Sheyla:
Je m'éveille doucement, les yeux encore lourds de sommeil, et je découvre Andreï, sa tête posée sur ma poitrine, ses bras m'enveloppant comme une étreinte instinctive.
La soirée s'est passée à merveille. Je me suis endormie paisiblement dans ses bras, comme une enfant en sécurité. Et lui, à son tour, s'est abandonné au sommeil, la tête posée sur moi, comme s'il avait trouvé refuge. On aurait dit un vrai couple marié depuis toujours... Comme si ce mariage forcé n'avait jamais existé, comme si tout avait été voulu, naturel.
La lumière du soleil traverse les rideaux et vient inonder la chambre. J'observe son visage assoupi, si calme, presque fragile. Sans réfléchir, mes doigts glissent dans ses cheveux. Ils sont si doux que j'ai l'impression de caresser de la soie. Pourtant, je sais qu'il ne dort pas. Sa respiration un peu trop profonde, un peu trop régulière, le trahit. Il est réveillé depuis un moment, mais je fais mine de ne rien remarquer.
Un sourire espiègle se dessine sur mes lèvres. Pour le pousser à bout, je rapproche encore sa tête de ma poitrine et enlace sa jambe de la mienne, l'enserrant davantage, comme si je voulais l'étouffer dans mon affection.
Veux-je l'empêcher de respirer ? Peut-être... un peu.
Alors, il ouvre enfin les yeux. Son regard se plante dans le mien, d'un bleu profond, brûlant et tendre à la fois. Ce regard... Mon Dieu. Je pourrais en mourir.
Je reste suspendue à son regard, comme si le temps s'était arrêté. Ses bras se resserrent autour de moi, m'emprisonnant volontairement dans cette étreinte qui n'a rien d'une contrainte. Je sens sa chaleur, son souffle qui s'écrase contre ma peau.
Il ne dit rien, mais ses yeux parlent pour lui, et je comprends... ce mélange de désir, de douceur et d'une peur qu'il cache mal : peur que ce moment s'arrête, peur que je me dérobe.
— Tu comptes m'étouffer ? dit-il en arquant un sourcil, sa voix encore marquée par le sommeil.
— Peut-être..., je réponds en riant doucement, mes yeux brillants de malice.
Je serre mes jambes autour de la sienne, juste pour le provoquer davantage. Il pousse un soupir exaspéré, mais le sourire en coin qui étire ses lèvres le trahit : il adore ça.
— T'es infernale, souffle-t-il.
— Et toi, t'aimes ça.
— Mmh... tu sais ce que tu me donnes envie de faire, là, tout de suite ? murmure-t-il, ses lèvres frôlant presque mon oreille. De te prendre sans attendre.
Il marque une pause, son souffle chaud caressant ma peau, puis ajoute dans un soupir retenu :
— Mais je ne peux pas.
Je relève légèrement la tête, intriguée.
— Et pourquoi ?
Son regard se voile d'une intensité qui me fait frissonner.
— Parce que si je commence, je risque de te faire marcher différemment demain... Un sourire en coin traverse son visage. Et puis, on a une soirée.
Je arque un sourcil, faussement contrariée.
— Une soirée ? Où ça ?
— Ici, chez Eren, répond-il simplement, ses doigts dessinant distraitement des cercles sur ma hanche. Après ça, on retournera à Fethiye. Ne t'inquiète pas... tu pourras revoir ton petit frère.
Mon cœur se serre. Rien qu'entendre son prénom me rappelle à quel point il me manque. Mais en même temps, sentir la chaleur d'Andreï contre moi, entendre cette promesse dans sa voix, me réconforte d'une manière que je n'aurais jamais cru possible.
Je reste silencieuse un instant, puis je laisse échapper un léger rire nerveux.
— Tu sais que tu es insupportable ? Tu me provoques, tu me laisses sur ma faim, et tu changes de sujet comme si de rien n'était.
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PIERCE THE VEIL
AksiSheyla, 18 ans, a grandi dans l'ombre, captive d'un univers de silence et de souffrance. Fille unique d'un père tyrannique, chef implacable de la mafia turque, elle a été élevée dans le secret, maintenue à l'écart du monde, privée d'affection, dress...
