T'es un con parce que tu t'autorises pas à être honnête émotionnellement et à dire ce que tu ressens. Parce que tu crois qu'un vrai mec, c'est quelqu'un qui transforme toutes ses émotions en colère. T'es un con parce que tu fais du mal aux autres, e...
il mit des vêtements secs, alluma sa pipe et appuyé à la rambarde, et regardant avec douceur ceux qui étaient autour de lui, il semblait se dire : « Ce monde est un capital social où le secours mutuel est nécessaire sous tous les méridiens. Nous autres, cannibales, devons aider ces chrétiens. »
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Quoi de mieux qu'être assise par une belle journée d'automne, dehors, au soleil, sur une chaise de camping confortable, avec une tasse de café chaud dans une main, et Moby Dick dans l'autre ? Du point de vue de Vi, peu de choses.
Mais la voix de son meilleur ami vint la distraire de sa lecture.
« J'ai besoin de toi. »
Elle referma son livre immédiatement, attentive.
« Oui, bien sûr, pour quoi faire ? » Merle leva la main. « Une écharde. - Ah. Fais voir. »
Elle prit la main entre les siennes et l'inspecta, découvrant effectivement une épine logée dans la chair, au centre de la paume. La peau autour était rouge et gonflée.
« T'aurais pas pu me demander avant que ça s'infecte ? dit-elle avec un brin de reproche dans la voix. - Je m'en étais pas rendu compte. Je sais même pas comment j'ai eu ça. C'est seulement aujourd'hui quand ça a commencé à faire mal que j'ai vu. - Bon, ben, on va s'en occuper tout de suite. »
Alors qu'il s'asseyait, Vi fit l'aller-retour à la voiture avec le sac à pharmacie. Elle s'appliqua à aller récupérer l'écharde sous la peau, à l'aide d'une aiguille et d'une pince à épiler préalablement passées au désinfectant. Comme d'habitude, elle s'acquitta de son rôle d'infirmière avec autant de douceur que possible, ce qui n'empêcha pas Merle de protester avec un cri de douleur.
« Presque fini, renseigna Vi. - Comment un truc si petit peut faire aussi mal, putain ? ronchonna-t-il, surpris et vexé de se révéler aussi douillet pour une simple écharde. Pas besoin que ce soit gros, suffit que ça touche le nerf. Et voilà », annonça-t-elle en brandissant victorieusement l'épine au bout de la pince.
Elle prit le temps de désinfecter correctement la plaie et de la recouvrir d'un pansement garantissant la propreté de la chose pour les jours à venir.
« Tout ça pour une écharde, fit Merle, à moitié amusé. - Tout ça pour la seule main que tu possèdes, répliqua-t-elle. On n'est jamais trop prudent. Avec quoi tu vas me masser si tu perds aussi ta main gauche, hein ? » Il sourit. « Avec les pieds, qu'est-ce que tu crois, ma grande ? - Et voilà le travail, déclara Vi en lui rendant finalement sa main. Tu peux ajouter ça à ma note globale d'honoraires. Pas besoin de te dire de garder ton pansement propre, mais je te le dis quand même. »
Il hocha la tête, et elle rangea la trousse contenant le matériel à bobos – ciseaux, gaze, pansements et sparadrap. Récupérant le tout, elle se leva et alla le remettre à sa place dans la voiture.