T'es un con parce que tu t'autorises pas à être honnête émotionnellement et à dire ce que tu ressens. Parce que tu crois qu'un vrai mec, c'est quelqu'un qui transforme toutes ses émotions en colère. T'es un con parce que tu fais du mal aux autres, e...
Il est combien plus naturel dès lors que, sur ces landes illimitées de la mer, deux navires baleiniers s'entr'apercevant aux confins du monde, (...) combien plus naturel, dis-je, qu'en pareilles circonstances ces navires ne se bornent pas à échanger des salutations mais recherchent un contact plus intime, plus amical, plus fraternel. (...) La différence de nationalité ne crée pas de distinctions essentielles tant que le langage demeure le même (...) Ainsi donc, parmi les navires qui se croisent, les baleiniers sont ceux qui ont le plus de raisons de se montrer sociables et ils le sont en effet. (...) Mais regardez ce baleinier voguant à la bonne franquette, pieux, honnête, modeste, accueillant et sociable ! Que fait-il lorsque, par un temps à peu près convenable, il rencontre un autre baleinier ? Ils font une « gamme », chose si parfaitement inconnue aux autres navires qu'ils ignorent jusqu'à ce terme (...) Mais qu'est-ce qu'une gamme ? Vous pouvez bien vous user l'index à suivre les colonnes des dictionnaires sans trouver ce mot. (...) Il réclame une définition, certes, et devrait figurer dans tout lexique. Aussi permettez-moi de le définir doctement. GAMME. Substantif. – Réunion amicale de deux (ou plusieurs) navires baleiniers, en général sur un lieu de croisière. Après avoir échangé des salutations, les hommes se rendent visite en pirogues, les deux capitaines passant un moment ensemble sur le même navire, tandis que les seconds se réunissent sur l'autre.
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La chaleur était telle dans la pièce que Merle et Vi s'étaient autorisés à ouvrir une fenêtre, par laquelle ils fumaient leurs cigarette et pipe de fin de repas. Lui était penché vers l'extérieur, accoudé au rebord, le regard plongé dans l'obscurité au delà, elle se trouvait assise dans l'encadrement de la fenêtre, dos au mur, les genoux ramenés contre elle. Le froid de la nuit le piquait agréablement, elle frissonnait dans son pull trop fin.
Raj revenait de la cuisine avec un plateau, rempli des diverses boissons chaudes dont on lui avait passé commande. Il posa devant Kitty encore assise à table une tisane, apporta à Merle et Vi respectivement un café noir et un chaï latte supplément vanille, et à ses enfants, deux chocolats, l'un épicé à la cannelle pour Navdeep, l'autre au gingembre. Il dut aller poser ce dernier par terre sur la moquette, là où Sarika, qui avait glissé de sa chaise avant la fin du diner, se roulait désormais à plat ventre, serpentant entre les pieds de chaises avec Poum-Poum, et propulsant bruyamment ses petites voitures à friction. L'adolescente, elle, avait récupéré des serviettes en papier du restaurant, et s'amusant, à l'aide des petits ciseaux pliables offerts par Merle, à les découper ensuite pour en faire des guirlandes.
« Tu bois quoi, toi ? » s'enquit Vi, sortant un instant de sa conversation avec Merle à propos de souvenirs du lycée.
Raj, qui s'était rassit à table, leva légèrement sa tasse dans sa direction. « Thé vert. »
« Quelles langues est-ce que vous parlez ? » demanda ensuite Navdeep, tirant les fumeurs de leur discussion, et Kitty de son observation amusée de la course de petites voitures sur la moquette.