James ou Marilyn ?

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Le centre commercial est rempli en ce début d’après-midi. J’aspire une gorgée de thé glacé et suis les directives de Maggie sans rechigner. Après tout, c’est elle, la déesse du shopping. Mes pieds me font un mal de chien mais si j’en crois les dires de ma cousine par alliance, la journée est loin d’être finie ! Je n’ai pas encore trouvé ma tenue pour le bal d’hiver du lycée. Le thème est tombé la semaine passée : Retour dans les 50’s. J’ai été ravie, Raven beaucoup moins. Elle n’est pas très enchantée par ce petit voyage dans le temps et n’a cessé de scander son mécontentement et sa volonté de rester au XXIème siècle.

Je frisonne en passant les portes d’une boutique. La climatisation me frigorifie sur place, on est en décembre, il serait peut-être temps de s’en rendre compte ? Je déambule entre les portants, à la recherche du vêtement parfait. Mes doigts glissent sur les tissus sans qu’aucun ne retienne mon attention.

— Il faut que tu essaies ça, lance Maggie en déboulant de nulle-part.

Pourquoi ses arrivées sont-elles toujours aussi impromptues ? Le sourire jusqu’aux oreilles, la blonde me tend un cintre duquel pend une robe rouge à la jupe évasée. Les bretelles de la robe se croisent sur le buste, et laissent apparaître les épaules.

— Elle te plaît ? Parce que clairement, le rouge c’est ta couleur. Tu vas encore attirer toute l’attention sur toi. Tu sais que c’est super dur à vivre, d’avoir une cousine aussi jolie que toi ? Parce qu’avant, les garçons se retournaient sur moi, faut les comprendre, tu m’as regardée un peu ? Mais maintenant que t’es là, j’ai été propulsée dans les backstages alors que tu as le droit au-devant de la scène. C’est hyper injuste ! Pourquoi les gens préfèrent toujours les brunes ?

J’observe Maggie, médusée, ne sachant pas vraiment si je suis supposée répondre ou s’il s’agit d’une question rhétorique.

— Respire, Mag ! intervient Raven, postée à quelques mètres.

— Je respirais quand je serais morte, réplique la blonde.

Raven et moi échangeons un regard.

— Bah, nan. Justement. Tu sais c’est le principe même de la mort, tu arrêtes de vivre, donc de respirer, explique mon amie aux cheveux de jais.

— Oh, vous avez compris ce que je veux dire.

— Personne ne comprend jamais rien à ce que tu veux dire, Margaret.

Cette dernière fusille notre amie du regard et je pouffe, sans grande discrétion.

— Et pour ta gouverne, le problème c’est pas ton physique, c’est que tout le monde te prend pour une folle chaque fois que tu ouvres la bouche, s’écrie Raven avant de s’éloigner de quelques pas.

Je ne parviens pas à me contrôler et éclate de rire. Maggie soupire et balaye la remarque de la brune d’un geste de la main.

— Bref. La robe, tu l'essaies ?

Elle lève le cintre un peu plus haut.
Je hoche la tête et la blonde se met à sautiller en frappant dans ces mains.

— Cool ! Je vais te la chercher dans ta taille, j’ai pris la première que je voyais.

Le sourire de Maggie est communicatif, tout comme son excitation.

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