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Miroir funeste

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Une fois que la gerbe de feu projetée par la grenade atteint la chaufferie, l'embrasement atteint l'immense bonbonne de gaz et se faufile parmi la tuyauterie du manoir.
Le gaz comprimé entraine une explosion colossale.
Le souffle pulvérise le plafond du sous-sol soutenant la salle de réception. Une grande partie du parquet s'effondre sur le couloir et les pièces adjacentes. Les invités, attablés et loin d'imaginer les tumultes sous leurs pieds, sont projetés par un mur de feu puis avalés dans le profond gouffre créé par l'explosion.
La détonation explosent les immenses fenêtres d'époques en arrachant les larges lustres en cristaux qui agrémentent le fastueux plafond du Combat des Dunes. Les armatures en métal et pierres précieuses tombent sur les invités fuyant désespérément les lieux afin d'éviter de se faire engloutir par l'éboulement.

Tout le monde va bien ... ? demande André en se relevant difficilement à l'intérieur de l'ascenseur de service.

Complètement sourde à cause de l'explosion, Louisa fait signe qu'elle n'est pas blessée.
Lorsque le mur de feu s'est propagé, l'ascenseur à moitié fermé, a formé un rempart de protection pour les trois équipiers. Néanmoins, comme des rats en cage, ils sont bloqués à l'intérieur du caisson métallique sous des tonnes de décombres et avec une température ne cessant d'augmenter. André commence à s'activer pour trouver un moyen de sortie.
Louisa arrache un morceau de sa robe et forme un garrot au niveau du mollet de Julien pour stopper l'hémorragie.

C.. C'est vraiment l'ascenseur de l'enfer ..! dit Julien avec un ton plaisantin pour cacher la douleur intense qu'il ressent à la jambe.

Louisa ne prête pas attention à sa remarque, trop occupée à tenter d'arrêter le saignement.

Tu peux marcher ?!
—Oui je crois..

Il se relève difficilement et observe André en train d'arracher une tige métallique ayant transpercé le haut de l'ascenseur pendant l'effondrement.
Avec l'aide de Louisa, ils utilisent la tige comme levier pour tirer sur la porte métallique et ainsi la faire coulisser. À peine entre-ouvert, André se glisse parmi les décombres. Il avance allongé en dégageant tant bien que mal un passage suffisamment large, et finis par pousser une lourde pierre qui tombe d'une certaine hauteur.

Venez ! C'est le moment ou jamais de sortir d'ici !

Difficilement, Louisa et Julien se glisse à leur tour dans le petit passage. Centimètre après centimètre, Julien se retient d'hurler à chaque frottement de sa jambe contre les pierre saillantes et serre les dents aussi fort qu'il peut. Trop proche du but pour abandonner, il se démène pour avancer.
Une fois au bout du tunnel chaotique, la dévastation s'offre à eux.
Un trou béant traverse le manoir de haut en bas. Des cadavres en robe de soirée et élégants costards recouvrent les décombres dont certains, les membres brisés, agonisent encore.
Les trois équipiers traversent le charnier et enjambent des personnes empalées ou complètement écrasé par de lourdes pierres dont certains supplient de leur venir en aide. Louisa reconnaît le présentateur de son talk show, inconscient, le corps à moitié enseveli sous de lourdes pierres.
De l'eau et des déjections provenant des canalisations arrachés se déversent dans le gouffre. L'odeur de la poudre et du sang envahit l'espace dans un relan immonde d'urine.

—*psssht* Vous êtes là ?!
—Hélène ?! répond instantanément Louisa.
Vous étiez passez où ?! Ça fait dix minutes que j'entend plus rien !
—On était bloqué sous des décombres, ta grenade nous a bien foutu dans la merde !!
—Qu'est ce qui s'est passé ?!
—C'est trop long à t'expliquer ! Mais le plan pour ressortir par les égouts est foutu, Julien est blessé il n'y arrivera jamais !

André s'avance vers Louisa pour parler dans son oreillette.

Hélène, je ne t'entend pas. On a besoin que tu viennes nous chercher ! Rejoins nous au manoir, on va tenter d'attendre discrètement !
—Il y a une petite chapelle au fond des jardins, précise Julien en s'asseyant sur les décombres pour soulager sa jambe. Si mes plans sont vrais, une route passe en contre-bas.
Pour l'instant on a rien d'autres comme solution, on y va ! s'exclame André.
—Je pars de la tanière et j'appelle Loup pour qu'il me rejoigne. Je pourrai plus communiquer avec vous donc soyez prudent, je suis là dans une vingtaine de minute ! dit Hélène dans l'oreillette.

Louisa et André glissent leur bras sous les épaules de Julien et se mettent à gravir les décombres pour sortir du gouffre.
Leur ascension débouche sur la vaste salle de réception complètement soufflée par l'explosion. Louisa remarque que le plafond complètement saccagé, les tables et la scène projetés contre les murs, les fenêtres pulvérisées, les lustres éclatés en mille morceaux, et le sol jonché d'éclats et d'objets en tout genre, donnent un aspect apocalyptique à l'endroit.
Comme un miroir funeste sur la scène de guerre peinte au plafond.

À LA TÊTE DU CARTEL Des histoires addictives. Découvrez maintenant