Chapitre 9

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Vendredi 23 août 2019

    Deux jours plus tard, alors qu'Elisabeth arrivait à la plage pour s'entraîner ce matin-là, elle fut étonnée de croiser Léo qui sortait de l'eau et venait à sa rencontre. Quelle belle surprise ! La veille, il avait fini tard le travail et était directement rentré chez lui.

    — Salut, toi ! On dirait bien que tu n'es pas la première à te mettre à l'eau aujourd'hui..., la taquina-t-il dans un sourire amoureux.

    Il s'apprêtait à la prendre dans ses bras lorsque Elisabeth recula d'un pas, horrifiée, en voyant qui lui succédaient.

    Son ancienne bande d'amis. David, Théo, Mathieu, Mélanie, Chloé et Fanny. Ni plus, ni moins. Exceptées sa sœur et elle, ils étaient au grand complet.

    Quand elle vit deux de ses anciennes amies se mettre à chuchoter, se demandant probablement laquelle des deux jumelles se tenait devant elles, Elisabeth comprit qu'il était déjà trop tard pour faire marche arrière. Incapable du moindre mouvement, elle les regarda s'avancer jusqu'à elle, impuissante.

    — Ce sont des potes du club de surf. Voici Théo, Mélanie, David, Mathieu, Fanny et Chloé, les nomma Léo en même temps qu'il les lui désignait du regard. Et je vous présente...

    — ...Clara, le coupa instantanément Elisabeth, sans réfléchir. Mais en réalité, on se connaît déjà, ajouta-t-elle en se forçant à prendre un air qui se voulait détaché.

    Aussitôt, Chloé et Fanny lui sautèrent au cou en même temps qu'elles s'exclamaient, en cœur :

    — Clara ! Comment ça va ? Cela fait tellement longtemps !

    — Pendant une seconde, je t'ai prise pour ta sœur..., grommela David en secouant la tête.

    Il avait dit cela d'un ton tellement sombre qu'il n'était pas difficile de deviner qu'il lui en voulait encore terriblement pour ce qu'elle lui avait fait subir trois ans plus tôt.

    Ils échangèrent quelques banalités avant qu'Elisabeth ne se mette à balbutier :

    — C'était un plaisir de vous avoir revus mais je dois y aller, désolée... Peut-être à une prochaine fois.

    Et elle s'enfuit presque en courant en direction du chemin forestier. Mais elle n'était pas arrivée au parking que des bruits de pas lui parvinrent de derrière son dos.

    — Elisabeth, attends ! Euh... je veux dire Clara !

    C'est là qu'elle réalisa ce qu'elle venait de faire. Elle était tellement obnubilée par son ancienne bande d'amis que, sur le moment, elle en avait complètement oublié la présence de Léo.

    Elle réfléchit un instant : elle pouvait toujours lui faire croire qu'il s'était trompé et l'avait prise pour sa sœur Elisabeth (en réalité, elle-même). Après tout, elle n'avait pas eu le temps de laver son lycra habituel et, par chance, elle portait ce jour-là celui qu'elle mettait lorsqu'elle se faisait passer pour Clara.

    Mais à son expression, Elisabeth comprit vite qu'il savait laquelle des deux elle était vraiment – voire même qu'il avait toujours su.

    Elle émit un petit rire nerveux avant d'afficher un sourire forcé.

    — Tu ne vas sûrement pas me croire si je te dis que mon train a été annulé il y a quelques jours de ça et que je suis finalement restée à Lacanau ?

     Sitôt avait-elle compris que Léo s'intéressait à elle – la vraie – Elisabeth lui avait envoyé un message lui disant qu'elle (Clara) rentrait à Paris. Depuis, plus de raison de mentir ou de risquer qu'il ne découvre la vérité. Du moins, c'était ce qu'elle pensait...

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