Chapitre 42 ✔️

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Depuis ce fameux jour, je n'avais pas revu Crochet. Il se cachait, sûrement dans son bateau à se saouler au rhum comme l'ivrogne qu'il était. Il était resté à l'écart comme le lui avait ordonné Peter. Même si je ne suis pas sûre que cela soit par peur que Crochet ce soit abstenu de nous attaquer. La tristesse et la vengeance le rongeait. Il était plus seul que jamais. Il avait fait les mauvais choix et dommage pour lui mais un bon tiers de son équipage s'était enfuis exténué de cette vie sans rebondissement apparent. Pas de chance, leur chaloupe fut renversée par un groupe de sirènes affamées avant même d'avoir pu rejoindre l'île pour demander grâce à Peter. De toute façon, ils étaient condamnés. Peter n'aurait jamais accepté et leur aurait sûrement arraché leur ombre. Triste fin... Mais encore une fois dommage, je n'ai aucune pitié et aucun scrupule. Je fais ce que je veux parce que j'en ai envie.

Aujourd'hui, je suis de retour sur cette plage où je m'étais fait enlever. Pour la première fois j'étais là pour mettre à bien mon plan. Un plan mûrement réfléchis depuis plusieurs semaines. Je voyais en ce moment même la coque rouge du Jolly Roger. La dernière fois que je l'ai observé de cette façon, j'ai pris un gros coup sur la tête. Mais cette fois-ci c'était différent. Tout était différent. J'ai l'assurance et le pouvoir, exactement ce qu'il me fallait pour combattre Crochet. Mais après avoir mûrement réfléchis, je me suis rendue compte que me battre contre lui avec ma magie était déloyale. Nous ne serions pas à égalité et je pense que malgré la noirceur de mon cœur, je ressentirais une certaine culpabilité. Il m'a blessé de son crochet mais je ne serais pas aussi indulgente. Un combat à la loyale dans les règles de l'art.

***

J'arpentai le pont du Jolly Roger à la recherche d'un marin mais apparemment ils avaient tous déserté leur poste. Du moins, c'est ce que je croyais jusqu'à ce qu'un homme de petite taille un peu enrobé avec un bonnet rouge ouvrit la porte réservée aux appartements du capitaine. Aussitôt il posa les yeux sur moi, aussitôt un air paniqué se dessina sur son visage et il rentra précipitamment dans la pièce d'où il venait. J'adore voir cette panique sur leur visage. Ils pensent que je suis là pour les massacrer alors qu'en fait je n'en ai rien à faire, ce ne sont que de misérables cafards qui m'empêchent d'arriver à mes fins. Je n'avais pas besoin de courir après ce pauvre marin : je savais qu'il allait chercher son capitaine.

Quelques secondes plus tard, la mine rageuse de Crochet apparu et un air sévère s'empara de son visage. L'incompréhension fut vite remplacée par la colère et il dit en pinçant les lèvres avec amertume.

- Mouche m'a dit que tu me rendais une petite visite de courtoisie...

- Si seulement... J'aimerais pouvoir te dire que je ne suis pas là pour m'en prendre à toi mais je mentirais.

- Alors que me veux-tu ?

- J'étais partie dans l'idée de jouer un rôle pour te déstabiliser mais ce serait beaucoup moins attrayant que ce que j'ai prévu... dis-je en souriant.

- Et quel plan perfide t'es-tu mis en tête ? Je suis curieux de découvrir comment tu vas me tuer.

- Pourquoi crois-tu que je veux ta mort ? je lui demandai amusée.

- C'est évident... Tu penses réellement que je n'ai pas entendu des vagues de tes excès affolants... Tu n'es plus la jeune fille que j'ai accueilli sur mon bateau il y a des mois de ça.

- Accueilli n'est pas le terme que j'emploierai. Enlevée, séquestrée et torturée conviendrait mieux.

- Peu importe... lâcha-t-il d'un air nonchalant. Le fait est que je n'ai pas peur d'une adolescente au pouvoir aussi noir que son cœur. Tu ne le sais pas encore mais tu es faible...

Neverland ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant