Chapitre 45

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Elyas 


Elyndor n'est qu'accessible par un passage secret.  Alors comment ?

— L'Asna a réussi à mettre la main sur une enfant, obligeant sa mère à lui montrer le chemin, nous répond la villageoise face à nos questions pressantes.

Je relève brusquement le menton. 

— Yared est ici ?

Je ne peux que saluer sa ruse et sa perfidie. Personne n'aurait soupçonné que le roi de Septorä quitterait son royaume en douce, afin d'aller éliminer la menace à la source. 

L'armée de salamandis se divise en deux. Jaïr choisit sa femme, sa fille et Félôn pour l'accompagner. Bien entendu, Zilpa et moi nous y allons également. Tous les autres guerriers restent sur place pour aider les villageois.

Le temps est compté.

À mi-chemin, une silhouette élancée émerge d'une ombre.

Je reconnais Hamul une seconde trop tard, un Scorak s'est déjà élancé sur Zilpa. À la vitesse où nous sommes lancés, je ne peux rien faire, seulement regarder avec impuissance Almas se faire transpercer. Dans sa chute brutale, le cheval projette Zilpa sur le côté et son corps tombe dans le vide, avec elle.

— Non !hurle Guéra.

Tout s'est passé trop vite. Les salamandis ralentissent comme un seul homme, mais je leur crie de continuer.

— Allez-y ! Je m'en occupe !

À contrecœur, Jaïr se détourne et emmène la troupe avec lui. Je prie pour qu'ils y arrivent avant que Yared atteigne Elyndor.

Mon basilic fouette le sable de sa queue pour accélérer et je descends avant qu'il ne bondisse sur un Scorak. Hamul n'attend pas que j'atterrisse pour lancer un second homme-scorpion sur moi. Je fais un roulé-boulé dans le sable pour lui échapper.

— Toujours sur mon chemin, gamin, gronde l'Archippe en me jaugeant.

— À nous deux, Hamul !je crie fou de rage.

Accroupi, je plonge mes dix doigts dans le sable tandis que le Scorak fonce sur moi. Avant l'impact, j'extirpe deux épées de sable aussi dures que la pierre pour les brandir en avant. Elles plongent en croisée dans le thorax de l'homme-scorpion. La satisfaction de ressentir sa vie lui échapper est de courte durée.

Hamul change à son tour. Son visage se voile sous un masque de chacal aux arabesques sinistres et ses yeux s'ouvrent, deux pupilles jaunes sans émotion. Tout son corps gagne en masse, sa peau devient si pâle qu'elle en paraît malade. Mon instinct me dit de rester alerte. Il sent qu'il est face à un opposant maléfique et dangereux. 

La transformation doit lui coûter en espérance de vie. 

C'est qu'il a décidé d'en sérieusement finir, ici et maintenant.

Je referme mes poignes sur les manches de mes épées. 

— Parle pour voir si ta voix fluette a changé aussi.

Sa gueule s'ouvre sur un rictus menaçant, sauvage. D'un coup de patte, il m'envoie propulser sur le sable. J'ai sous-estimé sa rapidité. Je repousse le sol de mes mains, crachant le sable et un peu de sang.

Parant son attaque, je lui envoie le basilic lui croquer la nuque. Il l'attrape à main nue, le tenant par la base du cou. Le salamandi émet un feulement de colère. Sans pitié, Hamul le décime en grains de sable.

Je déglutis. Je ne dois surtout pas me retrouver entre ses griffes.

L'Archippe marche avec une lenteur calculée sur le côté, tandis que je fais de même, de l'autre côté, évaluant la distance entre nous.

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