Sheyla :
Il se retire sans un mot, attrape ses vêtements avec une aisance presque agaçante, et sort de la chambre. Moi, je reste là, haletante, encore sonnée. Mon cœur tambourine contre ma poitrine, ma peau brûle là où il m'a touchée, là où il a laissé son empreinte.
Je m'étais attendue à de la douceur, à une tendresse inattendue... mais non. Andreï a été tout sauf doux. Brutal, entier, insatiable. Comme s'il voulait m'ancrer dans son monde à coups de morsures et de soupirs étouffés. Et le pire ? C'est que j'ai aimé ça. Plus que je ne l'admets.
Quelques minutes passent, peut-être moins. La porte s'ouvre doucement. Il entre, torse nu, tenant un vase d'eau froide et un verre. Comme si de rien n'était. Comme s'il n'avait pas ravagé ma nuit entière. Il dépose les objets sur la commode avec calme, verse l'eau et s'approche de moi.
Je me redresse lentement, encore un peu désorientée. Il me tend le verre sans un mot. Nos doigts se frôlent.
Je bois l'eau d'une traite, comme si elle pouvait éteindre le feu qu'il avait allumé en moi.
— Merci, murmurai-je en rendant le verre, la voix un peu rauque.
Il me regarde sans rien dire, son expression indéchiffrable. Puis il s'assoit au bord du lit, son dos légèrement courbé, ses mains jointes entre ses genoux.
Le silence s'installe à nouveau, lourd, mais pas inconfortable. Juste... chargé.
Je le regarde, assis au bord du lit, le dos légèrement voûté, presque comme s'il portait quelque chose de lourd mais Andreï ne laisse jamais rien tomber. Pas même ses silences.
— Tu regrettes ? murmure-t-il, sans me regarder.
Sa question me surprend. Je fronce légèrement les sourcils, mes doigts se resserrent sur les draps. Pas parce que je suis mal à l'aise. Mais parce qu'il ne pose jamais ce genre de question. Il ne laisse jamais transparaître le doute.
Je prends une inspiration lente.
— Non... Je suis juste... surprise. T'étais pas obligé d'être aussi... sauvage, tu sais.
Il esquisse un petit sourire sans joie, presque amer.
— Je pensais que tu voulais oublier. Au moins pour une nuit. Que t'avais besoin qu'on t'arrache à ta tête. J'ai eu tort ?
Je baisse les yeux, incapable de répondre tout de suite. Parce qu'il a vu juste. Et ça me dérange.
— Non... t'as pas eu tort. C'est juste que je ne savais pas à quoi m'attendre avec toi. Un instant tu me rejettes, l'instant d'après tu m'embrasses comme si le monde pouvait exploser autour de nous.
Il se redresse, lentement, et se tourne enfin vers moi. Son regard est plus calme, mais toujours chargé.
— Parce que je suis en train d'exploser. À l'intérieur. Et t'es la seule chose qui m'ancre.
Mon cœur loupe un battement. C'est peut-être la première fois qu'il admet une faiblesse. Même sous cette forme détournée.
Je tends doucement la main et la pose sur la sienne. Sa peau est chaude, tendue sous mes doigts. Il ne bouge pas, mais il ne se retire pas non plus.
— T'es pas obligé de me repousser à chaque fois que tu flippes, tu sais.
— Je ne flippe pas, réplique-t-il aussitôt, presque par réflexe.
Je ris doucement.
— Bien sûr que non, monsieur l'indestructible. Tu t'effondres juste avec classe, c'est tout.
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PIERCE THE VEIL
ActionSheyla, 18 ans, a grandi dans l'ombre, captive d'un univers de silence et de souffrance. Fille unique d'un père tyrannique, chef implacable de la mafia turque, elle a été élevée dans le secret, maintenue à l'écart du monde, privée d'affection, dress...
