J'ai toujours eu une certaine affection pour la rentrée scolaire, contrairement à beaucoup d'adolescents. Bien sûr, je ne suis pas folle, j'aurais largement préféré rester en vacances mais cette période de l'année n'a jamais vraiment été source de stress ou de problèmes pour moi. Du moins jusqu'à maintenant. Depuis le jardin d'enfant, j'ai toujours été accompagnée de mon meilleur ami. A présent, tout a changé, et je n'ai jamais été si peu pressée d'aller en cours. Pourtant, il faut bien que je me fasse une raison, les cours reprennent demain et la Los Angeles Central High School et ses élèves m'attendent. Je finis de préparer mon sac pour demain et descends quand mon père m'appelle pour venir manger. Je m'assois en face de Raphaël qui n'est pas encore arrivé, comme à son habitude. Depuis l'incident de la première soirée où je lui avais volé sa chaise j'évite de refaire une connerie. Ça lui donnerait une occasion en or de me gueuler dessus et lui rendre service est bien la dernière chose que je souhaite. Nos disputes quotidiennes qui amusaient mon père au départ semblent maintenant l'exaspérer au plus haut point. Peu importe, je ne compte pas me calmer, Raphaël est un insupportable petit con, doublé d'un égoïste à l'ego surdimensionné ! Les seuls moments où on s'adresse la parole on finit par se hurler dessus. Je crains que les portes de la maison ne passent pas l'année à force de les claquer. Au milieu du repas je me tourne vers ma belle-mère.
— Lauren, tu pourras me donner l'adresse du lycée pour demain s'il te plaît ?
— Oh mais ne t'inquiète pas chérie, Raphaël prend la voiture, vous ferrez le trajet ensemble. Ça sera plus simple.
— Euh, Lauren, je préfère vraiment y aller à moto.
— Ouais maman. De toute manière, je ne suis pas taxi donc c'est mort, ajoute Raphaël.
Seulement ma belle-mère n'est absolument pas convaincue par nos réponses et continue sur sa lancée.
— C'est ridicule les enfants ! Pensez un petit peu à la planète, vous prendrez la jeep et puis c'est tout, conclue-t-elle.
Nous soupirons en cœur, comprenant bien que nous n'avons pas le choix. Un petit sourire de vainqueur apparaît sur ses lèvres, maintenant je sais de qui Raphaël tient cette mimique insupportable qui me donne toujours l'envie de lui foutre un coup bien placé.
— Et comme vous semblez ravis par cette nouvelle, vous irez récupérer les garçons à leurs écoles demain soir, renchérit mon père avec un rire moqueur.
— Super, grogne Raph avant de plonger les yeux sur son assiette.
Je me contente de faire un sourire hypocrite et de lever les yeux au ciel, ce qui fait encore plus rire mon père. La fin du repas est animée par les garçons, surtout Diego, qui, comme toujours se lance dans une histoire à dormir debout. Je profite au maximum de ma dernière soirée de vacances et je traîne même au salon après le repas. Lorsque je monte, la nuit est en train de tombée et le ciel est parsemé de traînées pourpres et orangées. J'ouvre la porte fenêtre attenant à ma chambre et m'assoie. Je frisonne lorsque le carrelage froid entre en contact avec ma peau nue. J'attrape mon téléphone et compose machinalement le numéro d'Ayden. J'ai pour habitude de passer ma dernière soirée de libre avec lui. Bien sûr, cette année c'est différent, lui à New York et moi à Los Angeles. Tout était bien plus simple lorsque je n'avais qu'un pallier à traverser pour pouvoir lui parler. Mon meilleur ami décroche tout de suite. Dès que j'entends sa voix, mon cœur s'apaise. Cette manière qu'il a de me calmer rien que par sa présence m'a toujours fascinée. Je passe une bonne partie de la soirée et le début de ma nuit à parler à mon meilleur ami, installée contre la porte vitrée.
***
Je crois réellement que je n'aurais jamais dû passer autant de temps au téléphone avec Ayden. Evidemment je n'en prend conscience que maintenant qu'il est six heures trente du matin et que je dois me lever. Mon réveil sonne depuis dix minutes et même si le bruit me gêne, je ne suis pas décidée à faire d'effort pour l'éteindre. Ma tête est enfoncée dans mon oreiller, si bien que je ne vois pas Raphaël débarquer en furie dans ma chambre. Ce n'est que lorsqu'il commence à hurler que je prends compte de sa présence.
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Adrénaline
Romantik4489 kilomètres, c'est la distance qui sépare Los Angeles de la vie d'Elena à New York. 365 jours, c'est le temps qu'elle doit passer en Californie avant de pouvoir retourner chez elle. Lorsque Elena est obligée de quitter son New York natal pour pa...
