Chapitre 17 : Candice

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Après que Terrence m'ai ramené chez moi, j'ai passé l'entièreté de ma soirée à étudier le contrat que nous avions signé et je me sentais bête parce que même si au premier à bord il paraissait inoffensif, la tournure des phrases me piégeaient donc lorsque Terrence disait que je lui appartenais, il voulait dire littéralement lui appartenir, mais je n'étais pas énervée contre lui car il était celui qui m'avait averti de lire le contrat et de lui faire part des modifications que je souhaitais. Je ne pouvais blâmer que mon inconscience pour cet erreur, mais je n'allais pas pleurer. Le contrat stipulait clairement que dès que le bébé viendrait au monde, je ne serais plus légalement lié à Terrence et que malgré la fin de notre collaboration, Candice recevrait toujours les soins nécessaires à sa guérison et c'était tout ce qui comptait. C'est donc sur ces pensées optimistes que je me suis couchée.

Le lendemain, mes yeux étaient ouverts à 8h et je m'étais réveillée avec l'intention de me rendre à l'hôpital dans l'après-midi, mais je voulais commencer la journée par retirer mes braids. Elles dataient de presque deux mois et les repousses commençaient à être très longues. J'ai donc attrapé tous les produits et peignes nécessaires avant de m'installer au salon devant une émission de télé-réalité.

« Je suis en retard ! Bonne chance ! » S'écria Marie en sortant de l'appartement à toute vitesse

Et elle pouvait me le souhaiter car peu importe à quel point j'aimais mes cheveux, je redoutais toujours les soins et shampoing qui devait suivre après deux mois dans des braids, surtout que mes cheveux n'étaient pas du genre à me rendre la vie facile : ils étaient longs, épais et très touffu et je ne remercierai jamais assez ma tante pour m'avoir appris tout ce que j'avais à savoir sur les cheveux afros parce-que sans ces conseils, je pense que je pleurerais à chaque fois que j'aurais à la coiffer.

Marie et Jonah n'ont jamais aimé que je défasse mes braids au salon, mais elles ont aussi vite compris que sur ce terrain, elles n'auraient pas le choix car j'avais besoin d'espace, d'air et d'un divertissement superficiel. Elles ont assisté à pas mal de mes transitions capillaires et leurs réactions étaient toujours les mêmes : le choc, la curiosité et l'émerveillement. C'était d'ailleurs pareil à chaque fois que je lâchais mes cheveux en sortant. Les regards posés sur moi, les interrogations de certaines personnes et la crainte, j'y étais habituée et c'est pour cette raison que je me fichais du jugement des autres, car depuis ma naissance, j'étais jugée et cataloguée.

« Est-ce que tu as besoin d'aide ? »

J'ai tourné la tête vers la cuisine où Ruby se trouvait et lui ai lancé un regard rempli d'interrogations : pourquoi est-ce qu'elle me parlait ? Et je pense qu'elle avait lu dans mes pensées car elle leva les mains en l'air en signe de résignation et s'excusa à nouveau avant de retourner dans sa chambre.

Il était 13h30 et ce fut lorsque j'eu terminé de retirer mes braids et peigner mes cheveux que Cut se décida à venir me tenir compagnie, mais je m'étais déjà redressée et je ramassais les mèches qui trainaient au sol pour les mettre dans la poubelle. Après avoir nettoyé le salon, j'ai rapidement tressé ma tête et me suis dirigée vers la douche. Une fois propre je me suis entièrement préparée et ai coiffé mes cheveux en attachant un foulard marron avant de finalement quitter l'appartement sous les aboiements mécontents de Cut.

Pendant mon trajet jusqu'à l'hôpital, j'avais décidé d'acheter des hots-dogs à déguster avec Candice. Elle en raffolait donc j'essayais toujours de lui en ramener au moins une fois par mois. Évidemment je comptais sur le fait qu'elle soit réveillée sinon j'étais bien décidée à manger les deux, mais lorsque j'ai posé la question à l'accueil de l'hôpital, on m'informa que ma sœur se promenait dans la cour. Je m'y suis donc rendue et c'est en me dirigeant vers la fontaine que je l'ai vu, installée sur sa chaise roulante, ses lunettes sur le nez et plongée dans sa lecture.

De'Vaurow : SurrogateOù les histoires vivent. Découvrez maintenant