T'es un con parce que tu t'autorises pas à être honnête émotionnellement et à dire ce que tu ressens. Parce que tu crois qu'un vrai mec, c'est quelqu'un qui transforme toutes ses émotions en colère. T'es un con parce que tu fais du mal aux autres, e...
Mais, ô camarades ! à tribord de toute douleur, la joie vous attend, elle s'élèvera d'autant plus haut que l'abîme de la douleur aura été plus profond. (...) La joie est le partage – une joie culminante et une joie intérieure – de celui qui, contre les dieux orgueilleux et les commodores de cette terre, demeure inexorablement fidèle à lui-même. La joie est à celui dont les bras restent fermes à le soutenir quand le navire de ce monde trompeur a sombré sous lui.
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Les rues étaient quasiment désertes, à l'exception de rares morts qui se laissaient distancer sans peine, auxquels Vi n'accordait même plus un regard, à force d'habitude. Ils faisaient simplement partie du paysage.
A côté d'elle sur le siège passager, Kitty regardait défiler le décor. Accrochée au cul de la Dodge, il y avait une remorque. Dans la remorque, il y avait un vélo, et un tas de bric-à-brac, que Vi avait déniché dans le garage de la maison.
Malgré la douleur sourde dans son épaule due aux vibrations du véhicule et aux aspérités de la route, Kitty était heureuse de sortir un peu de la maison. Néanmoins, elle était dubitative sur la raison de cette sortie. Vi s'était refusée à la moindre révélation sur leur but et leur destination, prétextant une « surprise », malicieuse comme une gamine en train de conspirer un cadeau d'anniversaire. Ou bien un mauvais coup ?
« Dis, on n'est pas en train de partir ? - Bien sûr que non, répondit Vi. J'ai laissé les médicaments. - Mais tu as pris ton livre », rétorqua la brune.
Son amie eut une ombre de sourire.
« J'emmène toujours mon livre partout. - Ah oui ? Pour quoi faire ? - Pour m'inspirer. - Et qu'est-ce qu'il t'inspire ? - Des tas de choses. Tu sais, Moby Dick, c'est LE livre. On peut le relire cinquante fois, et y découvrir à chaque lecture quelque chose de différent. Ça aide beaucoup, pour toutes sortes de problèmes. - A ce point ? »
Kitty la vit alors tempérer un peu de sa gaité.
« Non, j'exagère. Y a malheureusement pas toutes les réponses à toutes les questions dans Moby Dick. J'aimerais bien, tu sais, des fois. Mais j'ai eu beau chercher ce coup-ci, j'ai rien trouvé pour m'aider. - Pour t'aider à quoi faire ? - A me réconcilier avec mon meilleur ami. - Vous vous êtes encore disputés ? »
Vi lui rendit une expression étrange, mélancolique.
« J'aurais préféré. »
Elle fouilla la poche de sa veste, à la recherche de son paquet de cigarettes.
« Merde, j'ai laissé mes clopes à la maison. - De toute façon, je te rappelle que tu ne peux plus fumer dans la voiture. - Ah merde, c'est vrai. - Désolée. - Bordel, j'vais mettre des jours à m'y faire », ronchonna-t-elle.
Mais elle souriait.
« Bon, ben, puisqu'on est dans l'sujet, autant que j'te dise où on va. - Ça concerne mon bébé ? - Totalement. Je t'emmène faire une échographie. »