Chapitre 12

27 2 33
                                        

Mercredi 28 août 2019, à l'aube

— Allez, hop ! Debout !

Lorsqu'il entra dans la chambre, Léo alluma la lumière avant de tirer les rideaux et d'ouvrir en grand les volets.

— Humm, qu'est-ce que tu fais là ? grogna Elisabeth encore toute ensommeillée. J'allais arriver au meilleur moment de mon rêve...

— Celui où je m'apprêtais à t'embrasser ? Ah non, attends, laisse-moi deviner : celui où tu me claquais la porte au nez après m'avoir balancé mes quatre vérités à la figure, peut-être ? ne put s'empêcher d'ironiser le moniteur.

— Haha, très drôle... Celui où je m'apprêtais à ressortir d'un tube.

— Et bien, j'ai une bonne nouvelle pour toi : tu as deux options. Soit tu te rendors pour poursuivre ton rêve, soit tu te lèves pour tenter de le réaliser pour de vrai, fit-il en même temps qu'il tirait la couette d'Elisabeth à ses pieds.

Cette dernière jeta un coup d'œil par l'encadrement de la fenêtre. Dehors, le jour ne semblait même pas encore levé.

— Sérieusement, Léo. Qu'est-ce que tu fais ici ?

Après leur discussion de la veille, Elisabeth s'attendait à tout, sauf à le trouver là, planté au beau milieu de sa chambre. Il s'était montré on ne peut plus clair avec elle.

Embarrassé, ce dernier baissa les yeux avant de lui offrir un petit sourire penaud.

— On a un entraînement à poursuivre, non ?

— Au beau milieu de la nuit ?

Léo haussa les épaules avec nonchalance.

— C'est pas comme si on avait franchement le choix sur le créneau horaires. Tu refuses de croiser qui que ce soit...

— Oui mais là, il est vraiment trop tôt, protesta Elisabeth en baillant. On verra quand il fera jour...

— Comme tu veux, j'ai tout mon temps : mon cours de ce matin est annulé, lui apprit Léo en même temps qu'il s'emparait d'une chaise et s'installait nonchalamment dessus, les bras croisés derrière son cou.

Dans un soupir, Elisabeth rabattit la couette sur elle avant de s'y pelotonner, en boule. Il finirait bien par partir lorsqu'il verrait qu'elle n'avait pas l'intention de bouger... Mais c'est à peine si elle eut le temps de refermer les yeux qu'il était déjà en train de se balancer sur son siège, en équilibre sur les deux pieds arrière.

Bien décidée à ignorer le battement régulier de sa chaise contre le parquet, Elisabeth cacha sa tête sous les oreillers avant de l'entendre se mettre à siffloter Wind of Change de Scorpions.

Agacée, elle s'assit sur son lit.

— Très bien, très bien..., concéda-t-elle à contre-coeur.

Elle savait pertinemment qu'il ne partirait pas tant qu'il n'aurait pas obtenu gain de cause, têtu comme il était ! Et bien que son air guilleret et sa bonne humeur débordant d'enthousiasme avaient le don de l'exaspérer de bon matin, elle préférait s'avouer vaincue plutôt que de rentrer dans son jeu et risquer de déclencher un énième conflit.

Visiblement satisfait par sa réponse, Léo lui décrocha un large sourire.

— Ne crois pas que cela signifie que je t'ai pardonné, le prévint Elisabeth en s'appliquant pour afficher une moue boudeuse.

— Mais moi non plus, si ça peut te rassurer, lui assura-t-il dans un regard entendu. Si je suis là, c'est uniquement parce que je crois en tes capacités, rien de plus !

A contre-courantOù les histoires vivent. Découvrez maintenant