Chapitre 23

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Sirènes chantantes, deux voitures de la brigades des investigations de Raleigh parcouraient les unes derrières les autres la route Boswell puis bifurquèrent à l'intersection qui les mènerait enfin à Lane Culpepper où résidaient le docteur Strauss et sa femme. Eddy et Lauren menaient la marche, suivis de Johnson qui avait choisi Thomas Brown comme binôme.

Les deux véhicules s'arrêtèrent sur le côté de la route, libérant les quatre officiers armés en conséquence.

— Pas de voiture à l'horizon, remarqua Lauren en rejoignant Thomas et Johnson. Soit on aura le champ libre pour investiguer à notre guise, soit ça sent le guet-apens.

— On va espérer que ce soit la première option, soupira Johnson qui finissait d'ajuster la fréquence de son talkie-walkie. Je fais le guet dans la rue, vous trois vous vous chargez de la fouille. Commencez par vérifier les alentours de la baraque, on sait jamais. Gardez bien vos talkies sur vous et suivez mes consignes. Au moindre doute, vous faites demi-tour. Restez bien sur vos gardes.

— Je connais mon taf, coupa Lauren en avançant jusqu'à la maison de plain-pied.

Thomas et Eddy la rattrapèrent avant de prendre chacun un côté pour faire le tour du terrain extérieur.

Rien à signaler.

Il se rejoignirent face à la porte d'entrée à laquelle Lauren frappa.

Aucune réponse.

— On va devoir forcer pour entrer j'ai l'impression, remarqua-t-elle, un brin d'amusement dans la voix.

— T'es sûre de ton coup au moins ? s'inquiéta Thomas. Si on fracasse la maison d'un toubib et qu'on fait choux-blanc, on risque gros.

Lauren leva les yeux au ciel avant de les poser dédaigneusement sur son collègue.

Eddy observait silencieusement la situation, se doutant que ses deux comparses n'allaient pas rester courtois l'un envers l'autre très longtemps.

— Arrête deux secondes de faire ta mauviette et porte tes boules pour une fois.

— Je te signale que c'est parce que t'as encore eu une soi-disant idée de génie que je me retrouve coincé là contre mon gré, cracha-t-il. Voir des morts à longueur de journée est loin d'être le menu fretin de tout le monde. On est pas tous complètement cinglés comme toi Adams.

Lauren – qui faisait face à la porte d'entrée – pivota de quatre-vingt-dix degrés pour se retrouver face à lui. Ses grands yeux verts le mitraillaient de toute part.

— Le travail sur le terrain fait partie du job principal d'un enquêteur, grinça-t-elle. Si ça ne te convient pas, tu peux toujours à être muté en compta. Si tu sais calculer des entrées et des sorties d'argents aussi efficacement que tu calcules tes heures sup', tu devrais t'y plaire.

Eddy asséna un coup de coude dans le bras de sa collègue, lui adressant un regard excédé.

— Vous trouvez franchement que c'est le moment de vous prendre le bec ? Si on se fait canarder, vous viendrez pas vous plaindre !

Lauren leva les yeux au ciel, sans rien rétorquer pour autant.

— Je vais crocheter la porte, annonça-t-elle sèchement. Ça fera moins de dégâts que si on la défonce à coup de pied.

Elle retira une épingle de ses cheveux et s'agenouilla pour commencer son office sous les regards stupéfaits de ses deux collègues.

— Plus j'apprends à te connaître, et plus je me demande s'il y a des choses que tu ne sais pas faire.

— C'est vraiment tout ce qui te vient à l'esprit ? lui fit remarquer Thomas. T'es pas plus choqué que ça de voir qu'elle crochète une serrure aussi aisément qu'une cambrioleuse ?

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