pris le temps, alors, de m'asseoir sur mon canapé et prendre de profondes inspirations jusqu'à ce que mes mains cessent leurs tremblements.

Après un bon quart d'heure de relaxation intensive, je me relevais doucement en tentant de garder à l'esprit qu'il ne s'agissait pas là de me mener à l'échafaud. C'était un simple réveillon, du moins c'était ce que je me martelais afin de ne pas vriller une nouvelle fois. En soi, j'allais passer une soirée merveilleuse, entourée de personnes qui m'était cher et d'un homme qui allait, peut-être, bouleverser ma vie à jamais, alors pourquoi étais-je aussi nerveuse ?

Je fixais, immobile, mon dressing ouvert, scannant celui-ci, à la recherche de la tenue qui serait propice à ce genre d'événement. Quelle robe devais-je mettre ? Est-ce que la robe bleu roi plairait à l'homme ? Ou bien, devais-je mettre la robe à corset blanc ?

Des questions purement féminines me torturèrent ainsi durant plusieurs minutes avant de prendre conscience à quel point je me trouvais idiote d'en faire autant d'histoires. Ce n'était qu'un vêtement. S'il était celui qu'il devait être, il se ficherait de ma robe, mes chaussures ou bien ma façon de me coiffer. De plus, il fallait se sentir bien dans ses vêtements pour dégager de la confiance en soi. J'attrapais alors ma robe à corset, que j'aimais particulièrement. Elle possédait de longs jupons lourds, rappelant les robes d'antan. Cette robe était idéale pour une soirée qui virera certainement au romantisme.

Je filais dans la salle de bain et pris une douche rapide puis je séchais mes longs cheveux au sèche-cheveux devant mon miroir avant de m'habiller en resserrant les lacets, qui se trouvaient à l'avant du corset. Compresser dedans, ma poitrine fut mise en valeur. Les jupons tombèrent jusqu'à mes chevilles de manière irrégulière. Je me reculais et fis face à mon reflet. J'avais réellement l'impression d'être retourné dans le corps de Sanna, en plus bohème, moins guerrière. Mes cheveux couraient le long de mon dos pour venir terminer leurs courses le long de mes fesses. Ébouriffer, j'avais l'allure d'une sauvageonne. Cela me plaisait beaucoup. J'avais pris l'habitude de les garder nouer sur le crâne pour le bien de mon confort lorsque je travaillais, aussi j'appréciais leur longueur dès que la situation s'y prêtait. Satisfaite, j'ouvrais le tiroir du meuble, derrière moi, et en sortis ma trousse de maquillage. Je ne voulais pas trop en faire. Je voulais pas devenir quelqu'un d'autre. Je voulais qu'il découvre là véritable moi, aussi j'optais pour un maquillage naturel, me contentant de mettre une crème hydratante sur mon visage puis une légère poudre pour unifier mon teint. J'ajoutais également une touche de mascara afin d'agrandir mes yeux. Cela fait, je pris la direction de ma chambre afin d'enfiler mes chaussures. Lorsque les rubans furent attacher sur tout le pourtour de mes mollets, je me levais de mon lit en prenant une grande inspiration. Il était temps d'y aller. Mon coeur battait fort et vite. Mes joues se teintèrent d'un léger rose à l'idée d'être arrivé à ce moment qui m'attendait depuis un peu plus d'un mois. Malgré ma nervosité, j'étais impatiente de voir ce qui allait arriver. Il était possible que Brooke et moi ayons tout faux sur la personne. Dans ce cas-là, je me trouverais stupide de m'avoir mise dans tous mes états mais j'espérais tout de même que cela ne soit pas le cas. Les voyages s'étaient considérablement espacé et l'homme me manquait tant que je ne parvenais plus à vivre complètement. Il occupait toutes mes pensées. Son souvenir était constamment présent. J'avais de plus en plus de mal à gérer ces séparations. J'avais toujours besoin de plus de temps. J'en arrivais à prier pour rester coincé dans le corps que j'occupais et de préférence celui de Sanna... la seule qui avait eu la chance de vivre un rapprochement avec l'homme.

Ressentirais-je la même folle passion dévastatrice que l'époque de celle-ci lorsqu'il sera face à moi ?

Il fallait que ce soit lui ou bien j'allais devenir folle.

J'attrapais les clés de ma voiture et déverrouiller ma porte d'entrer quand mon téléphone portable sonna dans mon sac fait de dentelle. Je plongeais ma main dedans et le pris. Brooke. Je soupirais en décrochant.

- Que se passe-t-il Brooke ?

- Je venais t'insuffler un peu de courage parce que te connaissant, tu as fait, au moins, deux crises d'angoisse en moins d'une heure.

Je feintais un rire sarcastique.

- Très drôle...

- J'ai vu juste alors, s'écria-t-elle, conquérante.

- Bien sûr que je suis stressée... Et si, on se tromper sur la personne...

- C'est une possibilité mais j'en doute. Mon instinct me dit que c'est lui, Destiny. Qu'est-ce que tu portes ?

- Ma robe à corset.

- Parfait. Tu as l'air d'une femme d'un roman à l'eau de rose dedans. Dommage que tes parents n'est pas une grange emplie de foin, rigola-t-elle.

- Tu es bien en forme à ce que je vois.

- Comme toujours, ma jolie.

- Il faut que je te laisse, Brooke. Je suis déjà en retard et je monte en voiture, la prévins-je lorsque je fus près de ma voiture.

- D'accord mais appel-moi demain et raconte-moi tout.

- Bien miss-tu-n'auras-pas-de-vie-privée.

Elle éclata de rire m'entraînant avec elle puis je raccrochais. Grâce à son appel, j'étais parvenus à me détendre suffisamment pour prendre le volant avec plus de sérénité.

J'étais prête. Je n'avais, jusqu'ici, pu avoir qu'une esquisse de l'homme. Ce soir, tout allait changer. J'allais pouvoir partager toute une vie avec lui, sans interruption. Cela était tout ce que je demandais.

J'expirais par le nez, un petit sourire aux lèvres.

- C'est parti !

The quest for DestinyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant