Young, wild and free

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— Vous avez fait quoi ?

— On a couché ensemble, je répète.

Lydia me fixe, les yeux écarquillés et la bouche béante. Je crois qu'elle ne s'attendait pas à ça lorsque je lui ai envoyé un message pour que l'on se voit. Elle se redresse sur son lit et ne dit rien pendant un instant. Cela ne dure que quelques secondes, pourtant j'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Je ne comprends pas pourquoi mon cœur bat aussi fort, je crois que je redoutais sa réaction. Mais à ma grande surprise, la brune laisse échapper un sourire rieur.

— Mais, quand est-ce que vous êtes partis ? Ne me dis pas que vous avez fait ça à Brighton Street.

Rien que d'y penser, cette idée me file la chair de poule. Ma grimace de dégoût, parle pour moi.

— Bien sûr que non. On est rentrés. Pourquoi est-ce que tu me regardes de cette manière ? demandé-je en faisant tourner le fauteuil de bureau sur lequel je suis installée.

— Bah, raconte-moi. Je veux tout savoir.

Mon amie, se réinstalle confortablement dans son lit et attend avec une impatience non dissimulée que je débute mon récit. Je ris, amusée par son attitude et me lance. Je racontais bien mes aventures à Ayden, je peux bien le faire aussi avec Lydie.

Je traverse la piste de danse et évite de justesse un couple en train de se bécoter. Mon déguisement me colle à la peau, il fait une de ces chaleurs ici ! Je cherche la cuisine et me précipite vers les boissons. J'avale un grand verre de soda puis un verre d'alcool. Ma tête commence à tourner, peu importe, je ravale une gorgée. Le liquide me brûle la gorge, je fais la moue. Attrape une poignée de bonbons et les dévore en cherchant la sortie. Je trouve enfin la baie vitrée mais je mets un temps considérable à l'ouvrir. Je crois que j'ai bu bien plus que je ne le pensais. A tâtons, les jambes un peu flageolantes, j'entreprends de descendre les escaliers pour rejoindre la pelouse.

Le vent soulève mes cheveux emmêlés. Je me sens vivante, et libre. Je ne sais pas vraiment si cette sensation est réellement due au froid, ou si elle n'est que le lamentable résultat des nombreux cocktails ingurgités ce soir. Je glisse alors que j'arrive sur la dernière marche et suis rattrapée de justesse par des bras musclés. Je lève la tête pour observer mon sauveur mais mon excitation retombe lorsque mes yeux croisent ceux de Raphaël. Il a l'air énervé, ce qui ne change pas vraiment de d'habitude, il faut bien l'avouer. Je n'ai pas encore saisi pourquoi il me déteste tant. Je ne me souviens pas avoir fait quoi que ce soit qui pourrait justifier un tel mépris. Je vois bien comment il agit avec nos amis, il plaisante, sourit et fait des blagues à tout va. Moi, je n'ai droit qu'aux remarques piquantes et aux critiques averties. Ça me fout les nerfs en pelote !

— Tu pourrais pas faire attention, me réprimande le brun.

Et c'est reparti ! Je me détache violemment de sa poigne et le fusille du regard, du moins j'essaie. Dans la nuit noire, viser ses yeux n'est, en réalité, pas aussi simple que l'on peut le croire.

— Tu devrais arrêter de boire, Elena.

Je frissonne à l'entente de mon prénom. Et encore une fois, je suis incapable de dire ce qui en est l'origine.

— Et toi tu devrais te mêler de ton cul, Raphaël ! vociféré-je d'un ton acerbe.

Puis je le plante là.

Au fond du jardin, je repère Ana et Jordan qui discutent avec Marco. Je m'avance vers eux et vérifie qu'il s'agit bien de mes amis, manquerait plus que je me ridiculise ! Le jumeau de Samy est le premier à me voir. Instantanément, un grand sourire vient éclairer son visage. Mon attention se concentre sur la fossette qui creuse sa joue droite, mes yeux ne peuvent pas s'en détacher.

AdrénalineDes histoires addictives. Découvrez maintenant