Serpent

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Les volets électriques du somptueux appartement se lèvent doucement sur Paris.
Le soleil orangé frappant la Seine, le serpent de feu scinde la capitale et offre une vue magnifique à Louisa qui vient de s'éveiller. Curieusement, cette nuit fut divine pour la jeune femme et depuis très longtemps, elle n'avait pas plongé dans les bras de Morphée aussi profondément.
Peut-être que l'abus de tequila avec Hélène au Mexique y était pour quelque chose, mais peu importe. Louisa se réveille apaisée et reposée après les terribles épreuves subites dernièrement. Elle étire ses bras encore contusionnés après l'attaque de l'autoroute et se lève de son lit.
Seule dans l'immense appartement, elle traverse le salon pour gagner la grande cuisine et son immanquable café matinal. Une fois servie, Louisa le déguste devant la baie vitrée en observant les rues de la capitale en agitation.

C'est vraiment magnifique, marmonne-t-elle paisiblement en prenant une gorgée du suculeux nectar.

Une petite sonnerie retentit dans le salon prévenant l'arrivée d'une personne dans l'ascenseur. Après seulement quelques secondes, la mère de Louisa pénètre dans l'appartement les bras chargés de sac de commissions.

Ah ma chérie ! Tu es là ! dit-elle avec un grand sourire. Il me semblait bien que j'avais entendu quelqu'un rentré hier soir.
—Bonjour maman, répond Louisa en s'avançant pour l'embrasser. Oui je ne voulais pas te réveiller, je suis rentré tard.
Alors ce nouveau travail ? Madame Cactus n'a pas l'air commode dis donc !

Louisa sourit, toujours du fait de l'absurdité du nom choisi par Hélène.

Oh oui, c'est une vraie chieuse ! Mais mon travail me plait énormément et il paie bien !
—Tant mieux alors ! Et si il t'accorde beaucoup d'avantage comme cet appartement, tu devrais le garder, rétorque sa mère en souriant. On doit rester jusqu'à quand ici ?
Oh madame Cactus vit un peu partout et a beaucoup d'appartement. On peut rester ici autant qu'on veux, ça ne la dérange pas.
—Elle est pas si chieuse finalement, dit sa mère en si dirigeant vers la cuisine.

Elle pose ses commissions sur l'îlot central et commence à les déballer.

En tout cas tant mieux ! J'ai invité des amis demain soir, je vais faire un bon bœuf bourguignon. Tu sais pas la meilleure ? On a un service de chauffeur à disposition ! Ils m'ont emmené dans tout les magasins que je désirais, j'avais l'impression d'être la reine d'Angleterre, dit-elle en rigolant.

Cela fait une éternité que Louisa n'a pas vu sa mère aussi souriante, aussi légère, aussi apaisée. Peut-être que cette nouvelle vie, certes violente et dangereuse pour Louisa, peut cependant apportée beaucoup à sa famille. Un sentiment de satisfaction envahit profondément la jeune femme qui enlace tendrement sa mère.

Je t'aime maman, lui chuchote-t-elle en l'embrassant sur la joue.
Oh ma chérie ... moi aussi. Que se passe-t-il ?
—Rien. J'avais simplement envie de te le dire.
—Merci ma chérie, répond sa mère un peu étonnée.

Elle n'a pas l'habitude de ses élans de tendresse surtout venant de Louisa. Susanne a toujours pensé que sa fille avait malheuresement hérité du cœur de pierre de son père, et une distance naturelle s'était imposée entre les deux au cours de son adolescence.

Tu veux bien m'aider à préparer le repas ?
—Bien-sûr !
—Va chercher un économe et épluche moi quelques carottes.

Mère et fille commencent à s'agiter en cuisine lorsque le téléphone portable de Susanne se met à sonner. Elle fouille ardemment dans son sac et décroche.
Surprise, elle tend le téléphone à Louisa.

C'est pour toi. C'est la police.

À LA TÊTE DU CARTEL Des histoires addictives. Découvrez maintenant