Andreï :
Je dévale les escaliers, le souffle court, les nerfs à vif. Chaque pas résonne comme une menace, chaque seconde sans Sheyla attise ma rage. Et puis je les entends.
Des rires. Des voix. Des mots que je n'aurais jamais dû entendre.
— Putain, si j'avais su que la femme d'Andreï était aussi bonne, j'l'aurais baisée devant lui.
Le temps s'arrête.
Les rires fusent, gras, irrespectueux, comme des coups de poignard dans mon dos. Mon regard se fige, mes poings se ferment, et soudain... plus rien n'existe.
Je traverse la pièce à grandes enjambées, animé par une fureur que même moi je ne contrôle plus. Mon épaule percute celui qui a parlé, je l'attrape par le col et le fais pivoter d'un coup sec.
— Qu'est-ce que t'as dit ?!
BOUM.
Mon poing s'écrase contre sa mâchoire. Il vacille en arrière, mais je ne lui laisse pas une seconde pour reprendre son souffle. J'enchaîne.
Un deuxième coup. Puis un troisième. Je le plaque contre le mur et continue à frapper, encore et encore, comme si mes poings pouvaient effacer ses mots, nettoyer l'air qu'il a souillé avec son rire.
Le sang commence à couler, mais je vois rouge. Rouge comme la colère qui pulse dans mes veines, rouge comme le feu que Sheyla allume en moi et que ces chiens ont osé salir.
— Tu te fous de moi ? Tu crois pouvoir parler d'elle comme ça ?
Chaque mot est ponctué d'un coup.
— C'est ma femme, enculé ! MA FEMME !
Un de mes hommes tente de m'arrêter, je le repousse violemment.
— Touchez-moi encore une fois et je vous défonce tous, un par un !
Le silence tombe.
L'homme que j'ai frappé est au sol, le visage en sang, recroquevillé comme un gosse pris en faute. Les autres baissent les yeux, figés par la peur. Aucun d'eux n'ose broncher.
Je reste là, haletant, les poings couverts de sang, la mâchoire serrée, les tempes battantes.
Et soudain, un écho me revient. Sa voix.
« Très bien, alors ne cours pas derrière la fille de l'homme qui a mis une balle dans la tête de ta mère. »
Je cligne des yeux. La réalité me rattrape.
Sheyla est toujours quelque part. En colère. En fuite. En danger, peut-être.
Je tourne les talons, sans dire un mot de plus, et reprends ma course dans le couloir.
Parce que cette fois... ce n'est pas juste une histoire d'orgueil ou de pouvoir.
C'est une histoire de flammes. Et je suis prêt à brûler avec elle.
Et là je tombe nez à nez avec Micha.
— Micha... dis-je, le souffle court, la voix rauque de colère.
Il s'immobilise, le regard immédiatement attentif.
— L'homme là-bas.
Je le désigne d'un signe de tête sans même me retourner.
— Coupe-lui sa putain de bite.
Un silence pesant. Puis un léger rictus s'étire sur ses lèvres.
— Compris, patron.
Il rit doucement, mais dans ses yeux, c'est l'exécution pure qui brille.
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PIERCE THE VEIL
AcciónSheyla, 18 ans, a grandi dans l'ombre, captive d'un univers de silence et de souffrance. Fille unique d'un père tyrannique, chef implacable de la mafia turque, elle a été élevée dans le secret, maintenue à l'écart du monde, privée d'affection, dress...
