Il avait à peine conscience de ce monde obscure se refermant sur lui. Il ne remarquait pas ce manque de bruit tout autour de sa personne. Il ne distinguait rien lui permettant de prouver si tout ceci était vrai. Il ne pouvait comprendre ce qui lui arrivait. En revanche, il ne pouvait décrire ce qui se tramait partout à l'intérieur. En revanche, il connaissait les conséquences qu'inpliqueraient ces sensations nichées dans son corps. Dès l'instant où il avait compris ce fait, il ne renonça pas, ne pesta pas silencieusement, il ne se débattit pas. Il savait que ça allait être compliqué. Ça allait être difficile dans la mesure où il pensait avoir perdu l'esprit. La raison était bien là, sagement à l'écoute mais il manquait une chose essentielle : le souffle d'une conscience animant son corps. Ceci avait disparu, il n'y avait plus rien. Ce n'était pas pour lui déplaire, il ne ressentait plus rien. Il ne voulait rien et n'attendait aucun souffle pour animer son corps, il ne voulait rien et ne voulait ne rien devoir ; et malgré cette absence primordiale, il ne la désirait pas. Cela n'avait plus aucune espèce d'importance.
Aucun sentiment ne vint l'effleurer de ses agréables caresses. La seule chose qu'il pouvait encore éprouver n'était qu'une extrême lassitude. À peine avait-il ouvert les yeux qu'il ne remarquait qu'une fatigue immense dans ses membres. Le chemin vers les multiples sentiers nocturnes avait été particulièrement long. Consciemment et ses quelques réflexions, il n'avait aucune raison d'écourter à ce point son temps de sommeil. Peu importait à cet instant, le mal avait été fait. En plus d'avoir peu dormi, il n'avait pas cessé de cauchemarder. Des flash gores ou psychologiques revenaient encore hanter ce vide mouvant, mais il attendait, passif, que le temps de s'occuper n'arrive. Il n'était jamais là.
Des impressions contradictoires naquirent parfois en lui. Des pulsions paradoxales se chevauchaient, se bataillaient mais ne gagnaient jamais l'opinion étrangère de son cœur. Les dernières en date le faisaient doucement sourire alors que rien n'était sensé être en mesure de le faire. Apparemment, la raison décrétait qu'il devait se lever, affronter un quotidien sans renouveau tandis qu'une envie mystérieuse clamait vouloir rester dans son futon, là où personne ne verrait rien de plus étrange qu'un être désintéressé de tout ce qui l'entourait. Malheureusement, ce fut l'automatisme qui le poussa à se soumettre au flux sociétal qu'entraînait le travail quand son réveil se mit à chanter.
Il ne fit rien de particulier. Comme à son habitude, il réveilla doucement Joyama avant de filer manger des gâteaux avec un thé parfumé. Il regarda un peu la télévision en sirotant sa boisson. Il l'avait presque vidé quand son ami arriva, les yeux à peine entrouverts, la démarche légèrement défaillante et les cheveux soufflés. Takanori n'eut qu'un bref regard pour lui. À la tête que faisait Joyama, il préférait ne pas entamer une conversation. Il s'enfuit rapidement dans la chambre et se vêtit directement de son kimono de travail. Il se lava le visage puis arrangea ses cheveux et sa face comme il put. À peine le temps de soupirer qu'il lui fallait partir. Il prit à la volée son sac de rechange, ses clefs, son portable et son manteau avant de partir sans se retourner. Il fit le trajet sans enclencher de musique ni même la radio. Au restaurant il cacha ses affaires dans son casier. Raku arriva. Il était tout frais, tout pimpant, avec un grand sourire lui rappelant d'une certaine manière ceux de Kai. Comme à son habitude, sa présence chaleureuse irradiait par tous les pores de son être et Takanori n'empêcha pas un léger rictus de naître au creux de ses lèvres. Takanori tressaillit lorsque Raku le prit dans une soudaine étreinte. Ce contact doux l'avait surpris dans la brume de cette matinée ensoleillée.
« -Toi t'es pas dans un bon jour, déclara Raku sans surprise.
-Pourquoi ? parvint à articuler Takanori en se détachant de cette emprise.
-T'as même pas répondu à mes mails et tu tires une tronche de mille kilomètres.
-Ça se voit tant que ça ?
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MONSTER'S PROJECT : I. Doven
FanficCe fut un désespoir immense qui le submergea lorsqu'il comprit que son seul but n'avait été que la déchéance. Une décadence implacable, cruelle et abominable. La plénitude avait éclipsé toutes ses pensées. Enfin, il avait fait ce qui lui avait sem...
