Chapitre 21✔️

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L'air était étrangement chaud, gorgé d'humidité, comme si un orage allait éclater sous nos têtes. Soudain, une bourrasque de vent vint frapper ma joue.

- Qu'est ce que tu fais encore debout à cette heure ? demanda une voix dans mon dos.

Je me retournai et observai Peter, de sa carrure athlétique m'observer le bras croisés. Son expression était différente de d'habitude.

Pensant aux mots de Peter, je me rendis compte ne pas savoir quelle heure il était, ni même me souvenir de la façon dont j'étais arrivée jusqu'à la plage.

Je ne lui répondis pas, perdue dans mes pensées. En fait, c'est comme si je ne me souvenais plus de rien.

Mais comment... ?

- Eve, mon ange... appela Peter encore une fois.

Mon ange ? C'est quoi cette histoire ? Pourquoi m'appelle -t-il ainsi ? Mais où est ce que je suis, bordel ? Pourquoi tout me parait si superficiel ?

Le garçon aux cheveux de feu me détailla avant de commencer une autre phrase.

Avant que je ne puisse comprendre ce qu'il m'arrivait, je sentis une violente douleur dans le bas du dos. Mon esprit s'embua peu peu également ne laissant place qu'à un vide sidéral.

PAF !

Mes fesses venaient de percuter brutalement le sol, me réveillant au passage de ce rêve (si peut-on l'appeler ainsi). Les planches de la cabane en bois de Peter ne me paraissaient pas aussi dure jusqu'à présent.

Mon dos... !

- Bouge ton petit cul, ma jolie. Sinon tu vas le regretter, souffla Peter près de mon oreille.

Je ne suis définitivement pas du matin et je déteste qu'on me donne des ordres. Je l'envoyai balader en lui présentant mon majeur (qui ressemblait plus un knacki ball).

Je l'entendis rire. Hum, il a un beau rire quand il veut : à la fois mélodieux et sincère. Je souris aussi, rien qu'à cette pensée. Du moins, ce fut le cas jusqu'à ce que je sente mon corps quitter le parquet brut de la cabane. Je rouvris rapidement les yeux et remarquai que Peter m'avait pris dans ses bras. Je le regardai, déroutée. Mais qu'est ce qu'il fiche, bon sang ?

Le comble a été que j'ai très vite compris quand il me jeta par la fenêtre de son humble demeure et que j'atterri le ventre contre la terre encore froide et humide par la rosée.

- Va te faire loutre, je lançai à l'attention de Peter.

Si un jour on m'avait dit que je me ferais jeter par la fenêtre, je n'aurais pas réagi aussi pacifiquement qu'aujourd'hui. Mais le fait est que je suis coincée sur cette île sans aucun moyen de m'en échapper. En tout cas pas pour le moment...

Je me relevai endolorie et grognai alors que Peter sortait de la cabane d'une démarche assurée avec son fidèle sourire malsain.

Pourquoi doit-il toujours agir ainsi ? Ne peut-il pas se montrer un tant soit peu humain...

Mal réveillée, je le suivis en bougonnant jusqu'à la cascade. On aurait dit une enfant qui n'avait pas eu le droit de faire un tour de manège supplémentaire et qui aurait rêvé d'aller dans la montgolfière qui tourne aussi vite qu'un de ces manèges qui te donnent la nausée en moins de deux. Quoiqu'il en soit, Peter allait me payer ce réveil plus que brutale.

Arrivée à la cascade, je m'attachai rapidement les cheveux pour ne pas me retrouver dans le même état que hier. Il n'était plus question de perdre une seconde. Alors, cette fois si c'est moi qui commençai à attaquer : ce qui sembla lui plaire. Cette situation avait l'air de l'amusé alors que moi je baignai dans ma propre sueur. Le pire, c'est qu'il n'y a rien de sexy dans une femme pleine de transpiration contrairement à ce que l'on pourrait imaginer. Surtout si elle est essoufflée comme un bœuf en moins de temps qu'i n'en faut pour le dire.

Neverland ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant