Andreï :
Les jours passent, et je vois Sheyla redevenir peu à peu elle-même. Comme si ce chat avait rallumé une étincelle en elle, une part qu'elle croyait perdue. Chaque sourire qui traverse ses lèvres me donne l'impression que le poids qu'elle portait s'allège.
Je suis derrière mon bureau, plongé dans mes pensées. J'ai réussi à abattre Edoardo, et en prime Aslan est tombé aussi. Une double victoire. Pourtant... quelque chose cloche. C'est trop beau pour durer. La vie ne laisse jamais une telle paix sans préparer une merde à venir. Mais tant que ça ne fait pas surface, je préfère faire semblant de rien.
La porte s'ouvre brusquement. Micha entre, agité, le visage marqué par l'énervement. Ses sourcils froncés et ses yeux brillants trahissent une colère qu'il peine à contenir.
— Andreï, dégage-moi cette chatte. Elle me fout la haine, je la vois tout le temps dans ma chambre !
Je lève les yeux vers lui, appuyé nonchalamment contre mon bureau, et réplique avec calme :
— Tu dors même pas là-bas. À part quand tu ramènes une meuf à baiser, tu n'utilises jamais cette chambre.
Il serre les mâchoires, s'avance de quelques pas.
— Ouais bah écoute... maintenant si.
Un sourire ironique étire mes lèvres.
— Ah. Donc tu comptes emménager officiellement chez moi ?
Il roule des yeux, agacé par mon ton moqueur.
— Bref, fais pas le malin. Je veux pas voir de chat ici.
Je penche légèrement la tête, mes yeux se durcissent.
— Alors rentre chez toi.
Micha souffle fort, comme un taureau prêt à charger, puis un sourire sournois s'installe sur son visage.
— Tu n'as pas remarqué quelque chose sur Sheyla ?
Je pose mon coude sur le bureau, cale ma tête dans ma main et le fixe, l'air blasé.
— Qu'est-ce que j'ai pas remarqué, d'après toi ?
Il arque un sourcil, un petit rictus aux lèvres.
— Elle a pris du ventre, non ?
Je hausse les épaules.
— C'est à force de manger. Ça ne me regarde pas.
Son sourire s'élargit, presque carnassier.
— T'es con ou quoi ? Réfléchis un peu. Vous couchez ensemble depuis un moment, et je sais que t'utilises pas de capotes, petit coquin va.
Il part dans un éclat de rire bruyant, se tenant presque les côtes. Ses yeux pétillent de malice, et moi je reste impassible, le fixant froidement.
— Bref, dit-il en reprenant son souffle, elle est sûrement enceinte.
Ses mots font écho dans ma tête. Je détourne le regard un instant, réfléchissant. Quand une femme est enceinte, ça se voit. Les changements du corps, les humeurs... et c'est vrai que Sheyla a pris un peu de ventre. Mais je secoue la tête.
— Non. Tu fais fausse route.
Micha plisse les yeux, son sourire narquois réapparaît.
— Tu te mens à toi-même, Andreï. T'as toutes les preuves sous les yeux.
Je me redresse, mes doigts tapotant doucement sur le bureau.
— Et alors ? Si elle est enceinte, où est le problème ?
Il s'approche encore, s'appuie de ses deux mains sur la table et plonge son regard dans le mien.
— Le problème, Andreï, c'est que si ce bébé naît... tu deviens papa. T'as compris ? Papa. Attends, je vais te l'épeler : P-A-P-A. Are you understand ? Tu vas être un DADDY.
Il explose de rire, presque hilare, alors que je reste de marbre. Je ne bouge pas, mes yeux fixés sur lui, jusqu'à ce que son rire meure dans un silence gênant.
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PIERCE THE VEIL
AcciónSheyla, 18 ans, a grandi dans l'ombre, captive d'un univers de silence et de souffrance. Fille unique d'un père tyrannique, chef implacable de la mafia turque, elle a été élevée dans le secret, maintenue à l'écart du monde, privée d'affection, dress...
