Brulant

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Le café brulant atteint ses papilles.
Dans un mouvement de reflex, il s'avance brutalement en reversant le bouillant liquide sur le siège de la voiture, manquant de peu de s'ébouillanter les cuisses.

Putain ! Mais qu'est ce que tu fous ? s'exclame le lieutenant Bérard en regardant son coéquipier en train d'essayer de dissimuler la catastrophe présente sur ses chaussures.
Désolé je m'attendais pas à un café si chaud !
—C'est le principe d'un Thermos, cela garde les choses au chaud. Reste concentré Flo, quand on fait une planque tout peux changer en une minute.
—Désolé chef.

La petite citadine bleue garée au coin de la rue, offre aux deux policiers une vue parfaite sur le luxueux immeuble parisien.

En même temps ... Ça fait trois heures chef et on a toujours rien vu.
—Pour l'instant. Trois heures ce n'est rien pour une planque, cela peut durer sept voir huit heures. Il faut encore patienter et je te signale que Louisa Conti n'est toujours pas revenue. Je veux voir si elle va rentrer avec quelqu'un.
Pourquoi ? demande son jeune équipier, voyant son chef très investi dans cette affaire.
Parce-que il y a quelque chose qui cloche, répond le lieutenant en ingurgitant à son tour du café. Je veux connaître son entourage pour pouvoir connaître le fond de cette histoire. Même si cette piste ne me mêne à rien, au moins je n'aurai aucun regret.
—Je comprend chef, en tout cas merci de me laisser travailler sur cette affaire avec vous. C'est une belle opportunité pour moi surtout quand on sort à peine de l'école de police.
—Vous êtes nouveau, c'est normal. Il faut bien préparer la relève, rétorque le lieutenant en faisant un sourire complice. En figurez-vous que je vous apprécie, vous voulez apprendre et j'aime cette qualité.

Le lieutenant Bérard aperçoit enfin du mouvement.
Un large 4x4 noir se positionne devant le hall d'entrée et à sa grande surprise, la mère de Louisa descend du véhicule les bras chargés de sacs.
Un homme lui ouvre la porte et l'aide à se décharger.

C'est Susanne Conti, la mère de Louisa, dit le lieutenant qui s'est renfoncé dans son siège. Par contre, le gros gaillard musclé je sais pas qui c'est ... mais il a pas l'air du coin.

Il continue de fixer l'individu et remarque une certaine complicité avec la mère de Louisa. Son équipier saisit un appareil photo et capture discrètement la scène.

On va très vite le découvrir, dit-il satisfait.

Après avoir mitraillé, il se saisit d'un ordinateur portable disposé sur la banquette arrière et branche l'appareil photo à l'aide d'un câble. Il sélectionne la dernière photo, coupe le visage de l'homme et lance le programme de recherche dans la base de données.
Un match apparaît instantanément.
Il tourne son écran en direction du lieutenant.

Lorïs Kovalenko alias « Loup ».

D'un geste précipité, le lieutenant Bérard se saisit de l'ordinateur manquant lui aussi de renverser du café sur son siège.

Comment cette femme peut connaître l'ancien sbire d'un ministre ukrainien corrompu ? marmonne le lieutenant en faisant défilé les informations. Après l'assassinat de son boss, on a plus grand-chose à part qu'il a été aperçu il y a deux ans en Italie. Selon les infos, ils transmettaient beaucoup d'argent aux employés du port de Gênes mais ensuite il a disparu.

Le lieutenant Bérard redresse son regard.
Il est sur une piste et il le sait.
Son instinct de vieux flic fulmine. Il se dit que l'affaire Rue du Louvre n'est peut-être pas une attaque terroriste mais l'élément déclencheur de quelque chose de beaucoup plus grand.

On va rester Flo, j'en ai pas fini ici.

À LA TÊTE DU CARTEL Des histoires addictives. Découvrez maintenant