Chapitre 8

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    Les jours qui suivirent offrirent à Elisabeth bien plus qu'elle ne l'aurait jamais espéré. Elle ne se souvenait pas avoir été un jour aussi heureuse qu'elle ne l'était à présent. C'était comme si Léo et elle s'étaient toujours connus.

    Suite à la nuit d'amour qu'ils avaient partagée, ils savouraient chaque petit moment que la vie voulait bien leur donner ensemble. Généralement, Elisabeth parvenait à s'éclipser à l'aube, avant son cours de littérature. Ils en profitaient alors pour surfer, se promener le long de la plage ou encore passer du temps chez Léo. Parfois, ils marchaient en silence, savourant simplement le fait d'être ensemble.

    Le soir, sitôt le dîner terminé, Elisabeth regagnait sa chambre, prétextant étudier un moment encore avant de dormir. En réalité, Léo passait la chercher et ils s'enfuyaient discrètement à vélo du côté de la plage. Bien souvent, ils aimaient s'allonger sur les dunes de sable qui dominaient le front de mer. Là, ils passaient des heures entières à débattre sur la vie, se raconter leur enfance ou encore à planifier les voyages futurs qu'ils entreprendraient. Ce n'est que tard dans la nuit, quand la fatigue et le froid ne reprenaient le dessus, qu'ils se décidaient finalement à rentrer. Léo raccompagnait Elisabeth jusqu'à chez elle et restait parfois dormir, ne repartant qu'au petit matin, avant que Madame Dumont ne se rende compte de sa présence.

    Et même si Elisabeth aurait aimé voir Léo autant qu'elle le souhaitait, le côté interdit de leur relation rendait chacune de leurs entrevues encore plus excitante.

    Un matin, par exemple, ils étaient encore au lit lorsque Madame Dumont entra dans la chambre. Ils n'avaient pas entendu le réveil sonner et c'est tout juste si Léo eut le temps de se cacher sous les couvertures.

    — Tu pourrais frapper quand même, bougonna Elisabeth. Je te signale que je dormais encore...

    — Tu as vu l'heure ? Ton cours commence dans moins de trente minutes ! s'alarma sa mère en même temps qu'elle ouvrait en grand les volets. Lève-toi vite !

    Quand sa mère eut refermé la porte de la chambre, Elisabeth rejoignit Léo sous la couette et ils éclatèrent de rire, complices.

    Ils échangèrent encore quelques baisers avant que Léo ne rabatte la couverture et s'assied au pied du lit pour s'habiller.

    — Allez, reste encore un peu..., insista Elisabeth en affichant une moue faussement boudeuse.

    — Tu sais bien que je ne peux pas, c'est trop risqué... Même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque, ajouta Léo en retenant un gémissement de plaisir quand Elisabeth passa la main sur son caleçon.

    Puis, d'un geste habile, il l'attrapa par la taille et la fit rouler sur le dos avant de se pencher de tout son poids sur son corps et de l'embrasser fougueusement.

    Elisabeth s'apprêtait à lui rendre ses baisers lorsqu'ils entendirent des bruits de pas revenir en direction de la chambre. Aussitôt, leurs corps se séparèrent et ils échangèrent un regard, paniqués.

    — Oh, non ! Si ma mère te voit, je suis fichue !

    Instinctivement, Léo porta son regard vers la seule chose qui lui venait à l'esprit : l'armoire à vêtements. Et, vif comme l'éclair, il sauta dedans.

    Une demi-seconde plus tard, Madame Dumont se trouvait dans la pièce.

    — Tu n'es toujours pas habillée ! Ce n'est pourtant pas comme si tu n'avais rien à te mettre, protesta-t-elle en se dirigeant d'un pas décidé vers l'armoire.

    Affolée, Elisabeth se précipita devant et tenta de l'en dissuader.

    — Non, non ! Stop ! Ne l'ouvre pas !

A contre-courantOù les histoires vivent. Découvrez maintenant