— Alan ! Est-ce que tu peux venir par-là, deux minutes ?
Je relève le visage et croise le regard interrogateur de mon père à l'instant où nous entendons la requête de ma belle-mère depuis l'entrée. Je fronce les sourcils et adresse un haussement d'épaules avant de replonger dans ma dissertation d'histoire.
Sans attendre, mon père abandonne sur place les plans sur lesquels il travaille – une baraque énorme pour un couple de retraité – et rejoint Lauren. Les secondes s'écoulent et ma curiosité prend le dessus, je ne parviens pas à me concentrer sur mon devoir, alors je guette le moindre son, le moindre indice qui m'aiderait à savoir ce qui se trame dans le couloir.
— Non mais c'est pas vrai ! s'exclame mon père, attirant également l'attention de Raphaël qui avait jusqu'alors le nez plongé dans un bouquin dans le salon.
J'ose un regard dans sa direction, parce que même retourné vers le hall, il ne peut pas voir que je l'observe. Alors durant ces quelques secondes de liberté avide de curiosité, je détaille ses cheveux bruns qui tombent presque sur sa nuque à présent. Je scrute son buste se soulever doucement et j'essaie de deviner l'expression de son visage. A-t-il les sourcils froncés ? Est-ce que sa cicatrice à l'œil gauche se confond dans les plis de ses yeux comme lorsqu'il sourit ? Je brûle de le savoir, de pouvoir affronter son regard à nouveau sans ressentir la honte qui gonfle dans ma poitrine à l'idée qu'on nous surprenne. Ces derniers jours ont été un véritable enfer, je fais tellement attention à ce qu'on ne nous voit pas ensemble, que je n'ai pas trouvé d'autres solutions que de l'éviter. Ce qui est probablement la chose la plus difficile que j'ai eu à faire étant donné qu'il dort dans la chambre d'à côté.
— Vous vous fichez de moi, tous les deux ?
La voix de mon père résonne de plus belle et Raphaël tourne un peu plus la tête. Craignant soudainement qu'il ne sente mon regard sur lui, je m'oblige à détourner les iris, les joues écarlates.
— Je ne vais pas m'excuser, cet abruti le méritait. Et je trouve même qu'on a été gentils ! s'écrit Noah en débarquant dans la salle à manger.
Il retire le pull gris qu'il porte sur lui et ce n'est qu'à cet instant que je remarque le sang séché au coin du nez de mon petit frère.
Dans un instinct de protection complètement inutile, je me redresse un peu plus sur ma chaise.
— Je te demande pardon ? s'insurge mon père, visiblement peu ravi par le comportement je-m'en-foutiste de son fils cadet.
— C'est la vérité, Alan. Il le méritait, intervient alors Gabriel, suivi par sa mère.
Lauren lui envoie un regard noir qui le dissuade une seconde avant qu'il ne retrouve air décidé.
— Vous vous êtes battus ? interroge Raphaël incrédule en lorgnant son petit-frère, tout aussi débraillé que le mien.
Ses cheveux châtains sont en bataille et j'ai du mal à reconnaître l'air dur qu'il affiche. Gabriel présente peut-être des similitudes physiques avec Raphaël, mais il partage le plus gros de son caractère avec Diego. Le voir dans cet état anime une inquiétude au fond de ma poitrine et j'ai soudain un mauvais pressentiment.
— Pourquoi ? je laisse échapper avant même d'avoir pu retenir la question qui me brûlait les lèvres.
Mon cœur se met à battre plus fort lorsque je constate que Gabriel évite de me faire face.
— Ça n'a pas d'importance, répond mon petit frère, même si ce n'était pas vraiment à lui qu'était destinée ma phrase.
— Noah a raison, on se fiche de savoir pourquoi il s'est battu, ce qui m'importe c'est que vous ne recommenciez plus, est-ce que c'est clair ? s'agace mon père.
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Adrénaline
Romance4489 kilomètres, c'est la distance qui sépare Los Angeles de la vie d'Elena à New York. 365 jours, c'est le temps qu'elle doit passer en Californie avant de pouvoir retourner chez elle. Lorsque Elena est obligée de quitter son New York natal pour pa...
