2 semaines plus tôt...
Aujourd'hui c'est la rentrée des classes... Super original... Ce n'est certes pas le meilleur jour de l'année mais ce n'est pas non plus le pire... La rentrée c'est fourbe. Ça vous donne l'espoir que votre année scolaire sera forcément plus dingue que la précédente mais finalement ce que l'on récolte c'est des exercices de mathématiques encore plus compliqué.
C'est ma dernière année au lycée et j'en venais à me demander si j'avais vraiment profité de mes années lycéennes comme le font certaines bandes d'ados en pleine explosions de testostérones. Non, sûrement pas assez... La vie après le lycée, qu'est-ce que c'était ? Je n'en savais rien et j'étais bien trop occupée à me demander dans quelles facs de biologie j'allais faire des demandes pour penser à cela.
Au même moment, Gabin, mon meilleur ami arriva en trombe derrière moi. Il me sourit et ne voulant pas le vexer je lui rendis son sourire. Il avait plutôt l'air de bonne humeur, c'était d'ailleurs surprenant sachant qu'il venait de se faire larguer il y a deux jours de cela. Je pouvais lire dans ses prunelles bleu turquoise un sentiment de soulagement. C'est vrai que le plus souvent cette fille lui en faisait baver. Gabin, c'est le genre de type à la fois craquant et intelligent. Il intimide pas mal de filles, ça doit être pour ça qu'il est très peu sociable amicalement avec elles. Sa tignasse blonde, ses lunettes grises et son nez en trompette en ont fait craquer plus d'une. Mais aucune qui n'en valait la peine n'eut le courage de lui en parler. C'est dommage parce que mon Gabin, c'est un gars bien.
Tous les deux on se connait depuis le jardin d'enfant, nos mères étaient de grandes amies et nous avons quasiment été élevés dans la même maison. C'est sûrement pour cette raison que j'ai toujours considéré Gabin comme un grand frère. Il m'aide, m'épaule, m'engueule, me fait rire. Depuis que nous sommes enfants, il s'est toujours acharné à me montrer que je valais la peine d'être écoutée et comprise. Je crois que c'est lui qui m'a appris à vivre.
En vérité Gabin et moi sommes très différents. Il a les cheveux ébouriffés blond alors que les miens sont bruns et ondulés, tenant plus de mon père. Les yeux de Gabin sont d'un bleu profond contrairement au mien qui sont simplement verts. Je suis de taille moyenne alors que Gabin est plutôt grand. La seule chose que nous avons en commun c'est le fait que nous ne sommes pas bien épais, ce qui vaut à mon meilleur ami un certain complexe. Le stéréotype américain... Le mec baraque, sportif, au physique de rêve...Si seulement ça existait vraiment.
Quelle belle hypocrisie, les Etats-Unis détiennent le record du taux d'obésité le plus affolant et surtout le plus nocif pour la santé. Qu'elle est belle notre Amérique pendant que des millions d'autre gens crèvent de faim sur terre... Ça me dépasse...
Au bout d'un certain temps je remarquai que Gabin avait vu que je ne lui souriais pas sincèrement mais il ne releva pas ce que j'appréciais vraiment. La communication n'est pas mon fort...
Il m'attrapa vivement par le bras et m'entraina devant les listes qui redistribuaient les classes. Je jetai un rapide coup d'œil pas très intéressée. Tous les ans c'est la même chose : les mêmes têtes, les mêmes profs, les mêmes matières...
Un rictus apparu sur le visage de Gabin quand il montra du doigt nos deux prénoms dans la même classe. Cela faisait depuis le collège que nous n'avions pas été dans la même classe. Quel beau revirement de situation pour une journée qui avait l'air d'avoir tellement mal commencé... Je me demande s'il met toujours autant de temps à ranger ses affaires...
Question idiote. Bien sûre que oui. Gabin est sûrement la personne la plus méticuleuse que je connaisse. La plus brillante aussi.
Sans un mot nous nous dirigeâmes vers notre salle de classe. Celles-ci sont pour la plupart sur des coursives. La légende dirait que c'est une ancienne prison. Drôle d'histoire sachant qu'en première année on nous apprend que c'était en fait un couvent. Très décevant pour certaines personnes je dois bien l'avouer.
207 c'était ici... Passer le pas de la porte de cette classe c'était comme dire définitivement au revoir aux vacances d'été. C'était aussi dire bonjour aux pimbêches que je me trimbale depuis le début de ma scolarité. Franchement, je pensais qu'on était tous nés avec un cerveau !
Ahah ! Si seulement c'était la cas, le monde serait moins pitoyable...
J'allais m'asseoir sur le pupitre à gauche de celui de Gabin quand un grand gars poussa ma chaise vers l'arrière. Manque de chance, je n'avais clairement pas prévu le coup... Je me retrouvai donc ridiculement assise par terre, une légère douleur dans le bas du dos.
La surprise passée, la colère m'envahit instantanément. Je tournai la tête vers le rigolo qui avait fait ça et découvris un grand gars - plutôt bien fichus-, sûrement un peu plus que Gabin, aux cheveux noirs de geai, complètement ébouriffés. Ses prunelles brunes ne semblaient même pas m'avoir vu tomber. Ou du moins cela n'avait l'air de lui faire quoique ce soit.
Je lui jetai un regard tueur en me relevant tandis qu'il s'asseyait à ma place comme si de rien n'était.
Non, mais dite moi que je rêve... !
- Mais ça ne va pas ? j'explosai.
- Si, si très bien. Je te retourne la question, répondit le brun en souriant dans ma direction.
Je restai abasourdie, incapable de dire ni faire quelque chose. En temps normal, j'aurais fait preuve de sarcasme mais là, rien ne sortait de ma bouche. Son air si neutre était horripilant. Je le fixai avec dégoût bien que cela n'avait pas l'air de lui faire plus d'effet que cela.
- Ecoute, on va jouer à un jeu, commença-t-il. Je te rends ta place si tu répètes ce que je dis : Lucas Foster, je t'implore de me rendre cette place.
Un rire cynique franchit mes lèvres. C'est sérieux ? Et bin dit donc, ce mec a si peu d'estime pour lui-même...
- Tu es si frustré que tu te sens forcer d'obliger une fille à te rendre un hommage pour une simple place ? je lançai en me rendant compte que mon sarcasme habituel refaisait surface.
- C'est toi qui veut ce siège, je te rappelle. Sauf que c'est moi qui suis dessus, alors ce sont mes conditions. A toi de voir !
Ah... Cela n'a pas l'air d'avoir eu de l'effet sur lui. S'en était troublant.
J'aurais sûrement pu rester comme ça à compter les fleurs si Gabin ne s'était pas levé de son siège pour m'entraîner au fond de la classe où il restait des pupitres libres. Il ne voulait sûrement pas que je casse le nez d'un élève dès le premier jour. Personnellement ça ne m'aurait pas posé de problème de gâcher son visage faussement angélique.
Quand le cours commença, je ne pus m'empêcher de regarder ce Lucas avec mépris, oubliant peut être même un peu trop le cours d'histoire qui se déroulait dans cette salle. C'est alors qu'une voix venant du pupitre à côté du mien me sortit de ma pseudo rêverie.
- Tu penses à quoi ? me demanda gentiment Gabin.
- A rien... je mentis.
- Ne me dit pas que c'est sur Lucas Foster, que tu fantasmes, Eve ! Tu vaux mieux que ça quand même...
- Je ne fantasme pas sur lui ! je m'emportai plus que je ne l'aurais voulu. Il m'énerve c'est tout...
- Tu admets que tu pensais à lui.
- Je...Non...Enfin si peut être bien. Mais tu sais que c'est parce que je déteste le fait qu'il est réussi à me clouer le bec...
Oui entre autre... Mais dans sa façon de réagir ce garçon avait quelque chose qui me fascinait ou du moins m'intriguait.
Gabin décida de me laisser dans mes songes sachant pertinemment que dans ces moments je déteste être contredits même si j'ai tords.
Je détaillai Lucas de dos comme si ça allait pouvoir m'avancer quand une marque sur sa nuque attira mon attention. On aurait dit une coupure... Je fronçai les sourcils de manière à distinguer la forme de cette dernière. Une lettre ?
C'est pile à ce même moment que Lucas décida de se retourner plantant ses iris brûlantes dans les miennes..
Oh non... Ça n'arrive qu'à moi ce genre de chose... !
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Neverland ?
FanfictionEve Powell est une jeune adolescente de 17 ans, des plus banales. Du moins, c'est ce qu'elle croyait avant d'être confrontée à plusieurs phénomènes qui entravèrent son quotidien. L'aventure ? Elle en avait toujours rêvé. L'adrénaline ? C'était pou...
