27. Échos d'Apaisement

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Sheyla :

2 semaines plus tard,

Mes pensées sont brumeuses, enchevêtrées, comme si je tentais de remonter à la surface après avoir coulé trop longtemps. Mes paupières sont lourdes, mes muscles engourdis. J'entends des voix, lointaines, déformées, comme des échos filtrés par l'eau.

Une douleur sourde martèle l'arrière de mon crâne, mais quelque chose m'apaise : une chaleur contre moi, une présence familière, forte, protectrice. Je m'y accroche. Elle me ramène lentement à la réalité.

Je bouge légèrement, juste assez pour sentir un corps contre le mien... Je suis dans les bras de quelqu'un. Lentement, mes paupières se soulèvent, et mes yeux croisent un visage que je connais mieux que personne. Andreï. Il dort profondément, ses traits détendus malgré tout ce qu'on vient de traverser. Mon cœur se serre.

Je tente de me dégager, mais il resserre son étreinte comme si son inconscient refusait de me lâcher. Alors je cède, et je dépose ma tête dans le creux de son cou. Je savoure ce moment, simple, rassurant. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens en sécurité.

Soudain, le téléphone sonne, brisant le silence.
Andreï ouvre les yeux. Nos regards se croisent, intenses, silencieux. Il ne dit rien, ne bouge pas. Et moi non plus. Le téléphone sonne encore, insistant, jusqu'à ce qu'il cesse. Pourtant, il continue de me garder contre lui.

Je tente de bouger à nouveau, mais il me retient doucement. Une part de moi aime ça, cette possessivité silencieuse, cette façon qu'il a de me garder près de lui comme si j'étais la chose la plus précieuse au monde.

Son regard glisse sur moi, puis ses mains suivent. Il effleure lentement mon corps, s'attardant sur mes hanches, puis soulève ma cuisse pour la poser sur lui. Sa main glisse jusqu'à mes fesses, m'attirant encore plus contre lui. Je suis totalement collée à lui désormais. Mon cœur s'emballe.

Je baisse instinctivement les yeux, troublée. Mais il relève doucement mon menton, m'obligeant à le regarder.

Arrête de toujours baisser les yeux, murmure-t-il.

Ça va ? me demande-t-il doucement.

Oui... soufflé-je.

Il pousse un long soupir, lourd de tension relâchée.
Alors je lui rends la question.

Et toi... ça va ?

Je devrais le haïr pour tout ce qu'il m'a fait, pour ce qu'il m'a laissé subir. Mais je n'y arrive pas. Peut-être parce que, malgré tout, il est là.

Il fronce les sourcils, son regard durci par un souvenir encore frais.

— Quand je t'ai vue sur cet écran, entre les mains d'Edoardo... J'ai failli tuer tout ce qui respirait.

Je baisse à nouveau les yeux, coupable. Mais aussitôt, il répète plus fermement :

— Regarde-moi.

Je le fixe, en silence. Et cette fois, je parle.

— Tu m'as fait mal, Andreï. Beaucoup plus que tu ne crois.

Il acquiesce légèrement, la culpabilité visible dans ses yeux.

— Je suis désolé. Ce n'était pas mon intention.

— Ah non ? Je ris doucement, amère. Tu m'as crié dessus comme si j'étais une moins que rien, comme si j'avais trahi ta confiance... Alors qu'on venait de vivre quelque chose d'intime, de vrai. Tu crois que ça ne m'a pas détruite ?

PIERCE THE VEILDes histoires addictives. Découvrez maintenant