-Espèce de pourriture ! Crachais-je. Tu n'es qu'un vendu depuis le début ! Comment peux tu faire ça ? Tu trahi ta famille et tes amis....Tu m'as trahi moi.
-Je ne t'ai pas trahi, je t'ai trompé, nuance, fit il en levant un index correcteur.
-N'as tu aucune conscience ?
-Bien sûr que si ! C'est moi qui, en vérité est mieux compris que vous autres...Quand Voldemort reviendra pour de bon d'entre les morts, ce sera nous, ses humbles serviteurs qui seront gratifiés de sa reconnaissance, et à ce moment là je pourrai protéger ma famille.
-Et je suis le prix à payer.
-Oh ne t'avance pas trop, en réalité c'est Gustave que j'ai croisé un jour dans l'allée des embrumes qui m'a venté les mérites d'une pareille entreprise, il m'a alors parlé de la prophétie. Déjà à l'époque je ne te supportais pas ! Une sale miss-je-sais-tout, complètement ivre de connaissances, hautaine et hypocrite...
Sentant les larmes monter, je fermais les yeux pour les empêcher de couler. Comment pouvait il avoir jouer une pareille mascarade pendant tout ce temps ? Non...je refusais de le croire.
-Bon, soupira t'il en se frottant les mains, ce n'est pas que je m'ennuie mais presque...Où en étions nous ? Ah oui ça me revient, ajouta t'il avec un coup d'œil sur ma baguette.
-Ça a dû être tellement jouissif pour toi quand tu as enfin pu pouvoir me tabasser à ta guise lors de la coupe du monde, crachais-je avec haine.
-Si tu savais, fit il avec un grand sourire.
-Et tu as failli griller ta couverture pour quelques instants de torture...
-Oui...En réalité je ne pensais pas que tu m'échapperais, tu t'es bien défendue ce soir là, une vrai petite furie. M'accorda t'il avec un sourire gracieux.
-Mais pourquoi as tu joué la comédie ainsi ? Pourquoi ne pas m'avoir kidnappée plus tôt ?
-Tu espère gagner du temps avec tous tes babillages ?
-Je n'espère plus rien.
-Tant mieux. Il leva ma baguette : ENDOLORIS !
La puissance du sortilège me projeta au sol une nouvelle fois où je me tordis de douleur, l'avantage était que cette douleur ci m'empêchait de ressentir celle de ma blessure, la morsure se propageait rapidement dans mon corps, je ne voyais plus qu'une seule issu, leur implorer de me tuer, de me laisser me tuer, ce serait tellement plus simple, tellement plus rapide. Une fois morte je pourrais revenir les hanter éternellement et leur faire souffrir mille morts comme la mienne, je pourrais crier au monde entier ce que Fred avait fait et ce qu'il pourrait encore faire, je ruinerai sa vie, je lui cracherai dessus avec tout le mépris qu'il m'inspirait, je pourrais enfin être délivrée de cette souffrance qui m'arrachait les pires aspirations...Puis je pensais à mes parents, je pensais à Harry, aux Weasley...Avais-je le droit de le laisser gagner ? Avais-je le droit de le laisser me briser ? Je décidais dans un ultime effort d'isoler ce mal dans un coin de mon cerveau, ce n'était qu'une souffrance physique, j'étais plus forte que ça, plus forte que lui. Derrière ma barrière mentale j'étais devenue une forteresse imprenable, inatteignable. La douleur s'en alla comme elle était venue, me laissant pantelante, les muscles à bout de force, le cœur battant la chamade, la joue contre le carrelage frais de cette pièce vide.
-Aller ! Demande moi de te laisser te tuer ! Je commence à fatiguer.
-Je te hais, parviens-je à murmurer.
-Pas très convainquant tout ça, rigola t'il.
Et il recommença, rigolant, savourant, me répétant à quel point je m'étais trompée sur son compte. Quand vient le moment où je cru que mon cœur allait finir par exploser, que la tête me tournait et que je n'avais même plus la force de reprendre mon souffle, mes yeux à peine entrouverts détectèrent un mouvement au fond de la pièce, une grande silhouette noire qui se rapprochait lentement. Au prix de gros efforts je reconnu Elian que j'avais rencontré en compagnie de David, moment où je fus encore heureuse, et en vie.
-T-toi aussi tu es là pour le spectacle ? Dis-je dans un souffle.
-Qu'est ce qu'il dit le microbe ? Fit Fred en se levant du sol où il reprenait, accroupi, son souffle. Pour toute réponse il eu un long râle de ma respiration devenue sifflante. Il souffla d'agacement et vient vers moi, sans ménagements il attrapa mon menton entre ses doigts et tira mon visage à lui, nous n'étions plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Là, c'était le moment, si je mourrais maintenant il serrait responsable de ma mort et serait la victime de cette prophétie que je n'étais pas encore totalement sûre d'avoir comprise. Dans tous les cas, ils serait dans la merde. Je fermais les yeux en savourant à l'avance l'apaisement et le réconfort que m'apporteraient l'abandon dans les bras de la faucheuse, des milliers de petits points blancs obstruèrent ma vision alors que je rouvrais les yeux dans un sourire triomphale de ce que je considérais comme une victoire sur ma monstruosité de petit copain.
-Et oh ! Qu'est ce que tu fais là ? S'exclama Fred en comprenant que je commençais à partir, il passa ses avants bras sous mes aisselles et commença à vouloir me mettre debout, échouant lamentablement à redresser ma carcasse agonisante, il soutient ma tête d'une main et me donna des petites tapes sur les joues avec celle qui tenait ma baguette. Dans un pur désir d'avoir la paix, je décidais de chasser sa main avec les seules armes qui me restait encore.
-SALOPE ! Rugit il en me jetant à terre une nouvelle fois et bondissant sur ses pieds. Il se tenait la main où était visible la trace sanguinolente de mes dents.
J'éclatais de rire et lui crachais un filet de bave rougeâtre sur les chaussures, ce qui me valut un coup de pieds dans l'estomac. Le souffle coupé je roulais sur le dos en toussant et m'étouffant. Mon regard tomba une nouvelle fois sur Elian qui, restait en retrait, observait la scène.
-TOI AUSSI TU EN VEUX ? M'écriais-je hors de moi, VIENS ! APPROCHE ! OBSERVEZ TOUS LA MORT DE L'ETRE A L'ESPRIT VIF.
-A qui parle tu ainsi ? S'exclama Gustave en attrapant sa baguette, nous sommes seuls.
Fred se retourna vivement et découvrit ce qui se révélait être un intrus. Ne cherchant plus à comprendre ce qui se passait autour de moi, je fermai les yeux en savourant ces quelques secondes de répit absolument délicieuses et attendit sagement la fameuse lumière blanche dont tout le monde parlait tant...
Je rouvris un œil hésitant, tout n'était que calme autour de moi, je m'attendais à avoir mal en respirant mais à ma grande surprise mes poumons ne me brûlèrent pas lorsqu'ils se remplirent d'air. Je bougeais légèrement et me rendis compte que ma cuisse était enveloppée dans un épais bandage d'un blanc immaculé et d'une propreté irréprochable. Je soulevais mon t-shirt sous lequel ma peau me démangeais et découvris un énorme bleu qui s'étendait de la dernière de mes cottes jusqu'à l'aine. Un onguent était étalé dessus. Je continuais mon inspection en décomptant quelques menues blessures ici et là, lentement, je commençais à remuer mes orteils, puis mes chevilles, et ainsi de suite afin de vérifier que j'avais la totale possibilité de mobiliser mon corps. Aux prix cependant de nombreuse grimaces et d'un tournis récurent, je parviens à me mettre en position assise. Je laissais alors mon regard se balader dans la pièce, meublée d'une table de chevet, de chandelles, d'une fenêtre aux rideaux tirés et d'une porte, je reconnu là le décors impersonnel des chambres d'hôpital, s'ajoutait à ma déduction une forte odeur de désinfectant qui finit d'approuver mon verdict.
Soudain, la porte s'ouvrit doucement.
-Ah, Miss Granger, vous êtes parfaitement à l'heure.
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Pire que les Sangs de Bourbe
FanfictionPoudlard se fait ici le théâtre des règles tortueuses de l'amour adolescent. Celles-ci ne laissent de repos à personne. Hermione Granger y découvre, aux côtés de Fred Weasley, un monde de rires et de tendresse. Ce n'est que la face révélée d'un vér...
