Andreï :
Si elle continue à fourrer son nez dans mes affaires, ça ne va pas le faire. Elle est partie en claquant la porte après que je lui ai crié dessus. Tant mieux. Avec un peu de chance, elle comprendra qu'ici, c'est moi qui décide.
J'étais sorti pour régler un dossier important. Micha avait annulé notre dernier rendez-vous, et l'alliance était sur le point d'imploser. Mais j'ai su les remettre à leur place. Je leur ai fait comprendre que sans moi, ils ne sont rien. Tout repose sur mon nom. Mon pouvoir.
Quand je suis rentré, Sheyla n'était nulle part. Je m'étais dit qu'elle dormait encore, mais en passant devant mon bureau, je l'ai trouvée là. Figée. En train de fixer une vieille photo de moi et ma mère. C'était étrange. Trop intime. Je l'ai ignorée. J'avais un plan à finaliser.
Deux heures plus tard, j'avais posé la dernière pièce du puzzle. Mon plan pour abattre mon ennemi était parfait. Chirurgical. Je suis sorti de mon bureau. Le silence dans la maison était presque glaçant. Aucune voix, aucun mouvement. Juste ce calme... anormal.
Je parcours le couloir. Une tension s'installe. L'air est lourd. Je passe chaque pièce en revue, sans succès. Rien. Elle n'est nulle part. Ma mâchoire se crispe. Elle n'aurait pas osé partir. Pas sans m'avertir. Pas comme ça.
Je finis par sortir dans le jardin. Et là, je la vois. Accroupie, en train de caresser un chat noir errant, le dos tourné.
— Putain, t'étais où ?
Elle se lève, lentement, et se retourne vers moi avec un calme glacial.
— On se tutoie maintenant ?
Je serre les dents.
— On est mariés, que je sache.
— Oui, mais ça ne vous donne pas le droit de me parler comme à une esclave. Vous n'êtes qu'un mari. Rien de plus.
Elle a ce ton froid, méprisant. Ce regard dur. Elle me défie.
Je souffle lentement, gardant le contrôle.
— Tu n'as rien à dire. Ce que je fais, c'est mon affaire. Et ce n'est pas une gamine comme toi qui va m'apprendre à me tenir.
Elle s'avance, un léger sourire au coin des lèvres. Provocante. Magnifique. À peine à quelques centimètres de moi. Petite, mais droite. Fier regard dans ses yeux.
— Essayez tant que vous voulez de m'intimider. Je ne suis pas impressionnée, dit-elle d'un ton calme, presque amusé.
Je plisse les yeux. Sa voix m'agace. Son assurance m'irrite.
— Ce n'est pas un jeu de pouvoir, ce mariage.
Elle secoue la tête, ses cheveux retombant en cascade sur ses épaules.
— Ce mariage est une façade. Une mise en scène. Mais moi, je ne suis pas une figurante. Et je ne me soumettrai pas à vos caprices.
Je sens la colère grimper. Elle me cherche. Elle me pousse à bout.
— Ce mariage, c'est pour le travail. Rien d'autre. Alors t'as deux choix : tu joues ton rôle, ou tu la fermes.
Elle éclate d'un rire sec. Insolente.
— Qu'est-ce qui te fait rire ?
Elle s'approche encore. Nos corps se frôlent. Je sens sa respiration. Je pourrais la plaquer contre moi d'un geste. Je pourrais...
— Vous croyez vraiment que vous allez me faire taire avec vos airs de mâle dominant ? Je ne suis pas l'une de ces idiotes qui tombent à vos pieds dès que vous sortez votre jouet.
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PIERCE THE VEIL
AksiSheyla, 18 ans, a grandi dans l'ombre, captive d'un univers de silence et de souffrance. Fille unique d'un père tyrannique, chef implacable de la mafia turque, elle a été élevée dans le secret, maintenue à l'écart du monde, privée d'affection, dress...
