Avec un peu de retard, voici le chapitre 7 !
Merci d'avance pour vos votes et commentaires qui font toujours très plaisir et permettent de savoir ce qui est apprécié ou non chez les lecteurs ;)
Dimanche 18 août 2019, en début de soirée
Aussi curieux que cela puisse paraître, deux jours après leur rencontre à la Nuit de la Magie, Elisabeth restait sans nouvelle de Léo. Non pas qu'elle attendait réellement des nouvelles de sa part – après tout, c'était elle qui s'était lâchement enfuie après lui avoir soutenu à maintes reprises qu'elle ne voulait plus le revoir. Mais suite à ce qu'il s'était passé entre eux, elle s'attendait à le voir apparaître à chaque fois que sa mère avait le dos tourné pour lui demander des explications. Mais non, pas un appel. Ni même un message... Bien sûr, elle aurait dû s'en réjouir ; pourtant, une partie d'elle restait profondément déçue par ce long silence. Et même si elle faisait de son mieux pour éviter d'y repenser, le souvenir du dernier baiser qu'ils avaient échangé à peine quarante-huit heures plus tôt revenait constamment la hanter.
Si bien que ce soir-là, alors qu'elle feuilletait le petit recueil de citations qu'elle avait acheté à la gare au début de l'été, une citation l'interpela, lui rappelant étonnamment Léo.
« Il y a des gens qu'on appelle les gens « rayons de soleil ». Une personne « rayon de soleil », c'est en fait quelqu'un qui te tombe dessus quand tu t'y attends pas... Tu n'as pas besoin d'avoir plein de choses en commun avec lui. Cette personne n'est pas spécialement intelligente, belle, riche, n'a pas spécialement une vie incroyable, des projets impressionnants, c'est juste quelqu'un qui te ramasse quand tu es par terre, qui t'apporte de la lumière quand tu pensais que tu allais rester dans le noir pour toujours ».
Elisabeth s'arrêta de lire un instant, pensive. S'il y avait bien une personne qui l'avait aidée à reprendre le surf et à retrouver sa joie de vivre, c'était Léo. Il était rentré dans sa vie sans préavis, comme un rayon de soleil éclairerait subitement le ciel après un triste jour de pluie.
« C'est quelqu'un de spécial, quelqu'un qui ne ressemble en rien à tous les gens que tu croises tous les jours, qui ne ressemble en rien à tous les gens que tu connais ou que tu as connu.
C'est quelqu'un de complètement décalé, qui n'a pas du tout sa place dans ta vie mais qui y entre en « défonçant » la porte et qui te fait voir les choses sous un autre angle.
C'est quelqu'un qui a un rire qui s'élève et qui te fait t'élever en même temps.
C'est quelqu'un qui donne un autre goût à tous les petits trucs insignifiants de la vie.
C'est quelqu'un qui illumine sans le faire exprès. Qui illumine la vie des autres sans forcément réussir à toujours illuminer la sienne.
C'est quelqu'un qui te fait sentir que t'es vraiment en vie, même après avoir été engourdi pendant des années.
Quelqu'un avec qui tu savoures chaque bouffée d'air, chaque repas, chaque sensation de froid, de chaud, de plaisir, de picotement.
Quelqu'un qui t'aide à voler en gardant les pieds sur terre.
James Bodhisattva ».
C'était exactement ça. Grâce à lui, Elisabeth s'était sentie renaître, reprenant peu à peu confiance en elle. Et lorsqu'elle se trouvait à ses côtés, chaque instant, aussi simple et banal fut-il, avait quelque chose de spécial. Que ce soit une session de surf, la vue d'un coucher de soleil ou même une simple conversation.
Elle repensa à la toute première fois où ils s'étaient parlés, aux dunes. Et à la fois où il l'avait amenée plonger de nuit. Ou encore à leur escapade surprise à Bayonne ; ils avaient tellement ri ce jour-là !
Tripotant tristement le petit bracelet rouge qu'il lui avait offert, Elisabeth sourit en repensant à ce souvenir. Tant de fois il s'était montré présent pour elle. Que ce soit pour prendre soin d'elle, l'aider à surmonter ses peurs ou même juste pour croire en elle et lui redonner le sourire.
C'est à ce moment qu'Elisabeth se rendit compte qu'elle tenait à lui bien plus qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Et aussi passionnée fut-elle par le surf, elle ne pouvait se résoudre à évincer Léo de sa vie. En tout cas, elle était prête à courir le risque de se faire surprendre !
Sitôt cette constatation faite, elle prit son imperméable et sortit sous la pluie battante.
***
Lorsque Léo ouvrit la porte de son appartement, c'est avec étonnement qu'il découvrit Elisabeth sur le palier, à bout de souffle et les vêtements trempés par l'averse.
Suite à ses vaines tentatives pour comprendre pourquoi elle se refusait à le voir en dépit de ses sentiments apparents pour lui, il avait décidé de se renseigner auprès de Julia. Elle devait forcément savoir quelque chose... Les filles se racontaient généralement toute leur vie dans les moindres détails.
Sauf que lorsqu'il l'avait questionnée, fidèle à son amie, Julia avait nié en bloc. Il lui avait fallu près de deux heures pour parvenir à lui faire cracher le morceau. C'est là qu'il avait finalement appris la véritable raison pour laquelle Elisabeth l'évitait. Après quoi, il s'était promis de respecter son choix, même si cela devait lui briser son propre cœur. Et c'était justement parce qu'il tenait à elle qu'il refusait de lui demander de choisir entre elle et le surf. De toute manière, son choix à elle était visiblement déjà fait.
Mais dans ce cas, pourquoi se trouvait-elle devant sa porte d'entrée ?
— Finalement, j'ai changé d'avis.
En entendant ces quelques petits mots, Léo crut s'évanouir de joie. Il le savait : si Elisabeth prenait le risque de venir le voir, cela signifiait qu'elle tenait à lui au moins autant qu'au surf. Donc beaucoup.
— Elisabeth, tu es sûre ?
Pour toute réponse, cette dernière l'attrapa par la nuque et l'embrassa fougueusement avant de refermer la porte derrière eux.
VOUS LISEZ
A contre-courant
Novela JuvenilLacanau, été 2016. Jeune athlète à l'avenir prometteur, Elisabeth Armilhac partage son temps libre entre les entraînements de surf, les sorties avec sa bande d'amis, son petit ami et sa sœur jumelle, Clara. Une existence heureuse et pleine de promes...
