Chapitre 24

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Le bureau de la résidence principale des Strauss était au moins deux fois plus grand que celui que Lauren avait pu visiter dans leur maisonnette dans les bois. Toutefois, la taille semblait être le seul point divergent. L'agencement de la pièce était identique : un grand bureau face au mur, et une grande bibliothèque postée derrière. La flic nota aussi quelques commodes qui s'ajoutaient sur les côtés.

— Ce que j'ai trouvé bizarre se trouve dans ce tiroir, lui désigna Thomas de la tête.

Lauren s'accroupit à hauteur de la case, l'éclairant du flash de son téléphone.

Elle fronça les sourcils.

— Une partie du tiroir est dépourvue de poussière, commenta son collègue. C'est comme si quelqu'un était venu récupérer quelque chose il y a peu de temps. Seulement, impossible de savoir quoi.

— On ne peut pas le savoir, mais on peut tenter de deviner, corrigea Lauren. Vu la taille, on peut exclure un cahier. Mais la forme rectangulaire ne laisse pas beaucoup d'autres propositions. Si tu veux mon avis, ça devait être un ordinateur portable. Je suppose que tu n'en as pas trouvé ni dans la chambre, ni ici.

Thomas parut décontenancé pendant quelques secondes avant de se reprendre. Lauren avait cru lire dans son regard ce qui s'apparentait à une forme d'admiration, mais elle préféra ne pas s'attarder sur ce constat qu'elle jugeait futile.

— En effet. Tu crois que cet ordinateur aurait pu contenir des preuves qui l'incrimineraient ?

— C'est pas impossible en effet. J'ai bien peur qu'on ne trouve rien de plus ici. Il est venu pour récupérer tout ce qui pourrait l'accabler. Mon petit doigt me dit même qu'on entendra plus jamais parler de lui en tant que médecin. Il se sait cerné, alors il ne risque pas de réapparaître au grand jour.

Du coin de l'œil, elle vit son collègue serrer les poings. Lorsqu'elle leva les yeux vers lui pour le détailler plus en profondeur, elle nota que sa mâchoire était crispée et que ses iris renvoyaient une colère sombre.

Finalement, il semblait qu'Eddy n'avait pas eu tort le jour où il lui avait dit qu'elle finirait par changer d'avis concernant Thomas le jour où ils seraient amenés à bosser ensemble.

Son coéquipier fit justement irruption dans la pièce, agitant son talkie.

— Johnson demande ce que ça donne. Vous avez quelque chose du coup ?

— Une trace qui suggère qu'il a récupéré un ordinateur portable, ou quelque chose du genre, lui apprit Lauren. Mais rien de concret. Dis-lui qu'on sort de là.

Elle emboîta le pas pour s'éclipser du bureau mais Eddy la poursuivit.

— Je rêve ou toi et Thomas vous êtes parvenu à rester seuls plus de trois minutes dans la même pièce sans vous entretuer ?

— Disons simplement qu'il n'est peut-être pas aussi con qu'il en a l'air.

Lorsqu'elle sortit de la grande maison, Lauren soupira en sentant les rayons du soleil qui caressait sa peau claire. Plus les jours passaient et plus il lui semblait que cette énorme boule de feu devenait agressive, un peu à l'image d'un tueur en série qui prend de l'assurance à mesure qu'il fait de victimes.

Les trois officiers furent accueillis par leur supérieur qui ne parvenait pas à masquer sa déception de les voir revenir bredouilles.

— Alors comme ça, vous n'avez vraiment rien trouver de concluant ?

— Non, commandant, confirma Lauren. Mais en voyant l'état de la baraque, on est au moins sûrs à cent pourcents que le type n'est pas étranger à cette affaire.

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