« Elisabeth,
L'autre jour, je n'ai pas été très honnête avec toi lorsque j'ai prétendu vivre chaque jour comme si c'était le dernier.
Pourtant, c'était le cas il y a encore quelques semaines de ça. Comme je te l'ai dit la dernière fois, j'ai toujours essayé de profiter pleinement de chaque moment que la vie voulait bien m'offrir, sans me soucier vraiment du lendemain. Dans un sens, j'imagine que c'est plutôt facile de vivre sans attache lorsque rien n'a vraiment d'importance à nos yeux.
Mais depuis que je t'ai rencontrée et que j'ai appris à mieux te connaître, il y a bien une chose que je n'ai toujours pas eu le courage de faire. Celle de t'inviter à sortir. Car pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai peur. Peur de prendre le risque d'être profondément déçu si tu refusais.
Alors aujourd'hui, c'est à mon tour de me jeter à l'eau. Si tu es d'accord, rendez-vous à vingt heures ce soir sur le front de mer. J'espère que tu accepteras. J'ai passé un moment inoubliable avec toi l'autre soir sur la plage. Léo »
Ainsi donc, les belles robes et les paillettes ne l'intéressaient pas. Il préférait... Elisabeth ne savait pas trop ce qu'il préférait. Mais qu'importe ! Cela n'avait plus aucune importance désormais. Il s'intéressait à elle, la vraie et c'était tout ce qui comptait.
Euphorique, elle bondit à plusieurs reprises sur son lit en criant de joie avant de courir en direction du quartier du Staff, le message à la main. Elle avait hâte de partager la nouvelle avec Julia. Les garçons faisaient une partie de cartes sur la terrasse du bungalow.
— Coucou les gars ! Julia est là ?
— Salut, toi ! Oui, elle est dedans, lui répondit chaleureusement Manu. Passe, fais comme chez toi.
— Mince, ce n'est pas moi que tu viens voir ? plaisanta Thomas au même moment.
— Eh non, désolée Thomas !
Une demi-seconde plus tard, Elisabeth avait déjà disparu.
— Elle a bien l'air pressée aujourd'hui..., s'étonna Thomas. Dommage, tu ne sais pas ce que tu loupes Mini B. ! lui cria-t-il à travers la porte.
Pas de trace de Julia à l'intérieur. Le mobil-home avait l'air désert. Il fallait absolument qu'elle lui raconte !
— Julia ?
— Elisabeth ? Entre, je suis là !
Sa voix provenait de la salle de bain. Sans réfléchir, Elisabeth poussa la porte en même temps que celle-ci s'ouvrait et... se cogna brusquement la tête contre la poitrine de Léo.
— Oups ! Désolée...
Torse nu, les cheveux encore mouillés et une minuscule serviette autour des hanches, il semblait tout juste sorti de la douche ! Et il sentait irrésistiblement bon l'après-rasage...
Lorsqu'elle s'aperçut qu'elle l'étudiait ouvertement alors qu'il était à demi-nu, Elisabeth se força à détourner le regard, rouge de honte. Léo, de son côté, à la fois gêné et amusé par la situation, s'éclaircit bruyamment la gorge puis lui tendit la main pour l'aider à se relever :
— Ça va ? Tu ne t'es pas fait mal ?
Julia choisit cet instant pour sortir de la pièce d'à côté.
— Elisabeth ? Qu'est-ce que tu voulais me dire de si important ?
— Euh...
Alors qu'Elisabeth cherchait une excuse, une forte odeur de brûlé leur parvint et Julia tressaillit soudain :
— Oh non, mon gâteau ! Je peux vous laisser ? J'avais complètement oublié qu'il était au four, il va être tout cramé !
Et sans attendre leur réponse, elle sprinta en direction de la cuisinière. De nouveau seuls, Elisabeth et Léo échangèrent un regard, intimidés. Lorsque Elisabeth réalisa qu'elle tenait toujours son mot à la main. Elle se mit à rougir, embarrassée.
— A tout à l'heure alors, conclut Léo en chuchotant, un petit sourire entendu en regardant le bout de papier.
— Oui, à tout à l'heure...
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A contre-courant
Novela JuvenilLacanau, été 2016. Jeune athlète à l'avenir prometteur, Elisabeth Armilhac partage son temps libre entre les entraînements de surf, les sorties avec sa bande d'amis, son petit ami et sa sœur jumelle, Clara. Une existence heureuse et pleine de promes...
